Je me réveillai le
lendemain matin dans un lit qui n'était pas le mien. Je me
retournai pour constater que j'y étais seul. Un rapide
regard vers la fenêtre me renseigna sur l'heure qu'il
était, c'est à dire, trop tard, beaucoup trop tard.
Je me levai en toute hâte, cherchant mon séduisant
hôte. Je ne le trouvai nul part dans l'appartement et je dus
me résigner à frapper à la porte de son
bureau, ne pouvant m'empêcher de me remémorer les
mauvais souvenirs que sa simple vue véhiculait. Un "entre"
sonore répondit à mes trois coups brefs. Je poussai
alors la porte avec appréhension, il leva les yeux de son
écran et m'observa attentivement.
- Quelque chose ne va pas ?
- Oui ! Je suis encore en retard !
- Tu veux bien te calmer ? me tempéra-t-il. Aujourd'hui, c'est samedi.
Oui, évidemment. Je ne pus m'empêcher d'émettre un soupir de soulagement, trop heureux de ne pas ajouter à la trahison que j'avais infligé à Patrick de nombreux retards, qui risquaient d'être aisément confondus avec un je-m'en-foutisme dont je ne me sentais pas coupable.
Andreï éteignit le petit ordinateur portable et s'approcha de moi pour déposer sur mes lèvres un rapide baiser avant d'ajouter :
- Ca te dérangerait de partir avant le déjeuner ? J'attends quelqu'un.
- Non, non, évidemment, non, balbutiai-je, tentant de me souvenir de ce que j'avais dit hier, mais également de ce que j'avais fantasmé et dont je ne devais pas lui parler. Tu attends qui ? osai-je, regrettant immédiatement ma curiosité lorsque je vis une expression dure que je ne connaissais que trop s'imprimer sur son visage.
- Cela ne te regarde pas, articula-t-il finalement.
Je décidai de ne pas me formaliser de sa rudesse, j'étais en réalité sonné par la tournure des événements, mais étonnamment heureux. Ainsi, il m'était impossible de me concentrer sur quoique ce soit en particulier, bien trop préoccupé par toutes les questions pratiques : "boit-il du thé ou du café ?", "préfère-t-il dormir du côté droit ou gauche du lit ?"...
Je secouai la tête avec violence, comme pour chasser de mon esprit ces interrogations idiotes et futiles, je n'étais ici que par curiosité non pour m'installer, mais également, je dus me l'avouer, pour déterminer jusqu'où pourrait aller notre attirance réciproque, quel en serait l'aboutissement. L'aboutissement à plus brève échéance m'arracha une grimace d'angoisse, mais serions-nous capables de dépasser le stade purement sexuel de notre relation à peine éclose pour enfin nous investir dans une liaison, ou, plus exactement, en serait-il capable ?
Notre liaison officieuse avait codifié nos comportements l'un vis-à-vis de l'autre et nous serions sans aucun doute amenés à partager plus que de simples contacts furtifs comme ceux que nous avions pu échanger. Cette étape me terrorrisait et m'attirait tout à la fois. La peur prenait tantôt le pas sur le désir, pour se laisser finalement recouvrir par ce dernier et recommencer le même manège à nouveau. La peur d'une douleur que je savais inévitable m'insupportait au plus haut point mais je n'imaginais pas Andreï se contenter d'une fellation, aussi réussie soit-elle.
Cependant, lorsqu'il vint se placer face à moi et enroula ses bras autour de ma taille avant de dégager avec une infinie précaution une mêche qui me tombait sur les yeux, je sus que je pouvais compter sur sa douceur et sa délicatesse. Sans vraiment réfléchir à mes actes, je le serrai contre moi, de toutes mes forces. Il se raidit soudainement mais je sentis progressivement les muscles de son torse se détendre. Il posa sa main sur ma nuque et nicha ma tête dans le creux de son cou.
Non, avec lui je n'avais plus peur, pour lui, j'étais prêt à tout. Il n'était alors plus question de curiosité mais de sentiments et je ne réalisai pas alors à quel point je m'apprêtais à souffrir, bien trop occupé à savourer mon incroyable félicité, bénéficiant de ce sentiment de sécurité que lui seul savait m'offrir.
- Quelque chose ne va pas ?
- Oui ! Je suis encore en retard !
- Tu veux bien te calmer ? me tempéra-t-il. Aujourd'hui, c'est samedi.
Oui, évidemment. Je ne pus m'empêcher d'émettre un soupir de soulagement, trop heureux de ne pas ajouter à la trahison que j'avais infligé à Patrick de nombreux retards, qui risquaient d'être aisément confondus avec un je-m'en-foutisme dont je ne me sentais pas coupable.
Andreï éteignit le petit ordinateur portable et s'approcha de moi pour déposer sur mes lèvres un rapide baiser avant d'ajouter :
- Ca te dérangerait de partir avant le déjeuner ? J'attends quelqu'un.
- Non, non, évidemment, non, balbutiai-je, tentant de me souvenir de ce que j'avais dit hier, mais également de ce que j'avais fantasmé et dont je ne devais pas lui parler. Tu attends qui ? osai-je, regrettant immédiatement ma curiosité lorsque je vis une expression dure que je ne connaissais que trop s'imprimer sur son visage.
- Cela ne te regarde pas, articula-t-il finalement.
Je décidai de ne pas me formaliser de sa rudesse, j'étais en réalité sonné par la tournure des événements, mais étonnamment heureux. Ainsi, il m'était impossible de me concentrer sur quoique ce soit en particulier, bien trop préoccupé par toutes les questions pratiques : "boit-il du thé ou du café ?", "préfère-t-il dormir du côté droit ou gauche du lit ?"...
Je secouai la tête avec violence, comme pour chasser de mon esprit ces interrogations idiotes et futiles, je n'étais ici que par curiosité non pour m'installer, mais également, je dus me l'avouer, pour déterminer jusqu'où pourrait aller notre attirance réciproque, quel en serait l'aboutissement. L'aboutissement à plus brève échéance m'arracha une grimace d'angoisse, mais serions-nous capables de dépasser le stade purement sexuel de notre relation à peine éclose pour enfin nous investir dans une liaison, ou, plus exactement, en serait-il capable ?
Notre liaison officieuse avait codifié nos comportements l'un vis-à-vis de l'autre et nous serions sans aucun doute amenés à partager plus que de simples contacts furtifs comme ceux que nous avions pu échanger. Cette étape me terrorrisait et m'attirait tout à la fois. La peur prenait tantôt le pas sur le désir, pour se laisser finalement recouvrir par ce dernier et recommencer le même manège à nouveau. La peur d'une douleur que je savais inévitable m'insupportait au plus haut point mais je n'imaginais pas Andreï se contenter d'une fellation, aussi réussie soit-elle.
Cependant, lorsqu'il vint se placer face à moi et enroula ses bras autour de ma taille avant de dégager avec une infinie précaution une mêche qui me tombait sur les yeux, je sus que je pouvais compter sur sa douceur et sa délicatesse. Sans vraiment réfléchir à mes actes, je le serrai contre moi, de toutes mes forces. Il se raidit soudainement mais je sentis progressivement les muscles de son torse se détendre. Il posa sa main sur ma nuque et nicha ma tête dans le creux de son cou.
Non, avec lui je n'avais plus peur, pour lui, j'étais prêt à tout. Il n'était alors plus question de curiosité mais de sentiments et je ne réalisai pas alors à quel point je m'apprêtais à souffrir, bien trop occupé à savourer mon incroyable félicité, bénéficiant de ce sentiment de sécurité que lui seul savait m'offrir.
drearcirL
lun 10 nov 2008 08:55