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Chapitre XV.  posté le mercredi 17 octobre 2007 00:51

 Avertissement de rigueur : première scène réellement sexuelle.

 

  Lorsque Samuel rentra de son rendez-vous, je les gratifiai, sa collègue et lui d'un vague salut, mais ils n'avaient pas la tête à ça et s'enfermèrent rapidement dans la chambre. Le bruit étouffé de leurs gémissements me parvenait à travers le mur et j'enfouis ma tête sous les coussins en pressant l'étoffe de toute mes forces sur mes oreilles.
  Vers trois heures du matin, constatant que mes voisins de chambrée ne semblaient pas vouloir arrêter leur raffut, je pris mon manteau et sortis dans la rue. Ces derniers jours avaient été éprouvants et je ne comprenais pas comment l'arrivée d'une seule et unique personne avait pu chambouler la vie que j'estimais être des plus inaltérables.
  J'essayais de penser au comportement que je pourrais avoir face à Daphné qui ne semblait pas décidée à me pardonner, en étais-je bouleversé ? J'avais beau chercher en moi la moindre parcelle de tristesse ou même de dépit, je n'en trouvais aucune. Comme l'avait dit Andreï, les sentiments étaient complexes, trop complexes peut-être. J'avais aimé une femme à la folie et tout à coup... Ressentais-je encore de l'amour pour elle ? Cela n'était-il que de l'affection, comme une homme et une femme se connaissant trop peuvent encore en avoir l'un pour l'autre ? Mon jeune couple était-il passé dans la catégorie des couples consommés, et si consommés qu'il ne subsiste que l'affection que peuvent se porter deux personnes âgées mariées depuis une cinquantaine d'années ? Andreï avait-il raison ? Etais-je tombé dans une routine ?
  Soudain, une ébauche de ce qu'il avait voulu m'expliquer prit forme. J'y avais moi-même pensé auparavant mais avais refusé de reconnaître la véracité des faits pour lui prouver qu'il avait tort. Il était arrivé à un point de ma vie où je n'avais qu'une envie : changer d'air. Il avait été l'originalité dont j'avais désespérément besoin, et dont j'avais toujours besoin à présent. Le métro étant fermé, je me mis à marcher rapidement dans les rues jusqu'à ce que je sois en vue de l'avenue Foch. Je devais lui dire, lui dire que je n'étais pas si naïf, lui dire qu'il avait eu raison mais que ma rapidité à le comprendre démontrait ma maturité. Je sonnai à la porte et lorsqu'elle s'ouvrit, je me trouvai face à une gardienne ébouriffée et franchement agacée d'être réveillée à une heure pareille.
-    Je viens voir Monsieur Sidorov !
-    Je sais, grogna-t-elle.
  Je montai les escaliers quatre à quatre jusqu'au quatrième étage et cognai à la porte. Elle s'ouvrit sur Andreï, torse-nu, une cigarette emprisonnée entre l'index et le majeur de sa main gauche qui tenait une tasse.
-    Gabriel ?
-    Euh... Bonsoir.
-    Bonsoir. Je peux savoir ce que tu fais là ? Je crois entendre comme la fatuité de ta vie qui t'appelle, sourit-il.
-    J'ai compris que ça ne m'intéressait pas. Je vais quitter Daphné.
  Je n'étais pas résolu à quitter Daphné avant de le voir mais ma dernière phrase avait franchi mes lèvres sans que j'y fasse réellement attention. Il haussa légèrement son sourcil gauche avant de lâcher :
-    Et ? En quoi est-ce que ça me concerne ?
-    Est-ce que vous voudriez bien me laisser habiter chez vous quelques temps ? En attendant que je trouve un nouvel appartement.
  Il avala de travers la gorgée de café qu'il venait d'ingurgiter et se mit à tousser avant de prononcer d'une voix un peu trop forte :
-    Quoi ?
-    Vous avez très bien compris.
-    Tu veux venir habiter chez moi ?
-    Quelques jours.
-    Tu as pris mon appartement pour un hospice ?
-    Si je la quitte, c'est un peu de votre faute.
-    Tu assumes tes bétises comme un grand, siffla-t-il.
-    S'il vous plaît...
-    Et arrête de larmoyer, tu es d'un pénible... Tu n'imagines même pas.
  Il regarda dans le vague quelques secondes, l'air hésitant, finalement il haussa les épaules.
-    Tu peux rester cette nuit, pas plus. Mais à une seule condition.
-    Laquelle ?
-    Que tu ne me regardes pas avec cet air de gratitude profondément idiot.
-    D'accord !
  Je me sentais comme un môme. Il haussa encore un sourcil et se décala pour me laisser le passage.
-    Vous ne dormez jamais ?
-    Rarement, murmura-t-il.
-    Pourquoi ?
-    Pourquoi dormir alors que tout se passe maintenant ? J'aurai tout le temps de dormir plus tard.
-    Comment ça ?
-    Je suis dans la trentaine et je vis les plus beaux moments de ma vie. Je sais que dans vingt ans, je les regretterai, je regretterai de ne plus avoir cette liberté de mouvement, de ne plus pouvoir faire ce dont j'ai envie. Dans trente ans, je regretterai mon corps, alors que celui dans lequel je serai enfermé lâchera prise au fil des ans pour finalement m'abandonner, je regretterai ce que j'étais, je regretterai de ne plus pouvoir me baisser sans gémir. Et ce jour-là, je serai prêt à tout donner pour revivre quelques minutes dans la peau de celui que je suis actuellement. Alors non, je ne dors presque pas, parce que je ne veux pas voir ma vie m'échapper et me réveiller un jour en me rendant compte que je suis vieux.
Sa tirade m'avait fait froid dans le dos. Il posa sa tasse sur un guéridon et laissa tomber sa cigarette dedans dans un crépitement avant de s'avancer vers moi pour m'acculer contre le mur de l'entrée, sans possibilité d'échapper à une emprise que je désirais et craignais à la fois.
-    Je veux profiter de chaque instant, tu comprends ?
-    Je...
-    Tais-toi.
  Il plaça un doigt sur ma bouche qu'il retira pour laisser place à un baiser. Il força sans effort la barrière fragile de mes lèvres et laissa sa langue chatouiller délicatement la mienne. Soudain, son étreinte se fit plus rude, et je sentis son corps se coller contre le mien, son sexe en érection se frottait contre mon bas-ventre et je fus submergé par une vague d'excitation. Je commençai à enfoncer mes ongles dans son dos alors qu'il arrachait brutalement ma chemise sans se préoccuper des boutons.
  Le désir prit le pas sur mes appréhensions et je me laissai glisser contre le mur dans un gémissement. Il s'accroupit face à moi et d'un geste brusque, m'obligea à m'allonger. Il se plaça à califourchon sur moi et la sensation de son corps contre mon sexe ne fit que renforcer mon excitation. Je sentis son souffle rauque dans mon oreille tandis que sa langue s'insinuait dans tous les creux de mon cou. Ses caresses humides se firent plus précises et je le sentis descendre le long de mon torse, lêchant mes pectoraux, mon ventre, mon bas-ventre. Ses mains défirent d'un geste la boucle de ma ceinture. Il arracha presque mon pantalon et descendit d'une main mon caleçon tandis que l'autre prenait mon sexe pour le mettre dans sa bouche. Je laissai échapper un gémissement qui s'amplifia au fur et à mesure que sa langue imprimait des mouvements de va-et-vient sur ma verge. Mes gémissements se transformèrent en cris rauques, rythmés par le passage de sa bouche sur mon gland. Un long hurlement proche du sanglot me déchira et Andreï eut un mouvement de recul, un dixième de seconde plus tard, j'éjaculai. Il remonta doucement, se tenant toujours au dessus de moi et déposa un baiser sur mes lèvres, ses mains étaient posées de part et d'autre de mes épaules. Il finit par tomber sur le côté contre le parquet dur de l'entrée. J'en profitai pour me lover dans le creux de son cou et nous restâmes ainsi de longues minutes, enlacés et à moitié nus. Il écarta doucement une mêche de cheveux qui retombait sur mes yeux et embrassa mon front.
  A cet instant, je fus envahi d'une gigantesque plénitude que je n'avais jamais ressentie auparavant, je me sentais en sécurité, protégé, et tout ce qui pouvait se passer à l'extérieur n'avait plus aucune emprise sur moi. Je m'étais réfugié dans une citadelle imprenable, le corps d'Andreï.

