Chapitre LXXXII.  posté le dimanche 08 juin 2008 10:50

Andreï observait avec attention son image refletée dans le grand miroir de sa chambre. C'est avec un air franchement agacé qu'il triturait son noeud de cravate, visiblement mal à l'aise.
-    Est-ce que la cravate est vraiment obligatoire ?
-    C'est mieux pour un mariage.
-    Je trouve ça grotesque, siffla-t-il.
-    C'est une tradition.
-    Rien ne m'oblige à m'y plier.
-    S'il te plaît...
Il jeta encore un dernier regard au miroir avant de poser ses yeux sur moi avec hostilité.
-    Je n'aurais jamais du accepter ce...
-    Il y a ton nom sur le carton d'invitation, dis-je, la mine réjouie.
Je lui agitai sous le nez l'enveloppe sur laquelle était écrite avec soin "Gabriel et Andreï". J'avais ressenti un bonheur indicible en voyant ainsi immortalisés sur papier nos deux prénoms côte à côte. Il soupira et tira violemment sur son noeud de cravate avant de la jeter brutalement sur le lit et de déboutonner les deux premiers boutons de sa chemise.
-    C'est non.
-    Allez, s'il te plaît...
-    C'est toi le témoin, pas moi. Pourquoi devrais-je porter une cravate ?
Je manquais de lui répondre que j'aurais aimé que nous soyions assortis, mais cette remarque inspirée de Daphné ne lui aurait sûrement pas plu. Elle se donnait un mal fou pour trouver la robe qui irait parfaitement avec mon costume, tant dans la coupe que dans les couleurs. J'avais toujours trouvé cela ridicule, mais je comprenais à présent ce besoin d'être assorti à son compagnon. J'aurais aimé nous voir tous les deux dans nos costumes noirs assortis à nos cravates noires. Cependant, le concept même de cravate semblait être étranger à mon amant.
Je récupérai le morceau de satin qui gisait sur le lit pour le remettre au cou de l'écrivain.
-    Pour toi, ça n'a aucune importance, mais pour moi, ça en a. Tu peux faire un effort, non ?
-    C'est ridicule.
-    Ce qui est ridicule, c'est ton obstination.
Le regard désagréable que me lança mon amant me mit mal à l'aise, cependant, je ne baissai pas les yeux et il finit par soupirer et refermer sa chemise pour resserrer son noeud de cravate.
-    Sombre crétin.
-    Je m'en fous.
Je reculai de quelques pas pour admirer l'écrivain. Il était impeccable et extrèmement séduisant. Son costume parfaitement coupé magnifiait sa silhouette fine mais athlétique, la couleur noire du smocking formait un étonnant contraste avec ses yeux gris, rendus plus vifs. Il tenta vainement de donner forme à sa chevelure ébourriffée et je ne pus m'empêcher de lui dire que je préférais nettement le désordre de ses mêches à une coupe structurée. Il me lança un regard noir et abandonna. Finalement, je lui demandais avec gêne :
-    Tu pourrais me faire mon noeud de cravate, s'il te plaît ?
-    Quoi ?
-    Je ne sais pas le faire...
-    Tu ne sais pas faire un noeud de cravate à vingt-sept ans ?
-    Bah... En fait, ma mère me le faisait, puis ensuite Daphné... Alors, du coup...
Il leva les yeux au ciel et attrapa la cravate qui pendait au bout de mon bras ballant. Il me tira par le col et me la passa autour du cou. Son souffle sur mon visage acheva de me convaincre de son potentiel de séduction. Avec dextérité, il noua ma cravate et m'attira vers lui en tirant sur le noeud pour déposer un baiser d'une rare sensualité sur mes lèvres. Alors que mes mains commençaient à parcourir son dos, il me repoussa et esquissa un sourire évocateur.
-    On est en retard.
-    Euh, oui, dis-je en rougissant, incapable de cacher une érection intempestive. Tu as le cadeau ?
-    Le cadeau ?
-    Oui, le cadeau, le service à thé et les couverts.
-    C'est tellement pathétique...
-    C'est traditionnel.
-    C'est bien, ce que je dis, dit-il avec mépris.
-    Bon, tu sais où il est ?
-    Non.
-    Je vais m'en occuper.
Après un dernier regard dans le miroir, il sortit de la pièce. Je pris le même chemin quelques minutes plus tard. Alors qu'il enfilait son manteau, je lui lançai :
-    Je vais passer aux toilettes...
-    Si j'avais voulu vivre avec une femme, j'en aurais choisi une plus féminine, railla-t-il.
-    Connard.
-    J'imagine que tu n'as pas de manteau qui irait avec ton costume ?
-    Bien sûr que si, j'en ai un gris, voilà, ça va, non ?
-    Non. Prends ça.
-    Ah. Merci.
-    Je vais chercher la voiture, retrouve-moi devant le cordonnier.
-    Je commence sérieusement à en avoir marre de faire quinze bornes pour te retrouver.
-    Dis-le aux paparazzis.
-    Est-ce que ce serait si grave si...
-    Oui, me coupa-t-il, apparemment énervé.
Jugeant que ce n'était pas le moment d'entamer une dispute, j'haussai les épaules, passai aux toilettes et allai chercher l'énorme paquet cadeau dans le salon. Cette politique d'évitement des paparazzis m'avait tout d'abord fait sourire car elle donnait à notre relation le piquant de l'interdit, mais cette perpétuelle tentative pour échapper à l'objectif de leurs appareils devenait de plus en plus dérangeante. Si je ne me cachais plus pour entrer au 76 de l'avenue Foch, il m'était encore interdit de franchir la porte de l'immeuble aux côtés de mon amant. Je pensais être capable d'accepter une relation officieuse, mais ce secret commençait à me peser lourdement et je n'avais plus qu'une envie, pouvoir exprimer mon attirance et mon affection pour Andreï au grand jour. Cependant, une lueur d'espoir ne manquait pas d'illuminer le ciel noir de notre avenir : mon amant avait accepté de se rendre avec moi au mariage de Samuel. Je ne pouvais manquer de voir un certain changement dans son attitude. Même si la raison officielle de sa présence était son envie de voir ma déconfiture face à Daphné, il n'avait certainement pas manqué de réfléchir aux conséquences de son acte et je ne pouvais que m'en sentir flatté.
Alors que je sortais de l'immeuble, je fus accueilli par l'inévitable flash qui ponctuait mes matins et mes soirs. Je n'y prêtai pas attention et ne pris même pas la peine de regarder dans la direction de laquelle provenait l'éblouissante lumière. Je pris l'habituel chemin qui me faisait traverser un pâté de maison en empruntant un passage tellement étroit qu'il était impossible à une voiture d'y pénétrer et aperçus la BMW noire de mon amant garée en double-file.
Je déposai le cadeau dans le coffre et m'installai à la place du passager. Andreï pianotait avec agacement sur le volant.
-    On n'est pas trop en retard ?
-    Si je prends les voies de bus, non.
-    Andreï...
-    Tu veux que le mariage commence sans toi ?
-    Non, bien sûr...
-    Alors attache ta ceinture et tais-toi.
-    D'accord.

