Le soir-même,
Andreï m'avait proposé de passer la nuit chez lui et
c'est en tentant de cacher mon excitation que j'avais
accepté.
Lorsque je fus devant la porte, synonyme de tant de promesses, un mauvais pressentiment vint assombrir mon visage et je restai quelques secondes sur le palier, à réfléchir.
Etait-ce la meilleure solution ? Devais-je frapper à cette porte sachant que le lendemain mon amour pour Andreï aurait encore gagné en puissance et qu'il en serait de même pour tous les autres jours ? Tout arrêter semblait la solution la plus évidente, la plus rationnelle, la plus rassurante, et pourtant je n'avais qu'une envie : me lancer. Accepter ses règles et voir jusqu'où cette folie pourrait nous mener. Je ne connaissais que trop bien l'une des deux issues, la plus effrayante à mes yeux, synonyme d'un désespoir profond que l'écrivain était parfaitement capable de me faire endurer une fois qu'il ne serait plus intéressé par mon corps. Mon corps. Je n'étais qu'une enveloppe vide, un homme que l'on place dans son lit sans pour autant connaître son nom, uniquement le temps d'un soupir de plaisir, avant de refermer la porte sur lui, de verrouiller l'histoire d'une nuit en plaçant sur elle une chape de plomb si lourde que la moindre bribe de souvenir ne peut s'en échapper.
La raison me poussait à descendre les escaliers recouverts d'un doux tapis vert pour retourner dans la rue, retourner à ma vie étriquée, mais dans laquelle je pourrais de nouveau me sentir normal, en paix. Cette vie dans laquelle l'amour n'est pas un jeu, dans laquelle les sentiments ont un sens, dans laquelle la morale et les principes ont cours. Je n'avais que trop outrepassé mes limites, j'étais tombé amoureux d'un homme et je ne pouvais l'accepter, mon égo ne pouvait admettre une telle atteinte à ma virilité, à l'essence même du sexe fort. Mais l'amour ne connaît ni sexe, ni limite et je savais pertinnemment que si je décidai de fuir, je n'avais cette fois-ci aucune chance de m'en sortir indemne, tandis qu'en faisant front, il me restait un espoir, faible, minuscule mais présent de m'en relever sans dommages irréparables.
Pourquoi avais-je fait d'Andreï un personnage si terrible ? Avait-il une fois été à ce point ignoble avec moi ? Je ne pouvais me rappeler une occasion précise, mais une aura de dangerosité émanait de lui et, bien que participant pour beaucoup à son charme, cette impression diffuse ne me permettait de faire autrement que de me tenir sur mes gardes. Les hommes ne m'avaient que trop fait souffrir, j'avais été incapable d'être un homme face à mon père et j'étais à nouveau en position de faiblesse face à l'homme que j'aimais, n'avais-je pas d'autre choix que d'être dominé par des êtres plus forts que moi ? N'étais-je que faiblesse et fragilité ? Non. J'allais profiter de l'occasion qui m'était offerte et juger ensuite, comme l'aurait fait mon père, comme le ferait Andreï. Un frisson me parcourut quand je levai le doigt, presqu'inconsciemment, pour appuyer sur le bouton de la sonnette.
Il ouvrit la porte et je constatai qu'il semblait plus séduisant à chacune de ses apparitions. Sa chemise déboutonnée m'arracha un soupir et, conscient de mon trouble, il posa sa main sur ma joue avant de déposer un baiser sur mes lèvres.
- Bonsoir.
- Bonsoir, je te dérange ?
- Puisque je t'ai demandé de venir...
- Oui, désolé.
- Arrête de t'excuser en permanence.
- Pardon.
Ses lèvres esquissèrent un sourire qui se perdit dans l'indifférence de son visage.
Quelques minutes plus tard, je regardai le manège de ses mains qui s'affairaient autour de la cuisinière, je me surpris à me placer derrière lui pour passer mes bras autour de sa taille et lêcher délicatement son cou. Il se retourna pour prendre ma nuque dans sa main droite et mordiller avec application ma lèvre supérieur avant de lâcher :
- Je suis occupé.
- Occupé ?
- Je cuisine, ça ne se voit pas ?
- Ah oui. Euh...
