Chapitre XXIV.  posté le dimanche 04 novembre 2007 17:12

  Je compris dès le lendemain que quelque chose ne tournait pas rond, et ce dès lors que je sentis les regards de mes collègues peser sur moi, mais l'appel de Patrick me conforta définitivement dans mes soupçons.
-    Euh, Gabriel, dit-il d'un ton gêné, je peux te parler dans mon bureau ?
-    Oui, bien sûr.
-    Alors voilà, dit-il après avoir fermé la porte, je sais que ce ne sont pas mes affaires, je voulais juste l'entendre de ta bouche.
-    Quoi donc ?
-    Maxence t'a vu hier. Avec Sidorov.
-    Et alors ?
-    Alors, à ce qu'il m'a dit...
-    Oui ?
-    Vous vous embrassiez, dit-il avec un embarras palpable.
-    Il a du se tromper, dis-je d'une voix neutre. Ce Sidorov n'est ni plus, ni moins, que le sujet d'un de mes articles, rien de plus. Et s'il a eu la générosité de me proposer un édito, c'est tant mieux pour moi, basta.
-    C'est bien ce que je pensais, désolé d'avoir douté de toi, je sais que ça sort de mes attributions, mais je voulais juste vérifier, non pas que ça me dérange, juste pour faire taire les bruits de couloir.
-    Je te remercie, dis-je sincèrement, sachant pertinemment qu'il n'avait pas cru un mot du simulacre d'explication que je lui avais donné.
  Il me donna une claque dans le dos et sourit. Lorsque je sortis de son bureau, je pus apercevoir Fanny qui me lançait un regard dans lequel perçait toute sa colère et la grandeur de sa déception. J'haussai les épaules, plus pour moi-même que pour elle. La rumeur était lancée et j'allais devoir m'y habituer. Par chance, je ne travaillais pas dans un de ces journaux à scandales qui se délectent de morceaux de vies volés et si la grande découverte de Maxence allait faire le tour de la rédaction, elle ne quitterait certainement pas l'immeuble. Je pensais alors aux conséquences qu'une telle révélation pourrait avoir sur Andreï avant d'en arriver à la conclusion que l'on n'embrasse pas quelqu'un sur le pas d'un immeuble de bureau dans lequel cohabitent une vingtaine de sociétés sans connaître les risques d'être surpris. Cependant, je n'arrivais pas à me résoudre à considérer tout cela comme pur calcul.

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Chapitre XXV.  posté le lundi 05 novembre 2007 17:11

  Juste avant de quitter le journal, je décidai de prendre les devants avec Fanny, je ne pouvais pas ignorer qu'elle avait été profondément blessée et qu'il était de mon devoir de lui donner des explications.  Je ne pouvais me permettre de laisser la tension déjà présente dégénérer en une guerre ouverte dont mon travail et le sien auraient eus à patir. Je frappai à la porte de son bureau et elle déclama un "entrez" d'une voix aimable dont le ton changea immédiatement lorsqu'elle vit qui se trouvait dans l'embrasure.
-    Qu'est-ce que tu veux ?
-    Je voulais m'excuser, commençai-je, pour mon comportement de l'autre soir, je n'ai pas été réglo. Mais je ne savais pas trop ce que je voulais.
-    Ca m'a l'air plutôt clair, et je ne peux pas rivaliser, il me manque un élément essentiel.
-    Pardon ?
-    Une queue !
-    Fanny, je pensais avoir une conversation d'adulte à adulte...
-    Tu m'as... Humiliée !
-    J'en suis navré, je ne sais pas ce qui m'a pris, sincèrement, j'ai voulu refuser mais mes pulsions ont pris le dessus, alors...
-    Et tu vas me sortir le couplet sur les hommes qui ne savent pas se contrôler et les femmes qui devraient être capables de le faire ?
-    Non, je n'ai aucune leçon à te donner, je passais juste pour m'excuser, mais si tu n'acceptes pas ces excuses, je comprendrai, dis-je calmement.
  Elle s'assit dans son fauteuil qui grinça et prit l'arête de son nez entre son pouce et son index. Finalement, elle passa la main dans ses cheveux et déclara d'un ton neutre :
-    Je les accepte...
-    Merci.
-    A une seule condition, continua-t-elle.
-    Laquelle ?
-    Je veux savoir ce qui s'est passé avec Sidorov, Maxence a vraiment deliré, où...
-    Non, il n'a pas déliré, murmurai-je avec gêne et après un certain temps de réflexion.

