J'essayai vainement d'appeler
Daphné et après lui avoir laissé trois
messages, je compris que c'était inutile, si elle
désirait me parler, elle en prendrait elle-même
l'initiative. Je l'appelai plus par formalité qu'autre
chose, parce qu'il me paraissait inconcevable qu'on puisse se
quitter comme ça, sans un mot. J'avais besoin de lui
expliquer ce qui était arrivé, pour me
débarrasser de la culpabilité pesante qui me
tenaillait. Mais en y réfléchissant plus avant, je me
rendis compte que je ne pourrais jamais lui expliquer. Qu'aurais-je
pu faire ? Tout lui dire à propos d'Andreï ? Il en
était hors de question, Eva et Samuel connaissaient mon
attirance pour lui et ils étaient déjà trop
nombreux.
Je fus interrompu dans mes réflexions par le grincement du verrou de la porte. Eva entra, les bras chargés de courses et déposa les sacs sur la table. Une tomate s'échappa du plastique, roula sur la toile cirée et s'écrasa sur le sol dans un bruit mat.
- Merde.
- Sale journée ?
- Ca avait plutôt bien commencé jusqu'à ce que cette tomate ne vienne tout foutre en l'air.
Je souris. Elle déroula son chech et passa la main dans ses longs cheveux emmêlés. Je me levai pour l'aider à ranger les courses dans le réfrigérateur.
- Dis-moi, ça ne te dérange pas que je reste au moins...
- Non, t'inquiètes pas, dit-elle.
- Tu n'es pas avec quelqu'un en ce moment ?
- Rien de fixe, dit-elle dans un sourire.
- OK.
La sonnerie de mon téléphone résonna et je dus fouiller toutes les poches de mon manteau pour le dénicher.
- Allô ?
- Oui, excuse-moi de te déranger chez toi, c'est Fanny...
- Ah, oui, ça va ?
- Oui, oui, merci, et toi ?
- Ca va.
- Je voulais te consulter à propos des photos...
- Ah oui, c'est vrai...
- Je voudrais t'en montrer quelques unes...
- On peut voir ça demain, non ?
- Bah comme Patrick le veut pour le plus tôt possible, je peux passer chez toi, si tu veux ?
- Euh, attends.
Je cachai le récepteur avec la main.
- Dis, Eva, ça te dérange si j'ai une collègue qui passe ce soir ?
- Qui c'est ?
- La photographe, mais elle est aussi documentaliste. Fanny.
- Connais pas. Elle reste manger ?
- Non, je ne pense pas.
Je repris mon téléphone.
- Oui, tu es toujours là ?
- Toujours, dit-elle.
- Bah écoute c'est d'accord, je te donne l'adresse où je suis et vingt et une heure, ça t'irait ?
- D'accord.
- Alors, c'est au 27, rue Rampal, métro Belleville.
- OK, je note. Le 27, c'est ça ?
- C'est ça. A tout à l'heure, alors ?
- A tout à l'heure.
Je raccrochai et en me tournant vers Eva, je vis son regard inquisiteur pointé sur moi.
- Tu fais des infidélités ?
- C'est juste une fille du boulot, expliquai-je, elle veut que je choisisse des photos pour mon article.
- Ca peut pas attendre demain ?
- Ca avait l'air pressé, dis-je en haussant les épaules. On mange quoi ?
- Ce que tu vas préparer, coco.
- Mais...
- Ah non, déjà que je t'héberge ici alors que tu as un appart' extraordinaire, tu vas pas pousser non plus, dit-elle mi-figue, mi-raisin.
Fanny sonna à la porte avec dix minutes d'avance et je n'eus pas le temps de finir mes pâtes trop cuites et mon steack qui ne l'était pas assez.
- Bonsoir Fanny, entre, je t'en prie.
- Bonsoir. C'est drôle, je n'imaginais pas ton appartement comme ça, ça fait...
Elle ne finit pas sa phrase car son regard se posa sur Eva, qui mangeait comme si elle était à la diète depuis plusieurs jours. Elle eut l'air gêné et commença à bafouiller :
- Je suis... Ah non, vraiment, je suis désolée... Je pensais que tu étais seul...Si j'avais su qu'il y avait quelqu'un, je n'aurais jamais... Non, vraiment, jamais...
- Fanny, je te présente ma soeur, Eva, Eva, je te présente Fanny.
- Bonsoir. Je vais vous laisser travailler, je vais rejoindre un copain. Gaby, tu feras la vaisselle, s'il te plaît ?