Etonnamment, ce "refus" de sa part signifiait énormément pour moi. J'imaginais qu'il aurait immédiatement profité de l'occasion pour jouer à son jeu préféré mais il avait préféré remettre cela à plus tard. Non, il avait faim. Rien de respectueux à cela, il avait juste faim, évidemment, quoi d'autre ?
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il sans sembler s'en préoccuper outre mesure.
- Si, tout va très bien, répondis-je dans un sourire jaune.
Lorsque nous passâmes à table, je n'avais qu'une envie : lui poser toutes les questions qui m'empêchaient de dormir, de réfléchir, de vivre. Mais je tenais trop à lui pour lui parler de sentiments car, malgré mon ignorance de nombre des aspects de sa personnalité, j'avais parfaitement compris qu'aborder le sujet ne ferait que précipiter sa fuite, et je me sentais si bien à ses côtés qu'il m'était insupportable d'imaginer que par mon empressement, je pourrais l'éloigner de moi.
Une fois le repas terminé et les deux bouteilles de vins honorées, je me sentais un peu fiévreux, mais surtout très bavard et alors qu'il était allé allumer la lumière dans sa chambre, je le suivis et me laissai choir sur le lit.
- Ton édito était un cadeau empoisonné, finis-je par dire.
- Un cadeau empoisonné ?
- Oui, j'ai été contacté par le Soir.
- Excellente nouvelle, dit-il sans intention visible de laisser éclater sa joie.
- Sauf que maintenant, je dois quitter Littera.
- Tu ne perds rien, dit-il alors qu'il pliait une chemise pour la ranger dans son armoire.
- Non, mais je ne te parle pas du journal en lui-même, mais des gens qui y travaillent.
- Et ? m'interrogea-t-il, semblant ne pas comprendre le cheminement de ma pensée.
- Et c'est le facteur humain... J'ai l'impression de les abandonner, alors qu'ils auraient tous pu être à ma place, je n'ai rien de plus que les autres...
- Ton corps, dit-il avec un sourire en coin.
- Mais pourquoi moi plutôt qu'un autre, pourquoi me choisir moi ?
- Je n'en sais rien, admit-il sans que je puisse déceler s'il mentait ou non.
- J'ai du mal à me dire que je vais les laisser. J'ai quand même passé quelques années avec eux...
- C'est la différence entre toi et moi, Gabriel. Tu es trop sentimental pour être opportuniste.
Touché, en plein coeur. Il n'aurait pas pu viser plus juste. Il s'agenouilla sur le lit et m'attira vers lui pour m'embrasser. Entre deux baisers enfiévrés, il murmura :
- Mais si ça peut te rassurer, je trouve ça... Touchant.
Je voulus lui dire que je n'étais pas juste "touchant" mais la chaleur de son corps contre le mien ne me permit plus d'avoir une seule pensée cohérente, j'étais tout entier sous le charme de celui qui faisait vibrer mon corps et mon coeur comme jamais personne ne l'avait fait auparavant. Et à ce moment, bien loin de toutes les considérations sentimentales, je ne savourais que le plaisir charnel d'être dans les bras de mon amant.
Lorsque sa main s'insinua dans mon pantalon et que je la sentis parcourir mon sexe, je compris que de faire l'amour avec lui serait l'une des plus belles choses qu'il me serait donné de vivre. Alors, pris d'une excitation soudaine, je saisis sa boucle de ceinture pour la défaire, dernière obstacle entre la réalisation de mes fantasmes et le désir échevelé qui ne me quittait plus. Mais, d'un geste vif, il déplaca ma main pour la poser sur sa cuisse et murmurer à mon oreille :
- On va laisser le temps au temps, d'accord ? Rien ne presse.
- Mais, je veux...
- Et moi, je ne veux pas que tu fasses quelque chose que tu n'es pas sûr de vouloir. Je ne veux pas te faire de mal.
- Mais, je veux le, m'écriai-je avant d'être coupé par un baiser qui me fit atteindre le paroxysme de l'excitation.
