Chapitre LXXIX.  posté le mardi 20 mai 2008 15:46

Pas de jolie image qui me demande un travail fou (comme vous pouvez l'imaginer) pour cet article. "Pourquoi" me direz-vous ? Pourquoi ce laxisme ? Et pourquoi pas des articles bourrés de fautes d'orthographe ? Une telle négligence est inexcusable ! J'en vois déjà certaines  entamer une grève de la faim pour protester contre la criante absence de "jolie image qui me demande un travail fou (comme vous pouvez l'imaginer) pour cet article" ! Et oui ! Et que celui qui n'a jamais pêché me jette la première pierre ! Oui, l'être humain est inégal, oui, l'erreur est humaine ! Ne me jugez pas ! Cessez ces regards accusateurs ! Baissez vos frondes ! Je ne suis qu'une pauvre femme abandonnée par un ordinateur peu résistant dans un état d'asservissement aïgu au bon vouloir de son jeune adolescent, rebelle et boutonneux de petit frère qui a profité de son absence pour faire main-mise sur l'ordinateur de salon. Je vois déjà une vague de compréhension provenir de mes grandes soeurs de lectrices. Je suis pardonnée ?

 

Et si Andreï avait raison ? Je dus reconnaître qu'en y réfléchissant plus avant, je ne trouvais plus de raison qui pourrait justifier une telle rancune vis-à-vis d'Eva. Elle avait évidemment trahi ma confiance, mais n'aurais-je pas fait de même si je m'étais trouvé dans la même situation ? Mon amant était à même de la comprendre, tout égoïste et indifférent qu'il était, je devais donc en être également capable. Pourquoi éprouvais-je le besoin de toujours faire une montagne de tout et de m'abimer dans des réflexions interminables dès que la routine de ma vie se voyait chamboulée ?
Qu'avais-je à reprocher à ma soeur ? Elle n'était pas responsable de la frayeur que m'avait causée la réapparition de notre père, si elle ne lui avait pas donné mon adresse, il l'aurait trouvée de lui-même et le résultat n'aurait pas été sensiblement différent. Avais-je le droit de la tenir pour responsable du sentiment d'impuissance qui m'avait saisi alors que je me revoyais quinze ans en arrière, incapable de m'opposer à un homme sur lequel ma supériorité physique était plus qu'évidente ? Non, l'écrivain avait parfaitement raison, je m'étais conduit comme le dernier des imbéciles et j'étais prêt à aller m'excuser de ce pas. Je lui devais également des remerciements pour son comportement de la veille. Il m'avait terriblement surpris lorsque, tenant mon père en respect, il avait froidement énoncé ses menaces, cette lueur de détermination violente brillant dans son regard dur. Je ne pus que me demander, légitimement, si cette longue tirade qu'il avait déclamé avec impassibilité n'avait pas été préparée depuis des années, si le véritable destinataire de toute cette haine n'était pas en réalité le père d'Andreï. Je ne savais rien du décès de ses parents, il m'avait dit n'en rien savoir non plus, mais je ne pouvais me départir de l'idée qu'il était bien plus informé que ce qu'il prétendait. Pouvait-on apprendre la mort de ses parents sans chercher à en connaître la raison ? Aussi complexe que soit mon amant, je ne l'imaginais pas détaché à ce point.
Je me glissai avec précaution dans notre chambre. Un rai de lumière venait éclairer le visage de l'homme assoupi dont la gracieuse silhouette se détachait sous la fluidité des draps de soie. Soudain, les yeux gris s'ouvrirent, m'occasionnant un sursaut.
-    Je croyais t'avoir dit que...
-    Je viens m'excuser.
Andreï tourna la tête et posa son regard sur moi avant d'esquisser un sourire, ce que je pris pour une invitation à me rapprocher. Je m'assis à l'extrémité du lit et fixai distraitement les étagères qui croulaient sous les livres. Avec gêne, je passai la main dans mes cheveux.
-    Voilà. Je m'excuse, je me suis rendu compte que j'avais été vraiment trop con.
-    C'est peu dire.
-    S'il te plaît... Je m'excuse, tu pourrais quand même respecter ça ? Bon. Je voulais juste te dire que tu avais raison, et je peux t'assurer que ça ne me plaît pas du tout de devoir le reconnaître.
L'écrivain n'entrait pas dans mon champ de vision, mais je le connaissais assez pour imaginer le sourire sarcastique qui ne manquait certainement pas d'avoir illuminé son visage.
-    Mais, moi, je sais reconnaître mes torts, non, je n'essaie pas de remettre de l'huile sur le feu, laisse moi finir. Là, je dois avouer que je me suis planté. Je crois que j'ai voulu imputer à ma soeur le retour de mon père, et ce n'est pas vraiment honnête. Alors je vais m'excuser auprès d'elle.
Andreï sourit et rejeta les draps dans une invitation explicite à reprendre place dans le lit. Avec précaution, je déposai ma tête sur son torse avant de constater avec satisfaction qu'il enlaçait ma taille de son bras gauche.