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre LXXXII.

  • deleteme mailto

    ven 05 déc 2008 01:59

    deleteme

  • serenity

    mar 10 jun 2008 03:40

    ah non je veux le mariage, depuis 3 page j espere qu'il y a le mariage avant que les chapitres s'arrete

    Si non je viens de decouvrir ta fiction et j'adore. J'aime enormément l'evolution que tu fais passé à tes personnage et à l'histoire.
    La seul chose que je trouve un peut dommage c'est qu'il menque selon moi des moment entre nos deux tourteraux, on ne voit pas assez ce qu'ils s'apportent l'un à l'autre dans le cotidien.

    Petit detail, j'ai ete choqué de la vitesse à laquel il pardonne à sa soeur, surtout que en plus il s'excuse, hors pour moi c'est elle qui est en tord, lui a le droit d etre en colere et enerve contre elle, surtout que bon il ne lui a rien dit de tres blaissant. Encore il aurait trop loin dans ses mot, mais la il n'a meme pas eu le temps de lui dire un truc.

    bon si non je veux le mariage, la premiere sortie du couple, je veux ce chapitre !!!! vraient c'est cruel d avoir arreter le chapitre à ce moment la !!

    j'espere que tu ne m'en voudra pas trop pour ma remarque... j'ai hate de lire la suite (surtout le mariage) bonne continuation

  • Reveuse

    lun 09 jun 2008 22:12

    Comme d'hab': génial!
    J'aime ta plume... =)

  • Maly

    lun 09 jun 2008 11:28

    Trop bien ^^ vivement le mariage !! en gros vite la suite mdr ^^ encore merci pour ce chapitre ^^

  • elle sid

    dim 08 jun 2008 15:40

    et arrivé sur place,
    Gabriel vide son estomac après s'être vidé autre chose dans les toilettes...
    heu... pardon >_<
    *a du mal à se contenir tellement elle sent la suite qui balance entre le coup foireux et l'explosion de bonheur*
    et
    *est encore et toujours sidérée de ton éloquence et de ta merveilleuse plume*
    <3<3

  • shanyah mailto

    dim 08 jun 2008 12:56

    j'adore comme d'habitude,j'ai hate de ire la suite et de savoir ce qu'il se passera à ce mariage.

    J'ai moi même commencé une fiction sur mon blog,mais je constate que je n'ai pas ton talent,mais te lire me pousse vers l'avant. Merci pour ce chapitre ^^

  • Mahea

    dim 08 jun 2008 12:43

    Mdrr, il va encore avoir envie de gerber quand il va sortir de la voiture XD
    Trop fort

  • Styara

    dim 08 jun 2008 12:02

    yes! yes! le mariage approche !! c'est trop chou de voir leurs deux prénoms côte à côte!
    je suis restée sur ma faim ... trop de suspense ou alors c'est parce que je suis fan de ta fic... ou plus vraisemblablement les deux! =D

    Andreï, un vrai pilote de rallye! ^^
    j'ai hâte de lire la confrontation Dapnée(+son chéri) vs Gabriel+Andreï !!!

    continue!

  • super-ketchup

    dim 08 jun 2008 12:00

    et beh... le mariage promet... ^^
    je plains d'avance Gabriel (chéri^^)

  • Heavenly mailto

    dim 08 jun 2008 11:45

    Toujours aussi bien mais je me languis encore plus la suite ! Je me languis également la confrontation Daphné/Gabriel, je veux savoir quel tête elle fera^^

    Bisous et à la prochaine !




 

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