- Pas de problème, amuse-toi bien.
Elle me fit un clin d'oeil, enfila le blouson en cuir que je lui avais offert pour l'anniversaire de ses dix-huit ans, enroula son chech autour de son cou et coinça ses cheveux dans un élastique.
- Bonne soirée, dit-elle en claquant la porte.
Fanny ne pipa pas mot jusqu'à ce que je lance la formule de circonstance :
- Tu veux boire quelque chose ?
- Tu as quoi ?
- Du rhum, du rhum, du rhum, et de l'eau.
- De l'eau, alors. S'il te plaît.
- Pour moi aussi, dis-je, esquissant un sourire pour la dérider, mais rien n'y fit. Alors, tu as des photos à me montrer ?
- Ah oui, dit-elle en sortant une chemise cartonnée de son sac.
Elle étala sur ma table basse une série de portraits et de photographies en pied sur lesquels Andreï rivalisait de charme et de beauté. Mais il n'aurait jamais pu être plus séduisant que lorsque son corps se trouvait contre le mien, et non allongé sur papier glacé.
- J'aime bien ces deux-là, finis-je par me décider.
- Oui, mais elles ne vont pas ensemble, pas le même fond.
- Oui, en effet. Et ces deux-là ?
- Oui, pourquoi pas ? Mais tu ne veux pas de portrait ?
- Bon, celles-là, alors.
- Oui, médita-t-elle, oui, oui, oui. Je crois que c'est parfait.
- C'est tout ?
- Oui, c'est tout, dit-elle tandis que ses joues s'empourpraient.
- OK, alors...
- Alors, je vais y aller, chuchota-t-elle.
- D'accord.
- Merci pour le verre.
- Oh, ce n'était pas grand chose. De l'eau du robinet, en fait.
J'avais gagné, elle esquissa un sourire, l'éclat de rire était encore loin mais le coin supérieur droit de sa lèvre avait frémi. Je la raccompagnai à la porte et alors qu'elle était sur le seuil, elle posa sa main sur la mienne.
- Je n'étais pas venue que pour ça. En fait.
- Ah oui ?
- Je voulais juste te proposer qu'on sorte... Un de ces soirs. Ensemble. Enfin, qu'on ne soit pas que des collègues.
Je passai ma main dans mes cheveux, franchement dérouté. Je n'avais jamais imaginé qu'une telle proposition pourrait émaner de Fanny. Elle était séduisante, gracieuse et réellement attirante, mais je n'étais pas dans un état émotionnel qui me permettait de jouer à ces jeux :
- Bien sûr, pourquoi pas ?
Je regrettai immédiatement ces paroles qui n'avaient pour explication que l'intense frustration sexuelle dont je souffrais depuis ma relation avortée avec Andreï, une frustration que même la masturbation ne parvenait pas à apaiser et un désir chaque jour un peu plus présent qui me submergeait.
- Non, non, me repris-je, je ne préfère pas. Tu es vraiment une fille bien, certainement très sensible et ce n'est pas vraiment ce que je recherche en ce moment. Si tu vois ce que je veux dire... Je n'ai pas vraiment envie d'une relation, je sors d'une relation, en fait. Alors forcément... Oui, bien sûr, je ne suis pas...
Je sentis que mon esprit commençait à s'embrouiller et je me tus. Elle sourit et posa sa main sur mon torse, elle pesa de tout son poids et me fit rentrer dans l'appartement où elle commença à m'embrasser fiévreusement. Excité par son propre désir, je fis de même et je me retrouvai à la plaquer contre un mur, je lui enlevai avec violence son manteau et soulevai son pull sans ménagement. D'un geste, je défis son soutien-gorge pour gouter à sa chair et laissai ma langue s'égarer sur ses tétons, encouragé par ses gémissements. Peu à peu, je sentais revenir ma virilité, ma masculinité et je savourais une érection que je ne sentais pas faiblir. Elle défit ma boucle de ceinture mais avant qu'elle n'ait eu le temps de s'agenouiller, je l'avais retournée face contre le mur dans un bruit mat, elle gémit encore. Je soulevai sa jupe pour constater avec plaisir qu'elle avait mis des bas. D'un geste, je descendis sa culotte pour la pénétrer. Et lorsque je m'enfonçai en elle, je la sentis tressaillir, sa bouche s'ouvrait sur de petits cris, presque des pleurs. J'avais saisi ses hanches et j'imprimai à mon bassin la cadence infernale d'un va-et-vient qui ne s'arrêtait pas, ses gémissements étaient devenus des cris et tout son corps tremblait de plaisir. Soudain, une idée me traversa l'esprit : "tu la prends comme un homme, par derrière, comme un homme". J'éjaculai, sans que rien ne le laisse prévoir, la seule pensée de faire l'amour avec un homme m'avait fait atteindre un seuil d'extase que je ne soupçonnais pas auparavant. La seule idée de me coller contre un dos au muscles dessinés avait suffit à me faire éjaculer.
