Juste avant de quitter le
journal, je décidai de prendre les devants avec Fanny, je ne
pouvais pas ignorer qu'elle avait été
profondément blessée et qu'il était de mon
devoir de lui donner des explications. Je ne pouvais me
permettre de laisser la tension déjà présente
dégénérer en une guerre ouverte dont mon
travail et le sien auraient eus à patir. Je frappai à
la porte de son bureau et elle déclama un "entrez" d'une
voix aimable dont le ton changea immédiatement lorsqu'elle
vit qui se trouvait dans l'embrasure.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je voulais m'excuser, commençai-je, pour
mon comportement de l'autre soir, je n'ai pas été
réglo. Mais je ne savais pas trop ce que je voulais.
- Ca m'a l'air plutôt clair, et je ne peux
pas rivaliser, il me manque un élément
essentiel.
- Pardon ?
- Une queue !
- Fanny, je pensais avoir une conversation
d'adulte à adulte...
- Tu m'as... Humiliée !
- J'en suis navré, je ne sais pas ce qui
m'a pris, sincèrement, j'ai voulu refuser mais mes pulsions
ont pris le dessus, alors...
- Et tu vas me sortir le couplet sur les hommes
qui ne savent pas se contrôler et les femmes qui devraient
être capables de le faire ?
- Non, je n'ai aucune leçon à te
donner, je passais juste pour m'excuser, mais si tu n'acceptes pas
ces excuses, je comprendrai, dis-je calmement.
Elle s'assit dans son fauteuil qui grinça et prit
l'arête de son nez entre son pouce et son index. Finalement,
elle passa la main dans ses cheveux et déclara d'un ton
neutre :
- Je les accepte...
- Merci.
- A une seule condition, continua-t-elle.
- Laquelle ?
- Je veux savoir ce qui s'est passé avec
Sidorov, Maxence a vraiment deliré, où...
- Non, il n'a pas déliré,
murmurai-je avec gêne et après un certain temps de
réflexion.
- Ah, ça
me rassure, dit-elle, soulagée.
- Pourquoi ?
- Je me dis que si ça n'a pas
marché, ce n'est pas de ma faute.
Elle me sourit sincèrement et ce sourire valait mille
"j'accepte tes excuses".
- Je peux compter sur ta discrétion
?
- Je serai muette comme un tombe,
promit-elle.
Le nombre des personnes au fait de ma liaison avec
Andreï était à présent porté
à trois. Sans compter tous les membres de ma
rédaction. En retournant dans mon bureau, je m'affaissai
dans mon fauteuil, me demandant par quels moyens j'allais
réussir à me tirer de cette pénible
situation.
ai-Vân
dim 06 jan 2008 14:07