Le soir, cette expression
continua de me travailler, l'exclusivité de ses
pensées et de son corps, et soudain la simplicité
même vint frapper à la porte de mon esprit obtus.
C'était exactement la condition nécessaire à
mon retour à ses côtés, ou du moins dans son
lit. Mais j'aurais alors alors la possibilité le forcer
à constater l'importance que je pouvais
éventuellement avoir pour lui. Le forcer à m'aimer
?
Je chassai rapidement cette aberration d'un geste de la main. Non, évidemment, pourquoi rechercher son amour alors qu'il ne m'importait pas le moins du monde et que ma démarche n'était suscitée que par une pure et simple curiosité. Il était hors de question d'avoir des sentiments pour lui car une réciprocité était inimaginable. Avais-je des sentiments pour lui ? Bien sûr que non, c'était une question des plus stupides, pensai-je, faisant taire la voix insidieuse qui me traitait de menteur.
Soudainement, je me levai, il m'était impossible de m'endormir alors que je pressentais la détresse qui ne tarderait pas à suivre ma nouvelle visite auprès d'Andreï. Pouvais-je espérer avoir de lui ce que je lui demandais ? Il était attiré par moi, c'était indéniable, il avait su se montrer persuasif sur ce point, mais de là à tirer une croix sur les plaisirs qu'il pouvait trouver dans des relations multiples...
Mais devais-je réellement accepter d'avoir un semblant de relation avec lui ? Etait-ce réellement ce que je voulais ?
Je déchirai une feuille du rouleau d'Eva, préparai un carton et lêchai une cigarette pour en ramollir le papier et en extraire le tabac.
N'étais-je pas simplement attiré par le personnage sans vouloir aller plus loin ? Non, si ce n'étaient pas les sentiments qui me poussaient vers lui, c'était ma curisoité, et l'un dans l'autre, la conduite à tenir était claire. Mais quelles allaient en être les conséquences ? J'allais clairement dévoiler à Andreï que j'avais envie de lui, d'être avec lui, mais ne l'avait-il pas fait en me demandant de revenir vers lui ? Bizarrement, je n'avais pas ressenti cela comme de la faiblesse de sa part tandis que je trouvais mon comportement plutôt pitoyable.
Je déposai le tabac sur la pochette d'un disque de Bob Marley en souriant avant de plonger les doigts dans le bocal en terre posé au centre de la table pour en sortir les graines, les feuilles et les tiges.
Espérais-je réellement le garder à mes côtés en le forçant à me promettre l'exclusivité ? Pourquoi vouloir le garder à mes côtés d'ailleurs ? Je ne prévoyai certainement pas d'avoir une liaison suivie avec lui, je voulais voir. Une relation durable avec lui impliquait des sentiments et je ne me sentais pas capable de donner sans recevoir autre chose que la gifle violente de la déception et de la douleur.
Je déposai l'herbe sur le tabac et appliquai la feuille sur le petit tas nouvellement formé avant de retourner le tout dans ma paume et de placer le carton. Je commençai alors à rouler et ce ne fut qu'à ce moment là que je m'aperçus que mes mains tremblaient. En réalité, tout mon corps était secoué de frissons. Etait-il possible qu'une telle banalité puisse provoquer chez moi des réactions de la sorte ? "Une banalité, évidemment, non, mais il n'est pas question de banalité" me soufflait une voix que je tentai d'étouffer par tous les moyens possibles.
Je pris alors le briquet qui trainait dans l'angle de la table basse et laissai la flamme danser quelques secondes devant mes yeux avant de l'orienter vers la base du cône approximatif que mes mains m'avaient laissé rouler. Un crépitement et la fumée âcre envahit ma bouche puis mes poumons. Je me laissai tomber dans le canapé plus que je ne me rassis et savourai l'odeur âpre mais délectable de l'herbe qui brulait.
Je chassai rapidement cette aberration d'un geste de la main. Non, évidemment, pourquoi rechercher son amour alors qu'il ne m'importait pas le moins du monde et que ma démarche n'était suscitée que par une pure et simple curiosité. Il était hors de question d'avoir des sentiments pour lui car une réciprocité était inimaginable. Avais-je des sentiments pour lui ? Bien sûr que non, c'était une question des plus stupides, pensai-je, faisant taire la voix insidieuse qui me traitait de menteur.
Soudainement, je me levai, il m'était impossible de m'endormir alors que je pressentais la détresse qui ne tarderait pas à suivre ma nouvelle visite auprès d'Andreï. Pouvais-je espérer avoir de lui ce que je lui demandais ? Il était attiré par moi, c'était indéniable, il avait su se montrer persuasif sur ce point, mais de là à tirer une croix sur les plaisirs qu'il pouvait trouver dans des relations multiples...
Mais devais-je réellement accepter d'avoir un semblant de relation avec lui ? Etait-ce réellement ce que je voulais ?
Je déchirai une feuille du rouleau d'Eva, préparai un carton et lêchai une cigarette pour en ramollir le papier et en extraire le tabac.
N'étais-je pas simplement attiré par le personnage sans vouloir aller plus loin ? Non, si ce n'étaient pas les sentiments qui me poussaient vers lui, c'était ma curisoité, et l'un dans l'autre, la conduite à tenir était claire. Mais quelles allaient en être les conséquences ? J'allais clairement dévoiler à Andreï que j'avais envie de lui, d'être avec lui, mais ne l'avait-il pas fait en me demandant de revenir vers lui ? Bizarrement, je n'avais pas ressenti cela comme de la faiblesse de sa part tandis que je trouvais mon comportement plutôt pitoyable.
Je déposai le tabac sur la pochette d'un disque de Bob Marley en souriant avant de plonger les doigts dans le bocal en terre posé au centre de la table pour en sortir les graines, les feuilles et les tiges.
Espérais-je réellement le garder à mes côtés en le forçant à me promettre l'exclusivité ? Pourquoi vouloir le garder à mes côtés d'ailleurs ? Je ne prévoyai certainement pas d'avoir une liaison suivie avec lui, je voulais voir. Une relation durable avec lui impliquait des sentiments et je ne me sentais pas capable de donner sans recevoir autre chose que la gifle violente de la déception et de la douleur.
Je déposai l'herbe sur le tabac et appliquai la feuille sur le petit tas nouvellement formé avant de retourner le tout dans ma paume et de placer le carton. Je commençai alors à rouler et ce ne fut qu'à ce moment là que je m'aperçus que mes mains tremblaient. En réalité, tout mon corps était secoué de frissons. Etait-il possible qu'une telle banalité puisse provoquer chez moi des réactions de la sorte ? "Une banalité, évidemment, non, mais il n'est pas question de banalité" me soufflait une voix que je tentai d'étouffer par tous les moyens possibles.
Je pris alors le briquet qui trainait dans l'angle de la table basse et laissai la flamme danser quelques secondes devant mes yeux avant de l'orienter vers la base du cône approximatif que mes mains m'avaient laissé rouler. Un crépitement et la fumée âcre envahit ma bouche puis mes poumons. Je me laissai tomber dans le canapé plus que je ne me rassis et savourai l'odeur âpre mais délectable de l'herbe qui brulait.
Alice
mar 24 jun 2008 21:28