Chapitre LXXX.  posté le mardi 27 mai 2008 10:04

Le lendemain, après une journée de travail éreintante, je trouvai tout de même le courage d'aller sonner à la porte de ma soeur. Lorsqu'elle m'ouvrit, son visage s'éclaira tandis que je restai, indécis, sur le seuil.
-    Tu veux entrer ?
-    Et bien...
Elle s'effaça pour me laisser passer. Une fois que je fus assis dans le canapé, elle s'exclama :
-    Oh Gabi, je suis tellement navrée...
-    Non, c'est moi, je suis venu pour m'excuser.
-    C'est moi qui...
-    J'ai eu tort de réagir aussi violemment, je ne sais pas si j'aurais fait différemment à ta place. C'était le contrecoup du fait de revoir Papa, je sais que ce n'est pas une excuse, mais je crois que j'ai trouvé ça plus facile de te rendre responsable de ma faiblesse...
-    De ta faiblesse ?
-    J'ai été incapable de réagir quand il est venu. Je suis resté prostré. Alors j'ai préféré me dire que c'était de ta faute et que cela ne serait jamais arrivé si tu ne lui avais pas donné l'adresse, ou même si tu m'avais prévenu. Je ne dis pas ça pour te faire culpabiliser, même si, reconnais-le, tu as une part de responsabilité. C'est juste que je ne voulais pas m'emporter comme je l'ai fait. Je m'en excuse.
-    Je voudrais aussi que tu m'excuses... J'ai eu tellement peur quand il est venu, et puis j'avais honte d'avoir trahi ta confiance... J'ai bêtement pensé qu'en ne te disant rien, ce serait comme si rien ne s'était jamais passé. Je sais que c'était débile, mais sur le moment ça m'a paru... Ca m'a paru être la meilleure solution.
Alors que mes yeux parcouraient l'appartement encombré, mon regard fut attiré par un guéridon jeté dans un coin, les pieds brisés.
-    C'est lui qui a fait ça ? demandai-je, désignant l'objet du menton.
-    Euh... Ouais.
-    Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
-    Il a sonné à la porte, et comme je n'ai pas d'oeilleton, j'ai ouvert. Ensuite, j'ai essayé de refermer la porte, mais il l'a poussée et il est entré? Il m'a menacée, je ne me souviens plus de tout, tout s'est passé si vite. C'était toi qu'il cherchait, il m'a dit que tu n'habitais plus à l'adresse qui était indiquée dans l'annuaire, il m'a demandé ta nouvelle adresse. Je lui ai dit que je ne la lui donnerai pas mais... Mais j'ai eu peur... Il a dit que...
-    Je comprends. Ce n'est pas la peine de me raconter cette partie.
J'étais extrèmement bien placé pour savoir à quel point notre père pouvait faire preuve de persuasion.
-    Ensuite, j'ai réussi à me déplacer jusque devant le buffet et j'ai attrapé ta bombe lacrymo, tu sais, celle que tu m'avais offerte après que Seb ait essayé de m'agresser.
-    Oui, je sais.
-    Je l'ai aspergé et j'en ai profité pour sortir de l'appartement, le temps qu'il se rende compte de ce qui était en train de lui arriver. Ensuite, j'ai hurlé dans la cage d'escalier et mon voisin et son mec ont ouvert la porte. Tu sais, les deux armoires à glace. Quand il a vu ça, il s'est enfui sans demander son reste. Et c'est tout. Et toi ? Qu'est-ce qu'il a fait ?
Je lui racontai en détail ma rencontre avec mon père et elle m'écouta avec attention, une main posée sur la bouche.
-    Et tu crois que c'est... Fini ?
-    Comment ça ?
-    Tu penses qu'il ne reviendra plus ?
-    Je ne peux pas en être sûr, mais je pense qu'il a été suffisamment effrayé pour nous foutre la paix pour un bon bout de temps.
-    Tu remercieras Andreï de ma part.
-    D'accord. Je vais devoir te laisser, je ne passais qu'en coup de vent, il faut que je rentre jusque dans le seizième et que je fasse les courses et il est déjà dix-neuf heures trente.
-    Je préférais quand tu habitais rue Pavée, c'était plus près.
-    Et moi tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux d'habiter dans le seizième.
-    J'imagine que ce n'est pas qu'une question de quartier, dit-elle avec un clin d'oeil.
-    Non, ce n'est pas qu'une question de quartier, soupirai-je en souriant.
Alors qu'elle m'avait raccompagné jusqu'à la porte, un élément me revint en mémoire.
-    Hier après-midi, quand j'ai pris l'ascenseur, Andreï t'a dit quelque chose, c'était quoi ?
-    Il m'a dit que tu viendrais t'excuser ce soir, sourit-elle.
A peine rentré dans notre appartement, j'explosai :
-    Tu fais des promesses à ma soeur que tu n'es même pas sûr de pouvoir tenir ?
Mon amant leva un sourcil et referma son livre dans un claquement sec.
