- J'ai vu
Littera au kiosque, Sidorov est en couverture, dit Eva en
s'affalant sur le canapé dans un grincement
réprobateur.
- Je sais, je me demande ce qui va se
passer.
- Ne te donne pas trop d'importance, dit-elle
avec douceur. Même si cet article semble être un
manifeste homosexuel pour les gens qui te connaissent, je pense que
beaucoup ne vont y voir qu'une biographie banale.
- Je crois que j'aurais
préféré publier le deuxième
article...
- Maintenant c'est fait. En tout cas, la couv'
est vachement bien choisie, ce type est un canon.
- Il est encore mieux en vrai, dis-je dans un
sourire.
Elle me jeta un coussin.
- Monsieur commence enfin à se
lâcher.
- N'en abuse pas non plus.
- Autant pour moi, dit-elle en se relevant avec
peine pour accrocher sa veste et son chech au porte-manteau. Tu as
reçu des propositions ?
- Le journal est paru ce matin, j'attends de
voir.
- Tu crois vraiment que cet article peut tout
changer ?
- J'ai un édito de Sidorov, j'ai donc
collaboré avec lui, de plus, mon article laisse entendre que
j'aurais pu faire bien plus que collaborer avec lui, alors oui, je
pense que oui.
- Evidemment, si tu vois les choses comme
ça...
- Franchement, j'y crois, insistai-je.
- Alors j'espère que tu ne te trompes pas,
dit-elle en haussant les épaules. Je dis ça pour toi,
je n'ai pas envie que tu te berces d'illusions...
- Ca va aller, OK ?
- Je te fais confiance, mais...
- Ca ira.
- OK, conclut-elle.
Elle commença à mettre la table lorsque
quelque chose sembla soudainement lui revenir en
mémoire.
- Dis, ça te dérange de retourner
dans ton appart' pour cette nuit ?
- Euh... Pourquoi ?
- J'ai invité quelqu'un...
- Oui, bien sûr, je comprends, dis-je,
décontenancé. Je vais retourner à
l'appartement cette nuit.
- Merci beaucoup, dit-elle dans un clin
d'oeil.
- De rien, c'est normal, d'ailleurs, je vais y
aller tout de suite.
- Reste au moins manger avec moi, dit-elle.
- OK.
Une demi-heure plus tard, je récupérai
quelques affaires que j'avais installées à demeure
chez ma soeur pour ne pas me retrouver pris au dépourvu en
retournant dans mon appartement vide.
Cependant, je décidai de faire un détour par
l'Avenue Foch, plus exactement au quatrième étage du
numéro soixante-seize. La gardienne ne fut pas plus aimable
que les fois précédentes et c'est de mauvaise
grâce qu'elle me laissa entrer, ayant auparavant jeté
sur moi un regard profondément désapprobateur. Je
montai quatre à quatre les étages avant de sonner
prudemment à la porte monogrammée "A.S.". Celle-ci
s'ouvrit sur la silhouette mince d'Andreï qui leva le sourcil
gauche.
- Oui ?
- Je suis passé te saluer.
- Je ne suis toujours pas un hospice,
ironisa-t-il en apercevant la petite valise que je tenai à
la main.
- Je ne viens pas pour envahir ton espace
vital.
- Tu m'en vois ravi, dit-il avec un regard dans
lequel ne transparaissait aucun ravissement, plutôt un
agacement visible.
- Je peux entrer ?
- Si tu veux, dit-il en s'écartant pour me
céder le passage.
Il marcha devant moi jusque dans le salon et prit place dans
son fauteuil favori pendant que je m'asseyais dans le canapé
avec le sentiment de déranger. Il alluma une
cigarette.
- Je voulais te remercier une nouvelle fois,
commençai-je, peu sûr de moi.
- Ma maison d'édition veut ta peau,
m'interrompit-il.
- Pardon ?
Il s'enfonça plus profondément dans le cuir du
fauteuil en croisant les jambes.
- Ils trouvent que ton article est plus qu'ambigu
et cela ne leur plaît pas vraiment, expliqua-t-il.
- Et toi ?
- Moi ?
- Qu'est-ce que tu penses de cet article ? Des
retombées qu'il pourrait avoir ?
- Je crois que ça ne m'intéresse
pas.
- Ton public n'est composé que de femmes,
ce genre de rumeurs peuvent être...
- Tu ne trouves pas ça drôle,
justement ?
- Drôle ?
- La société veut te donner une
étiquette et l'étiquette d'éternel romantique
ne me plaît assurément pas. Ce n'est pas parce que les
femmes découvriront que j'ai pu m'égarer avec toi
qu'elles cesseront de me lire, les plus intelligentes comprendront
que je me fiche de leurs histoires niaises et que ce que
j'écris n'est qu'ironique. Le reste continuera à me
lire, puisqu'elles sont incapables de vivre leur vie comme elles
l'entendent, parce qu'elles ont besoin de modèles,
d'exemples.
- Tu m'as aidé parce que ça
t'arrangeait ?
- Evidemment, dit-il avec un sourire mauvais qui
le rendait encore plus séduisant. Pour tout te dire, cette
ambiguité renforce l'aura du personnage que je me suis
créé. Il en serait différemment si la rumeur
en question se voyait entérinée.
Pour la première fois depuis que je le connaissais,
je vis s'imprimer sur son visage une expression
d'anxiété rapidement chassée par son
habituelle neutralité absolue.