-    Ah, ça me rassure, dit-elle, soulagée.
-    Pourquoi ?
-    Je me dis que si ça n'a pas marché, ce n'est pas de ma faute.
  Elle me sourit sincèrement et ce sourire valait mille "j'accepte tes excuses".
-    Je peux compter sur ta discrétion ?
-    Je serai muette comme un tombe, promit-elle.
  Le nombre des personnes au fait de ma liaison avec Andreï était à présent porté à trois. Sans compter tous les membres de ma rédaction. En retournant dans mon bureau, je m'affaissai dans mon fauteuil, me demandant par quels moyens j'allais réussir à me tirer de cette pénible situation.

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Chapitre XXVI.  posté le lundi 05 novembre 2007 17:17

-    J'ai vu Littera au kiosque, Sidorov est en couverture, dit Eva en s'affalant sur le canapé dans un grincement réprobateur.
-    Je sais, je me demande ce qui va se passer.
-    Ne te donne pas trop d'importance, dit-elle avec douceur. Même si cet article semble être un manifeste homosexuel pour les gens qui te connaissent, je pense que beaucoup ne vont y voir qu'une biographie banale.
-    Je crois que j'aurais préféré publier le deuxième article...
-    Maintenant c'est fait. En tout cas, la couv' est vachement bien choisie, ce type est un canon.
-    Il est encore mieux en vrai, dis-je dans un sourire.
  Elle me jeta un coussin.
-    Monsieur commence enfin à se lâcher.
-    N'en abuse pas non plus.
-    Autant pour moi, dit-elle en se relevant avec peine pour accrocher sa veste et son chech au porte-manteau. Tu as reçu des propositions ?
-    Le journal est paru ce matin, j'attends de voir.
-    Tu crois vraiment que cet article peut tout changer ?
-    J'ai un édito de Sidorov, j'ai donc collaboré avec lui, de plus, mon article laisse entendre que j'aurais pu faire bien plus que collaborer avec lui, alors oui, je pense que oui.
-    Evidemment, si tu vois les choses comme ça...
-    Franchement, j'y crois, insistai-je.
-    Alors j'espère que tu ne te trompes pas, dit-elle en haussant les épaules. Je dis ça pour toi, je n'ai pas envie que tu te berces d'illusions...
-    Ca va aller, OK ?
-    Je te fais confiance, mais...
-    Ca ira.
-    OK, conclut-elle.
  Elle commença à mettre la table lorsque quelque chose sembla soudainement lui revenir en mémoire.
-    Dis, ça te dérange de retourner dans ton appart' pour cette nuit ?
-    Euh... Pourquoi ?
-    J'ai invité quelqu'un...
-    Oui, bien sûr, je comprends, dis-je, décontenancé. Je vais retourner à l'appartement cette nuit.
-    Merci beaucoup, dit-elle dans un clin d'oeil.
-    De rien, c'est normal, d'ailleurs, je vais y aller tout de suite.
-    Reste au moins manger avec moi, dit-elle.
-    OK.
  Une demi-heure plus tard, je récupérai quelques affaires que j'avais installées à demeure chez ma soeur pour ne pas me retrouver pris au dépourvu en retournant dans mon appartement vide.
  Cependant, je décidai de faire un détour par l'Avenue Foch, plus exactement au quatrième étage du numéro soixante-seize. La gardienne ne fut pas plus aimable que les fois précédentes et c'est de mauvaise grâce qu'elle me laissa entrer, ayant auparavant jeté sur moi un regard profondément désapprobateur. Je montai quatre à quatre les étages avant de sonner prudemment à la porte monogrammée "A.S.". Celle-ci s'ouvrit sur la silhouette mince d'Andreï qui leva le sourcil gauche.
-    Oui ?
-    Je suis passé te saluer.