-    Je crois que je me pose trop de questions. C'est vrai, je commence sérieusement à en avoir marre.
-    Ce n'est pas faute de te l'avoir répété.
-    Je sais bien... Mais je n'arrive pas à faire autrement. Ce n'est pas que j'aime ça, au contraire... Mais je passe mon temps à réfléchir, sur moi, sur nous deux, sur les autres, sur le pourquoi des choses. Et en général, je finis par trouver une conclusion, une ligne de conduite, et je fais tout de travers. Je ne respecte même pas ce que je me fixe. Si j'avais du suivre tout ce que j'avais déterminé à l'avance, je ne serais pas là, je pense que j'aurais même la bague au doigt, et peut-être déjà un gamin.
Andreï laissa échapper une moue dégoutée.
-    En fait, je me prends la tête alors que le seul résultat c'est... Non, il n'y a même pas de résultat.
Mon amant étouffa un baillement avant de prononcer :
-    Et ça t'est venu comme ça ?
-    Euh... Oui.
-    Et tu t'es dit qu'il fallait absolument que tu m'en parles ?
-    Quelque chose comme ça...
-    Je ne peux pas t'aider.
-    Je sais.
-    Tu es le seul à pouvoir y changer quelque chose.
-    Mais je crois que j'en suis incapable, murmurai-je. Je me sens obligé de me remettre en question tout le temps.
-    Et pourquoi, à ton avis ?
-    A cause de toi ?
-    Hum...
-    Non, je pense que c'est parce que je n'ai pas confiance en moi.
-    Si tu arrives à t'en apercevoir, tu es sur la bonne voie.
-    Comment est-ce que tu fais, toi ?
-    Pour quoi faire ?
-    On dirait que tu ne réfléchis jamais à ce que tu fais.
-    Ce n'est pas parce que je ne pèse pas le pour et le contre à chaque fois que je dois choisir entre un thé et un café que je ne réfléchis pas à ce que je fais, dit-il dans un sourire.
-    Je suis sérieux.
-    Mais moi aussi.
-    Des fois, je me fais penser à Daphné.
-    Daphné ?
-    Mon ex-compagne, je te l'ai déjà dit mille fois.
-    Possible.
-    Je m'attarde sur des détails... Quand je l'entendais parler au téléphone avec des amies, je trouvais ça pathétique, mais je ne suis pas mieux. Elles pouvaient passer des heures à se demander si tel ou tel mot avait une signification particulière qui pourrait cacher un jeu de séduction. Et moi, même si ce n'est pas sur les mêmes sujets, enfin, si, peut-être, je fais la même chose. Je me prends la tête pour rien.
-    Ca peut être assez divertissant.
-    Pour toi, oui, pas pour moi.
-    Que veux-tu que je te dise ? Tu connais déjà le fond de ma pensée à ce sujet.
-    Oui, mais ce n'est pas facile de changer du tout au tout.
-    C'est impossible.
-    Tu ne penses pas que les gens sont capables de changer ?
-    Non.
-    Pourquoi ?
-    Tu as beau essayer de nier ce que tu es vraiment, cela finit toujours par réapparaitre. Tu peux faire tous les efforts du monde, tu ne peux pas masquer ce que tu es réellement, c'est comme ça.
-    C'est dans ma nature ?
-    Non, je ne crois pas en une nature humaine qui nous dicterait des comportements déterminés à l'avance. Je pense que tu t'es forgé une personnalité depuis vingt-sept ans, aiguillé par les tuteurs qu'on été tes parents, tes proches, tes amis, et qu'il est utopiste de penser qu'avec un minimum de volonté, tu seras capable d'effacer vingt-sept années d'apprentissage. Enfin, en résumé, c'est ça.
-    C'est tellement pessimiste...
-    Non, je trouve que c'est assez beau, en fin de compte. De se dire qu'il existe une repère sur lequel chaque être humain pourra toujours compter, à savoir lui-même.
-    Ouais, je ne sais pas.
-    Si tu n'étais pas si prompt à douter de toi-même, tu ne serais pas là. Tu ne te serais pas demandé une seule seconde si tu pouvais avoir une attirance pour les hommes, tu te serais dit que c'était une erreur, que tu ne pouvais pas être comme ça, et tu te serais persuadé de continuer à vivre avec Daphné, quelle que soit ton attirance à mon égard. C'est cette perpétuelle remise en question qui fait de toi ce que tu es et qui t'a amené jusque dans ce lit, ce soir.
-    Mais je t'assure qu'au départ, je n'en avais pas envie, j'ai tout fait pour m'éloigner de toi.
-    Si tu avais été sûr de toi, tu en serais resté là. Mais ce n'est pas le cas. Et je pense que c'est tant mieux.
-    Pourquoi ? demandai-je, espérant naïvement qu'il allait me dire qu'il aurait regretté ma présence à ses côtés.
-    Tu crois vraiment que tu aurais supporté de masquer celui que tu étais vraiment ?
-    Mais il n'y a que par toi que je suis attiré, chuchotai-je, sentant le rouge me monter aux joues.
-    Pour l'instant.
-    Non, je ne serai jamais attiré par quelqu'un d'autre que...
-    J'en suis évidemment flatté, mais j'en doute.
-    En tout cas, à l'heure actuelle, je ne ressens rien de semblable pour qui que ce soit... Enfin, je parle d'attirance, évidemment.
-    Evidemment, sourit Andreï.