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre XV.

  • Lazy-Chan

    mar 11 aoû 2009 20:02

    *Bave en regardant son écran*
    Y a rien à dire, juste j'adoooore > <

  • cicipouce mailto

    dim 28 déc 2008 06:06

    très très léger scène de préliminaire mais très très bien écrite

  • layla

    ven 01 aoû 2008 15:16

    j'adore !!
    tu es rentrée dans les détail mais sans trop en faire non plus. je trouve ça différent car maintenant quand on lis ce genre de scène, c'est une caricature des films porno et c'est dommage.
    mais j'aime ce que tu as fait parce que c'est différent.
    c'est sur : tu as un don

  • mell

    mer 30 jan 2008 21:27

    "citadelle imprenable..." ça ma rappelle une ceratine Boule de Suif ^ ^ (vu la façon dont tu écris je supppose que tu as lu Maupassant! )
    j'aime beaucoup ton style et avec le suspens qu'apporte chaque fin de chapitre tu peux ètre sûre qu'il y aura toujours du monde à lire ta fic !
    Bonne continuation
    Désolé de ne pas avoir écrit de commentaires plus tot ^ ^"

  • Cracotte

    dim 13 jan 2008 15:34

    Haaaaaaaaaaaan j'adore tout simplement

  • Ai-Vân

    dim 06 jan 2008 12:23

    tout simplement magnifique et trés poétique. ^_^

  • Dadoune

    jeu 01 nov 2007 22:53

    Ils sont mimi tous les deux ^^

  • Pepito

    lun 22 oct 2007 18:02

    C'est magnifique mais je sens qu'il va tomber de haut ... de très haut xD

  • jennifer

    sam 20 oct 2007 15:15

    vraimen bien!! on se croirai vraiment sur la scène!!lol
    jve dire kon a vraiment l'impression d'assister a la scène!! c vraiment bien!! continu

  • Coralie ( oOMyDIaryOo )

    ven 19 oct 2007 20:24

    franchement ... je suis accro aux deux histoires !!! je me suis dit au début : "bon on vérre mais sa pourra jamais être aussi passionnant que l'histoire de Sims" bah voilà je l'avou je me suis trompée ! C'est tout aussi bien, merveilleux, divertissant, drôle ... Même si ce sont deux sujets totalement différents !!!

    Bravoooo !!!!

    bizoux




 

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