-    Je ne suis toujours pas un hospice, ironisa-t-il en apercevant la petite valise que je tenai à la main.
-    Je ne viens pas pour envahir ton espace vital.
-    Tu m'en vois ravi, dit-il avec un regard dans lequel ne transparaissait aucun ravissement, plutôt un agacement visible.
-    Je peux entrer ?
-    Si tu veux, dit-il en s'écartant pour me céder le passage.
  Il marcha devant moi jusque dans le salon et prit place dans son fauteuil favori pendant que je m'asseyais dans le canapé avec le sentiment de déranger. Il alluma une cigarette.
-    Je voulais te remercier une nouvelle fois, commençai-je, peu sûr de moi.
-    Ma maison d'édition veut ta peau, m'interrompit-il.
-    Pardon ?
  Il s'enfonça plus profondément dans le cuir du fauteuil en croisant les jambes.
-    Ils trouvent que ton article est plus qu'ambigu et cela ne leur plaît pas vraiment, expliqua-t-il.
-    Et toi ?
-    Moi ?
-    Qu'est-ce que tu penses de cet article ? Des retombées qu'il pourrait avoir ?
-    Je crois que ça ne m'intéresse pas.
-    Ton public n'est composé que de femmes, ce genre de rumeurs peuvent être...
-    Tu ne trouves pas ça drôle, justement ?
-    Drôle ?
-    La société veut te donner une étiquette et l'étiquette d'éternel romantique ne me plaît assurément pas. Ce n'est pas parce que les femmes découvriront que j'ai pu m'égarer avec toi qu'elles cesseront de me lire, les plus intelligentes comprendront que je me fiche de leurs histoires niaises et que ce que j'écris n'est qu'ironique. Le reste continuera à me lire, puisqu'elles sont incapables de vivre leur vie comme elles l'entendent, parce qu'elles ont besoin de modèles, d'exemples.
-    Tu m'as aidé parce que ça t'arrangeait ?
-    Evidemment, dit-il avec un sourire mauvais qui le rendait encore plus séduisant. Pour tout te dire, cette ambiguité renforce l'aura du personnage que je me suis créé. Il en serait différemment si la rumeur en question se voyait entérinée.
  Pour la première fois depuis que je le connaissais, je vis s'imprimer sur son visage une expression d'anxiété rapidement chassée par son habituelle neutralité absolue.
-    Pourquoi est-ce que tu joues à ça avec moi ?
-    Quoi donc ?
-    Tu te sers de moi, dis-je serrant les poings pour me donner du courage.
-    Tu as l'impression que je me sers de toi ?
-    Oui !
-    En effet.
-    En effet ? C'est tout ?
-    Oui, lâcha-t-il en regardant le ciel à travers la vitre du salon.
  J'étais atterré, j'avais imaginé ne serait-ce qu'une infime réaction de sa part, et rien. Pas la moindre once de culpabilité, pas la moindre petite intention de s'expliquer et – pourquoi pas ? - de s'excuser.
  Il se leva et écrasa d'un geste sa cigarette dans le cendrier. Il se cambra face à moi et posa son index sous mon menton m'obligeant à lever la tête pour le regarder dans les yeux et alors que je me brulais au contact de ses yeux glacés, il lâcha soudain :
-    Oui, je joue avec toi, et ça te plaît, n'est-ce pas ?
-    Non.
-    Non ?
-    Non.
-    Laisse-moi rire, tu n'as qu'une envie, coucher avec moi, je me trompe ?
-    Complètement.
-    Ton érection semble indiquer le contraire, dit-il en pressant mon sexe dans sa main droite, à travers mon pantalon, m'arrachant un gémissement.
-    Je...
-    Ferme-la, dit-il en pressant ses lèvres contre les miennes.
-    Tu crois que tu peux faire ce que tu veux de moi ?