Dans un gémissement, je sentis sa main sortir de mon pantalon et j'entr'ouvris les yeux pour le voir se placer entre mes jambes que j'écartai pour lui céder la place. Il laissa sa main gauche reposer à côté de ma tête, imprimant une ondulation dans les draps et, de sa main droite, il déboutonna ma chemise avec une lenteur calculée avant de plonger sa tête dans mon cou pour en lêcher le moindre recoin et de descendre délicatement le long de mon torse jusqu'à atteindre la ceinture de mon pantalon. Il remonta lascivement jusqu'à mes lèvres et plaça alors sa main droite sur mon épaule et appliqua à son bassin un coup de rein qui m'arracha un gémissement. Je pouvais sentir nos deux sexes entrer en contact à travers l'étoffe de nos vêtements et je n'eus qu'une envie, arracher cette seconde peau superficielle pour mieux percevoir le bonheur de le presser contre moi. Cependant, je n'en fis rien, suivant ces ordres qu'il m'avait donné, par respect pour moi. Un sourire traversa furtivement mon visage lorsque pour la première fois, je me rendis compte qu'il avait du respect pour moi mais je n'eus pas le temps de m'attarder sur le sujet, sentant venir un nouveau mouvement de sa part qui m'arracha un nouveau cri, chaque fois plus intense, au fur et à mesure qu'Andreï frottait sa verge contre la mienne. Entre deux gémissements, je commençai à murmurer son nom, comme pour l'encourager à se mouvoir contre moi, encore et encore, à garder ce rythme effréné qui, je le sentais, aller bientôt me mener à la jouissance. Andreï ! Et en effet, la dernière syllabe de son nom se transforma en un cri sourd alors que j'enfonçai profondément mes ongles dans sa chair tandis qu'il atteignait également l'extase. Il s'effondra, la tête sur mon torse et roula sur le côté, s'allongeant sur le dos pour reprendre son souffle.
Il avait les cheveux plus ébouriffés que jamais et sa bouche entr'ouverte sur une respiration rauque qui soulevait son torse à intervalles réguliers m'émerveillèrent, du même plaisir que celui que l'on peut trouver à regarder une oeuvre d'art pendant des heures sans jamais se lasser, parce qu'elle est unique, complexe, subtile. Parce qu'elle possède tant de détails et de sous-entendus subliminaux que son étude n'est jamais terminée.
Il se leva à moitié en prenant appui sur ses coudes.
- Andreï ?
- Oui ?
- Tu vas te lever, te changer et sortir de la chambre, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Reste avec moi. S'il te plaît.
- Pardon ?
- Reste avec moi, ici.
- Pourquoi ?
- J'en ai envie. Je me sens bien.
Il me jeta un regard agacé mais se radoucit et s'allongea de nouveau, me permettant de me décaler légèrement pour aller poser ma tête sur son torse. Nous passâmes de longues minutes, sans un mot, à savourer l'instant présent. Il déposa un rapide baiser dans mes cheveux et commença à les caresser jusqu'à ce que nous nous endormions, sans relever la couverture sur nous.
Lorsque je fus devant la porte, synonyme de tant de promesses, un mauvais pressentiment vint assombrir mon visage et je restai quelques secondes sur le palier, à réfléchir.
Etait-ce la meilleure solution ? Devais-je frapper à cette porte sachant que le lendemain mon amour pour Andreï aurait encore gagné en puissance et qu'il en serait de même pour tous les autres jours ? Tout arrêter semblait la solution la plus évidente, la plus rationnelle, la plus rassurante, et pourtant je n'avais qu'une envie : me lancer. Accepter ses règles et voir jusqu'où cette folie pourrait nous mener. Je ne connaissais que trop bien l'une des deux issues, la plus effrayante à mes yeux, synonyme d'un désespoir profond que l'écrivain était parfaitement capable de me faire endurer une fois qu'il ne serait plus intéressé par mon corps. Mon corps. Je n'étais qu'une enveloppe vide, un homme que l'on place dans son lit sans pour autant connaître son nom, uniquement le temps d'un soupir de plaisir, avant de refermer la porte sur lui, de verrouiller l'histoire d'une nuit en plaçant sur elle une chape de plomb si lourde que la moindre bribe de souvenir ne peut s'en échapper.