-    Pourquoi est-ce que tu éprouves ce besoin irrépressible de m'agresser dès que tu rentres à la maison, sans même m'expliquer de quoi tu parles ?
-    Tu lui as dit que je viendrais m'excuser !
-    Et tu ne l'as pas fait ?
-    Si ! Mais ce n'est pas une raison. Pourquoi est-ce que tu lui as dit ça ? Elle aurait pu attendre pour rien, et ç'aurait été pire !
-    Il va falloir que tu admettes que je commence à te connaître.
-    Ce n'est pas que tu me connais, c'est que tu lui as dit ça au hasard.
-    Non. Je t'ai laissé fulminer toute la journée, je t'ai obligé à aller dormir dans le canapé, ce qui t'a amené à te dire que tu avais fait une erreur et à te demander si tu ne devais pas t'excuser auprès de moi. Ensuite, je t'ai fait comprendre que c'était à ta soeur que tu devais présenter tes excuses et tu as fait ça ce soir. Comme je l'avais prévu, sourit-il.
-    C'est de la manipulation !
-    Oui. Tu as fait les courses ?
-    Tu joues avec moi ?
-    Ca m'arrive. Mais cette fois-ci, ça partait d'une bonne intention.
-    Tu veux me faire croire que tu es quelqu'un d'altruiste ?
-    Je n'irais pas jusque là. Tu vois, tu avais décidé de faire un travail sur toi-même pour cesser de t'emporter pour un rien, et regarde-toi.
Je me tus, il n'avait pas tort, mais je ne l'aurais avoué pour rien au monde. Je me contentai donc d'un regard franchement hostile qu'il ne se donna même pas la peine de remarquer.
-    Tu m'as acheté des cigarettes ?
-    Ouais, dis-je en lui lançant les deux paquets de Davidoff Gold. Dis, tu te souviens qu'on va au mariage de Samuel dans deux semaines ?
-    Oh... Ca.
-    Tu m'avais dit que tu viendrais !
-    Je viendrai.
-    Sans condition ?
-    Pour l'instant, je n'en vois pas. Tu ne crois pas qu'il serait temps que tu lâches ces sacs ?
-    Je vais ranger les courses dans le réfrigérateur.
Alors que je bataillais pour fermer le bac du congélateur bloqué par une bouteille de vodka, je sentis un souffle chaud contre ma nuque. Andreï enserra ma taille entre ses bras et déposa un baiser dans mon cou avant de mordiller mon oreille avec application.
-    Andreï, je...
Toute volonté de résistance s'évanouit lorsque sa main s'insinua dans mon pantalon. D'un geste rapide, il ferma le réfrigérateur et me plaqua contre le métal glacé. Je me retournai mais son étreinte ne faiblit pas et il m'écrasa littéralement contre lui. Avec une excitation non dissimulée, je gratifiai ses lèvres d'un coup de langue provocateur tout en ondulant contre lui, lui arrachant un sourire évocateur. Avec violence, il pressa ses lèvres contre les miennes tout en agrippant fermement ma chevelure. Tout en me maintenant tenacement plaqué contre le métal, il laissa sa langue parcourir mon cou, mon torse, mon bas-ventre et enfin, m'arracha un frisson de fièvre lorsqu'il déboucla ma ceinture avec lenteur. C'est sans douceur aucune qu'Andreï prit mon sexe en bouche sans que je puisse réprimer un soupir d'aise. Des va-et-vient appuyés sur toute la longueur de ma verge ne manquèrent pas d'occasionner l'effet recherché et j'enfonçai profondément mes ongles dans les épaules de mon amant, sentant arriver une jouissance que j'espérais mais que je souhaitais également retarder à tout prix. Comprenant que le summum de mon plaisir n'allait pas tarder à être atteint, l'écrivain remonta avec langueur le long de mon torse, traçant un sillon entre mes pectoraux pour finalement m'embrasser avec avidité. Je n'eus pas le temps de reprendre mes esprits que mon amant m'avait déjà plaqué face au métal froid. Il acheva de descendre mon pantalon et mon boxer et ondula contre moi, me laissant sentir son sexe durci. C'est tout d'abord avec douceur qu'il pénétra en moi et, la douleur première envolée sous le flot de volupté qu'il me procurait, ses mouvements se firent plus rapides et poussés. Ses lèvres enflammées lêchaient, mordaient ma nuque dans des baisers humides et violents. Disparue la froideur du métal, éteinte ma rancoeur envers lui, volatilisée ma résistance première, j'étais tout à mon amant, gémissant sous ses assauts répétés et sensuels. Lorsque l'orgasme me saisit, je m'immobilisai pour constater qu'il faisait de même. Il laissait sa tête reposer sur mon épaule quelques instants avant de se retirer.
Je me retournai pour déposer un baiser sur ses lèvres entr'ouvertes sur une respiration rauque et irrégulière. « Je t'aime » aurais-je voulu pouvoir murmurer. Mais ces deux mots m'étaient interdits.