-    Oui, dit-il, l'air vaguement surpris.
-    Alors, tu commets une grossière erreur !
  Il s'approcha de moi, m'obligeant à me reculer et m'acculant à nouveau contre le mur avant de poser ses deux mains de part et d'autre de mes épaules. Je sentai son souffle rauque sur mon épaule et je ne pus plus lui résister lorsqu'il colla son torse viril contre le mien. Il lêcha doucement ma lèvre supérieure jusqu'à ce que je consente à ce qu'il glisse sa langue entre mes dents pour me délivrer un baiser violent et sensuel. Je le pris entre mes bras et fis volte-face pour le coller contre le mur et prendre sa verge, qui formait une bosse à travers son pantalon, dans ma main droite. Il gémit et soupira avant de se retourner et de reprendre une position de force. Ce manège eut lieu une fois, puis deux, puis tellement de fois que je ne pus plus les compter. Nous nous embrassions et nous caressions violemment, renversant tout sur notre passage, trébuchant à travers la pièce, ivres de désir. D'une main, il frappa violemment ma poitrine et m'envoya voler contre la porte de sa chambre avant de se plaquer contre moi avec fureur et d'attraper mes hanches pour me coller contre lui. D'un geste désordonné, je tentai d'appuyer sur la poignée, il vit mes difficultés et se chargea de le faire. Après avoir pénétré dans la pièce plongée dans une quasi-obscurité à peine troublée par la lumière des lampadaires et des occasionels phares, il saisit mes épaules et me renversa sur le lit, je l'emportai avec moi et il se trouva allongé sur moi avant de se mettre à califourchon sur mon torse. Je me débattis et réussis à le renverser pour me placer à mon tour sur lui. Nous roulâmes ainsi dans le lit jusqu'à être à la limite d'en tomber. Je défis sa ceinture pour baisser ensuite son pantalon et son boxer et prendre sa verge dans ma bouche. J'imprimai un mouvement de va-et-vient à mes lèvres et je fus surpris du plaisir que je prenais à sucer ce que je désirais ardemment depuis plusieurs jours. Je cessai mon mouvement pour descendre à la base de son sexe et le lêcher avec application en remontant avec lenteur vers son gland, je le gratifiai encore de quelques coups de langue humides avant de recommencer le va-et-vient qui lui arracha un soupir de plaisir. Plus mes lèvres passaient et repassaient sur son gland plus son halètement s'amplifia jusqu'à ce que les soupirs ne se transforment en gémissements. Tout son corps était agité de soubresauts violents et je sentis ses doigts imprimer une pression violente sur les draps lorsqu'il éjacula dans ma bouche. Je goutai sans répugnance à la matière doucereuse qu'il avait répandu dans ma bouche. Je relevai la tête et essuyai le coin de mes lèvres avant de remonter à ses côtés et de m'allonger épuisé, la tête sur son torse. Je fis de mon mieux pour masquer l'érection qui ne me quittait pas, frustré de ne pouvoir, moi aussi, gouter au plaisir de la fellation. Andreï avait les yeux fermés et je pouvais voir sur son profil découpé sur la faible lumière de la fenêtre, un demi sourire. Au bout d'une dizaine de minutes de mutisme, il se leva et remonta boxer et pantalon.
-    Je vais écrire, tu peux dormir ici, si tu veux, dit-il en rattachant sa ceinture.
-    Vraiment ?
-    Puisque je te le dis.
-    Merci.
  Il ne répondit pas et sortit de la pièce, fermant la porte derrière lui. A peine eut-il disparu dans l'embrasure que je commençai à me masturber.