Je me laissai tomber sur le sol, épuisé, elle s'allongea à mes côtés et chercha à se blottir entre mes bras, je les croisai.
- C'est ce genre de relation que tu veux, non ?
Je ne répondis pas.
- Réponds-moi, hoqueta-t-elle, c'est ça que tu veux ? Mais regarde-moi, merde !
- Non, ce n'est pas ça que je veux, finis-je par dire.
- C'est quoi, alors ?
- Je ne veux pas de relation.
- Pas de... Relation ?
- Non, pas de relation, écoute, je ne t'ai pas forcée, excuse-moi si tu attendais quelque chose en retour.
- Non, fulmina-t-elle en rattachant son soutien-gorge.
Elle se rhabilla en toute hâte et quitta l'appartement en claquant la porte, je restai sur le sol.
- Oh merde, mais rhabille-toi, cria Eva en mettant la main sur ses yeux.
- Mince, je suis désolé, je ne t'ai pas entendue rentrer.
- Simple collègue de travail, hein ?
- Ca a mal fini, mais à la base, c'était du boulot.
Elle haussa les épaules.
- C'est bon, t'as fini ?
- Ouais, c'est bon.
- Quand je disais que tu faisais des infidélités... Tu n'as pas fait ça dans mon lit au moins ?
- Qu'est-ce que tu crois que je faisais allongé dans ton entrée ?
- L'équivalent moderne du baiser d'adieu sur le pas de la porte, je suppose.
Je souris. Mais intérieurement, je ressentais plutôt le besoin de pleurer, ma tentative pour me prouver mon indéfectible hétérosexualité avait viré au fiasco malgré un départ plutôt encourageant. Ce que j'avais fait avec Fanny n'avait en rien calmé ma frustration, au contraire, elle n'avait fait que l'exacerber, me laissant entrevoir des perspectives sexuelles que je ne pouvais visiter. Ce n'est qu'après quelques minutes que je sentis le poids de la culpabilité s'abattre sur mes épaules, je n'avais été qu'un connard vis-à-vis d'une femme qui ne demandait qu'un peu d'affection.
Je fus interrompu dans mes réflexions par le grincement du verrou de la porte. Eva entra, les bras chargés de courses et déposa les sacs sur la table. Une tomate s'échappa du plastique, roula sur la toile cirée et s'écrasa sur le sol dans un bruit mat.
- Merde.
- Sale journée ?
- Ca avait plutôt bien commencé jusqu'à ce que cette tomate ne vienne tout foutre en l'air.
Je souris. Elle déroula son chech et passa la main dans ses longs cheveux emmêlés. Je me levai pour l'aider à ranger les courses dans le réfrigérateur.
- Dis-moi, ça ne te dérange pas que je reste au moins...
- Non, t'inquiètes pas, dit-elle.
- Tu n'es pas avec quelqu'un en ce moment ?
- Rien de fixe, dit-elle dans un sourire.
- OK.
La sonnerie de mon téléphone résonna et je dus fouiller toutes les poches de mon manteau pour le dénicher.
- Allô ?
- Oui, excuse-moi de te déranger chez toi, c'est Fanny...
- Ah, oui, ça va ?
- Oui, oui, merci, et toi ?
- Ca va.
- Je voulais te consulter à propos des photos...
- Ah oui, c'est vrai...
- Je voudrais t'en montrer quelques unes...
- On peut voir ça demain, non ?
- Bah comme Patrick le veut pour le plus tôt possible, je peux passer chez toi, si tu veux ?
- Euh, attends.
Je cachai le récepteur avec la main.
- Dis, Eva, ça te dérange si j'ai une collègue qui passe ce soir ?
- Qui c'est ?
- La photographe, mais elle est aussi documentaliste. Fanny.
- Connais pas. Elle reste manger ?
- Non, je ne pense pas.
Je repris mon téléphone.
- Oui, tu es toujours là ?
- Toujours, dit-elle.