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre LXXIX.

  • Dadoune

    jeu 22 mai 2008 15:26

    Ils sont mignons avec leur confidence sur l'orreillet ^^

  • Coralie

    mer 21 mai 2008 22:21

    Evidemment ...

    trop bien vivement la suite !

  • Maly

    mer 21 mai 2008 15:04

    eh bien que dire ^^ toujours aussi bien, merci pour ce chapitre !!!!

  • Bloodyrock

    mar 20 mai 2008 22:20

    XD ils sont tellement mignons!!!

  • alizée

    mar 20 mai 2008 19:44

    J'adore Andrei j'ai l'impression qu'il se radoucit de plus en plus avec Gabriel mais en même temps il reste distant et mystérieux !

    Je l'aime <3

  • Styara

    mar 20 mai 2008 19:42

    trop chou! <3
    Gabriel a oublié de remercier son sauveur! ^^
    très beau chapitre, Gabi a avoué que l'écrivain est le seul pour qui il éprouve des sentiments, le seul homme par qui il est attiré.... et mine d erien j'suis sûr que ça doit faire très plaisir à Andreï !

    continue!

  • super-ketchup

    mar 20 mai 2008 19:24

    Evidemment...
    Les remises en questions de Gabriel sont perpetuelles dues à son manque de confiance... et QUE pour l'attirance, cela reste à voir...

  • elle sid

    mar 20 mai 2008 19:23

    héhé grilé ! XD
    on le sais que t'es amoureux Gaby =p
    et Andreï aussi le sais n_n
    bon, gros progré, ça avance drôlement tout d'un coup,
    et c'est super ! =D
    petit mot de la fin, un peu comme d'hab :
    bravo n_n
    (même avec les fautes d'ortho =p)
    et t'inquiète pas qu'on comprend pour le petit frère...
    perso c'est ma mère m'enfin hein...
    lol
    bisous !

  • cécé

    mar 20 mai 2008 18:55

    héhé il c'est grillé tout seul le petit gabriel!!! et bien qu'il tente de se rattraper on voit bien qu'Andreï n'est pas dupe....

  • Mahea

    mar 20 mai 2008 18:35

    Mdr, comme il se rattrape Andrei mais là il me tape sur le système XD il peut pas faire un peu avancer els choses no? XD
    Non, ce ne serait plus Andrei XD




 

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