 

  Je tiens à attirer votre attention sur le fait que lorsque les articles sont courts, j'en poste deux à la fois. Voilà, donc pensez à vérifier ^^

  J'en profite pour vous remercier pour vos nombreux commentaires qui me vont droit au coeur ! Merci ! 

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Chapitre XXVII.  posté le mercredi 07 novembre 2007 20:45

 Pour ceux à qui la transition semble un peu brutale, je l'avoue,  je suis un boulet, j'ai oublié un chapitre ^^

Je le rajoute ici. 

 
  Je me réveillai le lendemain et me retournai pour constater qu'Andreï dormait sur le coussin à mes côtés. Son visage semblait angélique lorsqu'il dormait, ses cheveux formaient une magnifique auréole et cette expression ironique et méprisante que je haïssais avait disparu de ses traits délicats. Il était extraordinairement beau. Je ne cessai de le regarder dormir et il aurait pu se passer des années sans que je ne m'en lasse. Il ouvrit soudainement les yeux et murmura :
-    Bonjour.
-    Bonjour.
-    Quelle heure est-il ?
-    Je ne sais pas, répondis-je, dégageant mon poignet des draps pour regarder ma montre. Merde ! Il est onze heures et demi ! Je devrais être au boulot depuis plus de deux heures !
  Il se leva à moitié et passa la main dans ses cheveux, ce qui n'eut pour effet que de les ébouriffer encore plus. Il sembla réfléchir quelques instants avant de lâcher :
-    Habille-toi, je t'emmène.
-    Non, ça ira, je vais me débrouiller, je vais prendre le métro.
-    Tu y seras plus vite en voiture, alors habille-toi et arrête de tergiverser, tu perds du temps.
-    D'accord.
  Dix minutes plus tard, j'étais plus ou moins prêt et je montai dans la spacieuse berline d'Andreï qui conduisit à une vitesse effarante à travers Paris et me déposa devant mon bureau. Je ne doutai pas que le hurlement des freins et le brusque dérapage n'aient alertés l'équipe de la rédaction et je pouvais sentir leurs regards sur moi lorsque j'ouvris la porte du côté passager.
-    Merci, murmurai-je, espérant qu'il leur était impossible de voir qui conduisait l'automobile.
-    Je t'en prie.
-    A bientôt.
-    Peut-être, dit-il en enfonçant l'accélérateur, il repartit dans un crissement de pneus, me laissant seul sur le trottoir à me demander si tout cela n'était qu'un rêve.
  Lorsque je sortis de l'ascenseur, je vis Maxence discuter avec un collègue, ces derniers ne cessaient de m'adresser des regards furtifs. Je pris le parti de ne pas leur prêter attention et entrai dans mon bureau, espérant que Patrick n'aurait pas noté mon absence. Quelqu'un frappa à la porte et entra sans attendre ma réponse.
-    Alors, tu as un chauffeur personnel, commença Fanny.
-    J'ai demandé à un copain de m'emmener, j'étais en retard, inventai-je.
-    Ton copain, il a des plaques d'immatriculation russes ?
  Je jetai un regard désespéré à Fanny.
-    Qui à part toi a remarqué ça ?
-    Je n'ai rien remarqué du tout, c'est Antoine.
-    Merde. Merde !
-    Ne t'inquiète pas, ça ne sortira pas de la rédaction, je te l'ai déjà dit, mais si tu ne veux pas que ça se sache, essaie d'être plus prudent, à l'avenir.
  Je repensai à l'air angoissé d'Andreï lorsqu'il m'avait dit : "Il en serait différemment si la rumeur en question se voyait entérinée".
-    Oui, merci, dis-je distraitement.
-    Hé, Gabriel ?
-    Oui ?
-    Tu sais que tu peux compter sur moi, hein ?
-    Oui, bien sûr, merci.
  Elle me sourit une dernière fois et quitta le bureau. Des plaques d'immatriculation russes ? Toutes les biographies d'Andreï que j'avais feuilletées mentionnaient son enfance en Russie, mais également le fait qu'il ait coupé tout contact avec sa terre maternelle, alors pourquoi une plaque russe sur une voiture neuve ? Cependant, ce détail n'était pas réellement ce qui m'occupait le plus, je cherchai désespérément un moyen d'éviter que la rumeur ne se propage pour être finalement vérifiée par certaines personnes qui n'entendaient pas garder le secret de notre relation.
  Je commençai à ouvrir mon courrier pour y trouver une lettre datée de la veille et non oblitérée, vraisemblablement déposée directement dans la boîte aux lettres du journal.
"... Vivement impressionés par votre maîtrise dans le dossier paru aujourd'hui, 7 .Décembre, dans le mensuel Littera..."
".. Immense honneur... Accepter de rejoindre notre équipe de chroniqueurs ..."
  Je dus relire trois fois la lettre et le nom du quotidien qui se proposait de m'embaucher pour me convaincre de la réalité de la situation. Je notai rapidement la date à laquelle le rédacteur en chef se proposait de me rencontrer et me remis à travailler sur des articles qui me semblaient à présent dérisoires.
  A dix-neuf heures, je rangeai mes dossiers dans ma serviette et pris mon manteau. Je croisai Patrick dans les couloirs, il posa une main sur mon épaule.
-    Je vais m'arranger pour que les gens se taisent, dit-il avec paternalisme.
  Je m'en voulais presque de prévoir de passer à la concurrence, Patrick avait toujours fait preuve envers moi d'une grande générosité et d'une certaine bonté, comme c'était à présent le cas.
-    Merci.
  Je pris la direction de l'ascenseur sans me retourner, mais je pouvais tout de même sentir les regards sur ma nuque. La nouvelle avait fait le tour de l'étage et je vis Antoine chuchoter quelques mots à l'oreille d'un de ses collègues, me désignant d'un geste du menton. Je ne savais ce qui les occupait le plus, le fait qu'ils me croient homosexuel, ou l'idée que je puisse avoir une relation avec Sidorov. Je me sentis rougir de honte.