- Bah écoute c'est d'accord, je te donne l'adresse où je suis et vingt et une heure, ça t'irait ?
- D'accord.
- Alors, c'est au 27, rue Rampal, métro Belleville.
- OK, je note. Le 27, c'est ça ?
- C'est ça. A tout à l'heure, alors ?
- A tout à l'heure.
Je raccrochai et en me tournant vers Eva, je vis son regard inquisiteur pointé sur moi.
- Tu fais des infidélités ?
- C'est juste une fille du boulot, expliquai-je, elle veut que je choisisse des photos pour mon article.
- Ca peut pas attendre demain ?
- Ca avait l'air pressé, dis-je en haussant les épaules. On mange quoi ?
- Ce que tu vas préparer, coco.
- Mais...
- Ah non, déjà que je t'héberge ici alors que tu as un appart' extraordinaire, tu vas pas pousser non plus, dit-elle mi-figue, mi-raisin.
Fanny sonna à la porte avec dix minutes d'avance et je n'eus pas le temps de finir mes pâtes trop cuites et mon steack qui ne l'était pas assez.
- Bonsoir Fanny, entre, je t'en prie.
- Bonsoir. C'est drôle, je n'imaginais pas ton appartement comme ça, ça fait...
Elle ne finit pas sa phrase car son regard se posa sur Eva, qui mangeait comme si elle était à la diète depuis plusieurs jours. Elle eut l'air gêné et commença à bafouiller :
- Je suis... Ah non, vraiment, je suis désolée... Je pensais que tu étais seul...Si j'avais su qu'il y avait quelqu'un, je n'aurais jamais... Non, vraiment, jamais...
- Fanny, je te présente ma soeur, Eva, Eva, je te présente Fanny.
- Bonsoir. Je vais vous laisser travailler, je vais rejoindre un copain. Gaby, tu feras la vaisselle, s'il te plaît ?
- Pas de problème, amuse-toi bien.
Elle me fit un clin d'oeil, enfila le blouson en cuir que je lui avais offert pour l'anniversaire de ses dix-huit ans, enroula son chech autour de son cou et coinça ses cheveux dans un élastique.
- Bonne soirée, dit-elle en claquant la porte.
Fanny ne pipa pas mot jusqu'à ce que je lance la formule de circonstance :
- Tu veux boire quelque chose ?
- Tu as quoi ?
- Du rhum, du rhum, du rhum, et de l'eau.
- De l'eau, alors. S'il te plaît.
- Pour moi aussi, dis-je, esquissant un sourire pour la dérider, mais rien n'y fit. Alors, tu as des photos à me montrer ?
- Ah oui, dit-elle en sortant une chemise cartonnée de son sac.
Elle étala sur ma table basse une série de portraits et de photographies en pied sur lesquels Andreï rivalisait de charme et de beauté. Mais il n'aurait jamais pu être plus séduisant que lorsque son corps se trouvait contre le mien, et non allongé sur papier glacé.
- J'aime bien ces deux-là, finis-je par me décider.
- Oui, mais elles ne vont pas ensemble, pas le même fond.
- Oui, en effet. Et ces deux-là ?
- Oui, pourquoi pas ? Mais tu ne veux pas de portrait ?
- Bon, celles-là, alors.
- Oui, médita-t-elle, oui, oui, oui. Je crois que c'est parfait.
- C'est tout ?
- Oui, c'est tout, dit-elle tandis que ses joues s'empourpraient.
- OK, alors...
- Alors, je vais y aller, chuchota-t-elle.
- D'accord.
- Merci pour le verre.
- Oh, ce n'était pas grand chose. De l'eau du robinet, en fait.
J'avais gagné, elle esquissa un sourire, l'éclat de rire était encore loin mais le coin supérieur droit de sa lèvre avait frémi. Je la raccompagnai à la porte et alors qu'elle était sur le seuil, elle posa sa main sur la mienne.
- Je n'étais pas venue que pour ça. En fait.
- Ah oui ?
- Je voulais juste te proposer qu'on sorte... Un de ces soirs. Ensemble. Enfin, qu'on ne soit pas que des collègues.
Je passai ma main dans mes cheveux, franchement dérouté. Je n'avais jamais imaginé qu'une telle proposition pourrait émaner de Fanny. Elle était séduisante, gracieuse et réellement attirante, mais je n'étais pas dans un état émotionnel qui me permettait de jouer à ces jeux :
- Bien sûr, pourquoi pas ?
