Je rentrai au journal,
lorsque Patrick me mit le grappin dessus dans l'ascenceur.
- Et ce papier ?
- Je le termine ce soir, chef, désolé.
- Je le veux sur mon bureau très rapidement, Gabriel, je ne peux pas me permettre d'attendre, c'est clair ? Si tu ne le fais pas très vite, c'est la porte, est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Mais comment faire un papier sur lui sans matériel ? Je décidais d'aller trouver le principal intéressé à la fin de la journée. La lumière de son bureau était allumée et je restai quelques minutes à la fixer, sous une pluie battante. L'impression irréelle de la situation était renforcée par le flou ambiant qui donnait à la fenêtre l'air d'une lumière perdue dans la nuit noire. Je me décidai à entrer sous le regard toujours désagréable de la concierge qui me gratifia d'un théatral "le paillasson". Arrivé au quatrième, je sonnai à la porte, un noeud au ventre comprimait mon estomac, avais-je vraiment envie de dire à Andreï que je voulais tout arrêter ? Avais-je vraiment envie de tout arrêter ? Le claquement sec du verrou interrompit mes réflexions.
- Gabriel ?
- Euh... Je suis venu pour terminer mon papier, désolé, m'excusai-je. Et aussi pour vous parler.
- Je n'ai pas le temps, dit-il d'un ton abrupt.
- C'est le dernier soir. Enfin, la dernière fois que je viens, alors, juste cinq minutes. Histoire de me donner un os à ronger pour écrire n'importe quoi dans mon article.
Il posa sur moi un regard agacé et ouvrit la porte en grand.
- Cinq minutes.
- Mais je préfère vous parler d'abord.
- Me parler ?
Il haussa le sourcil gauche avant de soupirer. Nous nous installâmes dans son salon et il reprit sa place dans le fauteuil en cuir avant d'allumer une cigarette. D'un mouvement de la main, il m'invita à parler, sa cigarette tournoya dans l'air, abandonnant derrière elle un filet de fumée bleuté.
- Je veux qu'on arrête, commençai-je.
- Quoi donc ?
- Cette relation.
- Quelle relation ?
La question me décontenança, je levai rapidement les yeux vers lui. Son regard glacé pénétra jusqu'au plus profond de mon être et je sentis mon coeur se serrer. Il ne cilla pas et sa bouche s'ouvrit sur un sourire ironique. Je me sentis soudain gêné de détailler mes pensées.
- Vous savez, notre relation...
- J'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à trouver ce qui pourrait te faire croire que nous avons une relation.
Je voulus soudain arracher ce sourire moqueur de son visage et m'enfuir à toutes jambes.
- Mais vous m'avez embrassé !
- Tu n'es pas le premier, tu ne seras pas le dernier, qu'est-ce qui te fait croire que tu vaux mieux que les autres ?
- Je vous ai fait confiance !
- Moi aussi.
- Quoi ?
- Je pensais que tu serais moins difficile que ça. Enfin, je veux dire, je n'ai pas choisi de me faire interviewer par toi juste pour tes talents journalistiques inexistants. Tu n'es qu'un gratte-papier.
- Pourquoi alors ?
- Pourquoi choisit-on tel tableau plutôt qu'un autre ?
- Le goût ?
- L'esthétique, la décoration.
- Je suis là pour... Décorer ?
- Tout à fait. Mais si ça peut te rassurer, je trouve que la photographie qui est sur le site de Littera ne te rend pas justice.
Un objet de décoration, il m'avait fait subir tout ça pour finalement me dire que je n'étais qu'un objet de décoration. Il m'avait choisi sur catalogue ! Etonnament, plus il devenait dédaigneux, plus je sentais l'excitation monter en moi. Une vague de désir me submergea et je me levai pour me cambrer face à lui et prendre son cou entre mon pouce et mon index. Je collai mes lèvres aux siennes et il ne frémit même pas, me laissant seul face à la barrière infranchissable de sa bouche délicate. Je finis par me reculer, sans même le regarder.
- Tu as bien dit que ce que tu croyais être une relation était fini, non ?
- Je...
- Tu peux t'en aller.
- Ou... Oui.
Je ne pris guère de temps pour rassembler mes affaires et sortir dans la rue. Lorsque je sentis à nouveau la pluie sur mon visage, je ne sus plus faire la différence entre mes larmes et les énormes gouttes qui s'écrasaient sur mes joues. Pourquoi pleurais-je ? J'étais sans aucun doute étouffé par la honte honte, j'étais passé pour un parfait imbécile. Mais en quoi cela pouvait-il me toucher ? Je ne reverrais plus jamais cet homme ignoble. En levant les yeux, je vis apparaître Andreï en ombre chinoise à la fenêtre de son bureau. Me regardait-il partir ? Il était impossible de le déterminer, je l'espérais pourtant.