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre LXXX.

  • laetiss

    mar 27 mai 2008 23:18

    super suite, très belle fin de chapitre! (je parle des dernière pensée de gabriel...je ne suis pas QUE une perverse! ^^)

    sa faisait pas mal de temps que j'était pas venue laissé un petit comm! alors voila^^!

    ton histoire est géniale!

    bizooooo!

  • super-ketchup

    mar 27 mai 2008 19:25

    Effectivement Andreï connait très bien Gabriel...
    Je pense qu'un jour Gabriel ne pourra plus tenir les mots qui sont sur le bout de sa langue... et ce jour là je ne sais pas ce qui va se passer... ^^

  • Mahea

    mar 27 mai 2008 18:17

    Ohhh c'est trop chou ♥♥♥

  • Merlin4ever

    mar 27 mai 2008 17:53

    yahouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !
    juste la dernière phrase que me donen envie de pleurer

  • Sakiko

    mar 27 mai 2008 15:44

    il est toujours aussi bien Andreï, il y a rien a dire.
    J'ai l'impression que plus Andreï évolue et deviens Humain plus Gaby deviens un gosse.

    PS: a quand la suite?
    PS2: tu aurais d'autre histoire?

  • Maly

    mar 27 mai 2008 13:28

    YYYYYYYYYYYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA trop bien ^^ surtout la fin ^^ MAis toujours aussi bien écrit et encore superbe chapitre ^^ MAis Euh Andrei....t'as des envies toi, comme ça d'un seul quoi MDR ^^ aller un gros merci et attend avec impatience la suite ^^

  • Yukikami

    mar 27 mai 2008 11:00

    Ca lui prend souvent comme si de rien n'était???
    C'est qu'il y va pas de main morte, le frigo doit pas être très confortable...
    Mais l'histoire est très attrayante d'autant plus que j'adorerais devenir journaliste à défaut de pouvoir écrir pour subvenir à mes besoins ^^
    En tout cas je suis fan de l'histoire depuis le début alors excuse moi de pas avoir laissé de coms avant...
    C'est une histoire que je trouve fascinante!! Je n'arrive toujours pas à cerner complètement Andreï et s'en est tout l'atrait de son personnage.
    Félicitations pour ces personnages peu commun pour certains et banales pour d'autres mais non moins plaisant ^^
    Voilà. Désolée pour tout mon blabla qui te semble inutil
    Amitiés




 

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