Je regrettai immédiatement ces paroles qui n'avaient pour explication que l'intense frustration sexuelle dont je souffrais depuis ma relation avortée avec Andreï, une frustration que même la masturbation ne parvenait pas à apaiser et un désir chaque jour un peu plus présent qui me submergeait.
- Non, non, me repris-je, je ne préfère pas. Tu es vraiment une fille bien, certainement très sensible et ce n'est pas vraiment ce que je recherche en ce moment. Si tu vois ce que je veux dire... Je n'ai pas vraiment envie d'une relation, je sors d'une relation, en fait. Alors forcément... Oui, bien sûr, je ne suis pas...
Je sentis que mon esprit commençait à s'embrouiller et je me tus. Elle sourit et posa sa main sur mon torse, elle pesa de tout son poids et me fit rentrer dans l'appartement où elle commença à m'embrasser fiévreusement. Excité par son propre désir, je fis de même et je me retrouvai à la plaquer contre un mur, je lui enlevai avec violence son manteau et soulevai son pull sans ménagement. D'un geste, je défis son soutien-gorge pour gouter à sa chair et laissai ma langue s'égarer sur ses tétons, encouragé par ses gémissements. Peu à peu, je sentais revenir ma virilité, ma masculinité et je savourais une érection que je ne sentais pas faiblir. Elle défit ma boucle de ceinture mais avant qu'elle n'ait eu le temps de s'agenouiller, je l'avais retournée face contre le mur dans un bruit mat, elle gémit encore. Je soulevai sa jupe pour constater avec plaisir qu'elle avait mis des bas. D'un geste, je descendis sa culotte pour la pénétrer. Et lorsque je m'enfonçai en elle, je la sentis tressaillir, sa bouche s'ouvrait sur de petits cris, presque des pleurs. J'avais saisi ses hanches et j'imprimai à mon bassin la cadence infernale d'un va-et-vient qui ne s'arrêtait pas, ses gémissements étaient devenus des cris et tout son corps tremblait de plaisir. Soudain, une idée me traversa l'esprit : "tu la prends comme un homme, par derrière, comme un homme". J'éjaculai, sans que rien ne le laisse prévoir, la seule pensée de faire l'amour avec un homme m'avait fait atteindre un seuil d'extase que je ne soupçonnais pas auparavant. La seule idée de me coller contre un dos au muscles dessinés avait suffit à me faire éjaculer.
Je me laissai tomber sur le sol, épuisé, elle s'allongea à mes côtés et chercha à se blottir entre mes bras, je les croisai.
- C'est ce genre de relation que tu veux, non ?
Je ne répondis pas.
- Réponds-moi, hoqueta-t-elle, c'est ça que tu veux ? Mais regarde-moi, merde !
- Non, ce n'est pas ça que je veux, finis-je par dire.
- C'est quoi, alors ?
- Je ne veux pas de relation.
- Pas de... Relation ?
- Non, pas de relation, écoute, je ne t'ai pas forcée, excuse-moi si tu attendais quelque chose en retour.
- Non, fulmina-t-elle en rattachant son soutien-gorge.
Elle se rhabilla en toute hâte et quitta l'appartement en claquant la porte, je restai sur le sol.
- Oh merde, mais rhabille-toi, cria Eva en mettant la main sur ses yeux.
- Mince, je suis désolé, je ne t'ai pas entendue rentrer.
- Simple collègue de travail, hein ?
- Ca a mal fini, mais à la base, c'était du boulot.
Elle haussa les épaules.
- C'est bon, t'as fini ?
- Ouais, c'est bon.
- Quand je disais que tu faisais des infidélités... Tu n'as pas fait ça dans mon lit au moins ?
- Qu'est-ce que tu crois que je faisais allongé dans ton entrée ?
- L'équivalent moderne du baiser d'adieu sur le pas de la porte, je suppose.
Je souris. Mais intérieurement, je ressentais plutôt le besoin de pleurer, ma tentative pour me prouver mon indéfectible hétérosexualité avait viré au fiasco malgré un départ plutôt encourageant. Ce que j'avais fait avec Fanny n'avait en rien calmé ma frustration, au contraire, elle n'avait fait que l'exacerber, me laissant entrevoir des perspectives sexuelles que je ne pouvais visiter. Ce n'est qu'après quelques minutes que je sentis le poids de la culpabilité s'abattre sur mes épaules, je n'avais été qu'un connard vis-à-vis d'une femme qui ne demandait qu'un peu d'affection.



layla
ven 01 aoû 2008 15:40