- Et ce papier ?
- Je le termine ce soir, chef, désolé.
- Je le veux sur mon bureau très rapidement, Gabriel, je ne peux pas me permettre d'attendre, c'est clair ? Si tu ne le fais pas très vite, c'est la porte, est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
Mais comment faire un papier sur lui sans matériel ? Je décidais d'aller trouver le principal intéressé à la fin de la journée. La lumière de son bureau était allumée et je restai quelques minutes à la fixer, sous une pluie battante. L'impression irréelle de la situation était renforcée par le flou ambiant qui donnait à la fenêtre l'air d'une lumière perdue dans la nuit noire. Je me décidai à entrer sous le regard toujours désagréable de la concierge qui me gratifia d'un théatral "le paillasson". Arrivé au quatrième, je sonnai à la porte, un noeud au ventre comprimait mon estomac, avais-je vraiment envie de dire à Andreï que je voulais tout arrêter ? Avais-je vraiment envie de tout arrêter ? Le claquement sec du verrou interrompit mes réflexions.
- Gabriel ?
- Euh... Je suis venu pour terminer mon papier, désolé, m'excusai-je. Et aussi pour vous parler.
- Je n'ai pas le temps, dit-il d'un ton abrupt.
- C'est le dernier soir. Enfin, la dernière fois que je viens, alors, juste cinq minutes. Histoire de me donner un os à ronger pour écrire n'importe quoi dans mon article.
Il posa sur moi un regard agacé et ouvrit la porte en grand.
- Cinq minutes.
- Mais je préfère vous parler d'abord.
- Me parler ?
Il haussa le sourcil gauche avant de soupirer. Nous nous installâmes dans son salon et il reprit sa place dans le fauteuil en cuir avant d'allumer une cigarette. D'un mouvement de la main, il m'invita à parler, sa cigarette tournoya dans l'air, abandonnant derrière elle un filet de fumée bleuté.
- Je veux qu'on arrête, commençai-je.
- Quoi donc ?
- Cette relation.
- Quelle relation ?
La question me décontenança, je levai rapidement les yeux vers lui. Son regard glacé pénétra jusqu'au plus profond de mon être et je sentis mon coeur se serrer. Il ne cilla pas et sa bouche s'ouvrit sur un sourire ironique. Je me sentis soudain gêné de détailler mes pensées.
- Vous savez, notre relation...
- J'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à trouver ce qui pourrait te faire croire que nous avons une relation.
Je voulus soudain arracher ce sourire moqueur de son visage et m'enfuir à toutes jambes.
- Mais vous m'avez embrassé !
- Tu n'es pas le premier, tu ne seras pas le dernier, qu'est-ce qui te fait croire que tu vaux mieux que les autres ?
- Je vous ai fait confiance !
- Moi aussi.
- Quoi ?
- Je pensais que tu serais moins difficile que ça. Enfin, je veux dire, je n'ai pas choisi de me faire interviewer par toi juste pour tes talents journalistiques inexistants. Tu n'es qu'un gratte-papier.
- Pourquoi alors ?
- Pourquoi choisit-on tel tableau plutôt qu'un autre ?
- Le goût ?
- L'esthétique, la décoration.
- Je suis là pour... Décorer ?
- Tout à fait. Mais si ça peut te rassurer, je trouve que la photographie qui est sur le site de Littera ne te rend pas justice.
Un objet de décoration, il m'avait fait subir tout ça pour finalement me dire que je n'étais qu'un objet de décoration. Il m'avait choisi sur catalogue ! Etonnament, plus il devenait dédaigneux, plus je sentais l'excitation monter en moi. Une vague de désir me submergea et je me levai pour me cambrer face à lui et prendre son cou entre mon pouce et mon index. Je collai mes lèvres aux siennes et il ne frémit même pas, me laissant seul face à la barrière infranchissable de sa bouche délicate. Je finis par me reculer, sans même le regarder.
- Tu as bien dit que ce que tu croyais être une relation était fini, non ?
- Je...
- Tu peux t'en aller.
- Ou... Oui.
Je ne pris guère de temps pour rassembler mes affaires et sortir dans la rue. Lorsque je sentis à nouveau la pluie sur mon visage, je ne sus plus faire la différence entre mes larmes et les énormes gouttes qui s'écrasaient sur mes joues. Pourquoi pleurais-je ? J'étais sans aucun doute étouffé par la honte honte, j'étais passé pour un parfait imbécile. Mais en quoi cela pouvait-il me toucher ? Je ne reverrais plus jamais cet homme ignoble. En levant les yeux, je vis apparaître Andreï en ombre chinoise à la fenêtre de son bureau. Me regardait-il partir ? Il était impossible de le déterminer, je l'espérais pourtant.
layla
ven 01 aoû 2008 14:51