  Avant de réinvestir l'appartement de ma soeur, je pris la décision d'aller voir Andreï pour lui dire que son aide précieuse m'avait permis d'être contacté par un journal dont je n'aurais jamais imaginé franchir les portes. Je savais pertinemment que j'avais toutes les chances d'être mal reçu, mais je désirais tout de même tenter ma chance, dans l'espoir d'un nouveau tête à tête sensuel.
  Sans me préoccuper outre mesure de l'oeil mauvais de la gardienne, je montai les étages et sonnai à la porte qui m'évoquait à présent nombre de délicieux souvenirs. Andreï ouvrit, il était torse nu et en levant les yeux jusqu'à son visage, je pus y voir un regard que j'aurais préféré oublier.
-    Je te dérange ?
-    Oui.
-    Andreï ?
  La voix féminine jaillissait de la chambre. Elle roulait ses "r" avec classe.
-    J'ai un visiteur, tu veux bien attendre quelques secondes ?
  La poignée de la porte de la chambre tourna et une femme en sortit. Elle était superbe, ses cheveux blonds descendaient en cascade sur une épaule dénudée. Son visage fin et volontaire était mis en valeur par deux yeux d'un bleu profond et une bouche rouge carmin. Elle portait un kimono en soie noire qui dévoilait ses cuisses fines, mais elle ne suscitait en moi aucun désir, rien de plus qu'une haine farouche.
  Je restai interdit, elle avança vers nous dans une démarche alanguie et prit Andreï par la taille.
-    Kallista, tu veux bien nous laisser ?
-    Bien sûr, miaula-t-elle avec une mauvaise volonté évidente avant de s'enfuir par la porte de la chambre.
  Andreï se tourna vers moi, l'air agacé.
-    Qu'est-ce que tu veux ?
-    Je... Rien, plus rien.
-    Quoi ? Tu vas me faire une crise de jalousie ?
-    Non, évidemment, non, je...
  Bien sûr que je rêvais de lui faire une scène mais cela avait-il un sens ? Il ne m'avait jamais juré fidélité, ne m'avait jamais rien promis.
-    C'est juste que je pensais que toi et moi...
-    Il semble tu t'es trompé...
-    Alors toi et moi, c'est... Fini ?
-    Mais ça n'a jamais commencé !
-    Tu ne peux pas ignorer qu'on avait une liaison, m'exclamai-je, soudainement furieux, en rage contre lui, mais également honteux d'avoir commis une erreur si grossière.
-    Mais de quelle liaison tu parles ? Ce n'est pas parce que tu as passé quelques bons moments ici que tu deviens mon amant attitré. Ce ne sont que des plaisirs partagés par deux adultes consentants, rien de plus. Si tu n'acceptes pas les règles du jeu, je ne t'oblige pas à remettre les pieds ici.
-    Andreï, appela la dénommée Kallista d'une voix plaintive.
-    J'arrive, cria-t-il, maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai à faire.
  Il ferma la porte sans m'avoir laissé le temps de répondre. Je balançai un coup de pied rageur dans le panneau de bois qui ne trembla avant de redescendre les escaliers en trébuchant sous le regard acéré de la concierge.

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Annonce publique : Je suis le dernier des boulets.  posté le mercredi 07 novembre 2007 22:43

Je suis le dernier des boulets !

 

Voilà, c'est dit. Mais pourquoi me direz-vous ? Et vous n'auriez pas tort !

Et bien parce que j'ai oublié de publier un chapitre !

Vous n'aviez pas compris pourquoi Gabriel retourne chez Andreï alors qu'il y est déjà ? Non pas parce qu'Andreï à un 600 mètres carrés, non, diable non ! Juste parce que votre serviteuse (?) a oublié de poster un malheureux chapitre. L'erreur est réparée et vous pourrez trouver la partie manquante au début de l'article "Chapitre XXVII". Voilà !

 

Bises à tous ! 

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