- Pourquoi est-ce que tu joues à ça
avec moi ?
- Quoi donc ?
- Tu te sers de moi, dis-je serrant les poings
pour me donner du courage.
- Tu as l'impression que je me sers de toi
?
- Oui !
- En effet.
- En effet ? C'est tout ?
- Oui, lâcha-t-il en regardant le ciel
à travers la vitre du salon.
J'étais atterré, j'avais imaginé ne
serait-ce qu'une infime réaction de sa part, et rien. Pas la
moindre once de culpabilité, pas la moindre petite intention
de s'expliquer et – pourquoi pas ? - de s'excuser.
Il se leva et écrasa d'un geste sa cigarette dans le
cendrier. Il se cambra face à moi et posa son index sous mon
menton m'obligeant à lever la tête pour le regarder
dans les yeux et alors que je me brulais au contact de ses yeux
glacés, il lâcha soudain :
- Oui, je joue avec toi, et ça te
plaît, n'est-ce pas ?
- Non.
- Non ?
- Non.
- Laisse-moi rire, tu n'as qu'une envie, coucher
avec moi, je me trompe ?
- Complètement.
- Ton érection semble indiquer le
contraire, dit-il en pressant mon sexe dans sa main droite,
à travers mon pantalon, m'arrachant un
gémissement.
- Je...
- Ferme-la, dit-il en pressant ses lèvres
contre les miennes.
- Tu crois que tu peux faire ce que tu veux de
moi ?
- Oui, dit-il, l'air vaguement surpris.
- Alors, tu commets une grossière erreur
!
Il s'approcha de moi, m'obligeant à me reculer et
m'acculant à nouveau contre le mur avant de poser ses deux
mains de part et d'autre de mes épaules. Je sentai son
souffle rauque sur mon épaule et je ne pus plus lui
résister lorsqu'il colla son torse viril contre le mien. Il
lêcha doucement ma lèvre supérieure
jusqu'à ce que je consente à ce qu'il glisse sa
langue entre mes dents pour me délivrer un baiser violent et
sensuel. Je le pris entre mes bras et fis volte-face pour le coller
contre le mur et prendre sa verge, qui formait une bosse à
travers son pantalon, dans ma main droite. Il gémit et
soupira avant de se retourner et de reprendre une position de
force. Ce manège eut lieu une fois, puis deux, puis
tellement de fois que je ne pus plus les compter. Nous nous
embrassions et nous caressions violemment, renversant tout sur
notre passage, trébuchant à travers la pièce,
ivres de désir. D'une main, il frappa violemment ma poitrine
et m'envoya voler contre la porte de sa chambre avant de se plaquer
contre moi avec fureur et d'attraper mes hanches pour me coller
contre lui. D'un geste désordonné, je tentai
d'appuyer sur la poignée, il vit mes difficultés et
se chargea de le faire. Après avoir
pénétré dans la pièce plongée
dans une quasi-obscurité à peine troublée par
la lumière des lampadaires et des occasionels phares, il
saisit mes épaules et me renversa sur le lit, je l'emportai
avec moi et il se trouva allongé sur moi avant de se mettre
à califourchon sur mon torse. Je me débattis et
réussis à le renverser pour me placer à mon
tour sur lui. Nous roulâmes ainsi dans le lit jusqu'à
être à la limite d'en tomber. Je défis sa
ceinture pour baisser ensuite son pantalon et son boxer et prendre
sa verge dans ma bouche. J'imprimai un mouvement de va-et-vient
à mes lèvres et je fus surpris du plaisir que je
prenais à sucer ce que je désirais ardemment depuis
plusieurs jours. Je cessai mon mouvement pour descendre à la
base de son sexe et le lêcher avec application en remontant
avec lenteur vers son gland, je le gratifiai encore de quelques
coups de langue humides avant de recommencer le va-et-vient qui lui
arracha un soupir de plaisir. Plus mes lèvres passaient et
repassaient sur son gland plus son halètement s'amplifia
jusqu'à ce que les soupirs ne se transforment en
gémissements. Tout son corps était agité de
soubresauts violents et je sentis ses doigts imprimer une pression
violente sur les draps lorsqu'il éjacula dans ma bouche. Je
goutai sans répugnance à la matière doucereuse
qu'il avait répandu dans ma bouche. Je relevai la tête
et essuyai le coin de mes lèvres avant de remonter à
ses côtés et de m'allonger épuisé, la
tête sur son torse. Je fis de mon mieux pour masquer
l'érection qui ne me quittait pas, frustré de ne
pouvoir, moi aussi, gouter au plaisir de la fellation. Andreï
avait les yeux fermés et je pouvais voir sur son profil
découpé sur la faible lumière de la
fenêtre, un demi sourire. Au bout d'une dizaine de minutes de
mutisme, il se leva et remonta boxer et pantalon.
- Je vais écrire, tu peux dormir ici, si
tu veux, dit-il en rattachant sa ceinture.
- Vraiment ?
- Puisque je te le dis.
- Merci.
Il ne répondit pas et sortit de la pièce,
fermant la porte derrière lui. A peine eut-il disparu dans
l'embrasure que je commençai à me
masturber.
Je tiens à attirer votre attention sur le fait que lorsque les articles sont courts, j'en poste deux à la fois. Voilà, donc pensez à vérifier ^^
J'en profite pour vous remercier pour vos nombreux commentaires qui me vont droit au coeur ! Merci !




cicipouce
dim 28 déc 2008 06:49