La raison me poussait à descendre les escaliers recouverts d'un doux tapis vert pour retourner dans la rue, retourner à ma vie étriquée, mais dans laquelle je pourrais de nouveau me sentir normal, en paix. Cette vie dans laquelle l'amour n'est pas un jeu, dans laquelle les sentiments ont un sens, dans laquelle la morale et les principes ont cours. Je n'avais que trop outrepassé mes limites, j'étais tombé amoureux d'un homme et je ne pouvais l'accepter, mon égo ne pouvait admettre une telle atteinte à ma virilité, à l'essence même du sexe fort. Mais l'amour ne connaît ni sexe, ni limite et je savais pertinnemment que si je décidai de fuir, je n'avais cette fois-ci aucune chance de m'en sortir indemne, tandis qu'en faisant front, il me restait un espoir, faible, minuscule mais présent de m'en relever sans dommages irréparables.
Pourquoi avais-je fait d'Andreï un personnage si terrible ? Avait-il une fois été à ce point ignoble avec moi ? Je ne pouvais me rappeler une occasion précise, mais une aura de dangerosité émanait de lui et, bien que participant pour beaucoup à son charme, cette impression diffuse ne me permettait de faire autrement que de me tenir sur mes gardes. Les hommes ne m'avaient que trop fait souffrir, j'avais été incapable d'être un homme face à mon père et j'étais à nouveau en position de faiblesse face à l'homme que j'aimais, n'avais-je pas d'autre choix que d'être dominé par des êtres plus forts que moi ? N'étais-je que faiblesse et fragilité ? Non. J'allais profiter de l'occasion qui m'était offerte et juger ensuite, comme l'aurait fait mon père, comme le ferait Andreï. Un frisson me parcourut quand je levai le doigt, presqu'inconsciemment, pour appuyer sur le bouton de la sonnette.
Il ouvrit la porte et je constatai qu'il semblait plus séduisant à chacune de ses apparitions. Sa chemise déboutonnée m'arracha un soupir et, conscient de mon trouble, il posa sa main sur ma joue avant de déposer un baiser sur mes lèvres.
- Bonsoir.
- Bonsoir, je te dérange ?
- Puisque je t'ai demandé de venir...
- Oui, désolé.
- Arrête de t'excuser en permanence.
- Pardon.
Ses lèvres esquissèrent un sourire qui se perdit dans l'indifférence de son visage.
Quelques minutes plus tard, je regardai le manège de ses mains qui s'affairaient autour de la cuisinière, je me surpris à me placer derrière lui pour passer mes bras autour de sa taille et lêcher délicatement son cou. Il se retourna pour prendre ma nuque dans sa main droite et mordiller avec application ma lèvre supérieur avant de lâcher :
- Je suis occupé.
- Occupé ?
- Je cuisine, ça ne se voit pas ?
- Ah oui. Euh...
Etonnamment, ce "refus" de sa part signifiait énormément pour moi. J'imaginais qu'il aurait immédiatement profité de l'occasion pour jouer à son jeu préféré mais il avait préféré remettre cela à plus tard. Non, il avait faim. Rien de respectueux à cela, il avait juste faim, évidemment, quoi d'autre ?
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il sans sembler s'en préoccuper outre mesure.
- Si, tout va très bien, répondis-je dans un sourire jaune.
Lorsque nous passâmes à table, je n'avais qu'une envie : lui poser toutes les questions qui m'empêchaient de dormir, de réfléchir, de vivre. Mais je tenais trop à lui pour lui parler de sentiments car, malgré mon ignorance de nombre des aspects de sa personnalité, j'avais parfaitement compris qu'aborder le sujet ne ferait que précipiter sa fuite, et je me sentais si bien à ses côtés qu'il m'était insupportable d'imaginer que par mon empressement, je pourrais l'éloigner de moi.
Une fois le repas terminé et les deux bouteilles de vins honorées, je me sentais un peu fiévreux, mais surtout très bavard et alors qu'il était allé allumer la lumière dans sa chambre, je le suivis et me laissai choir sur le lit.
- Ton édito était un cadeau empoisonné, finis-je par dire.
- Un cadeau empoisonné ?
- Oui, j'ai été contacté par le Soir.
- Excellente nouvelle, dit-il sans intention visible de laisser éclater sa joie.
- Sauf que maintenant, je dois quitter Littera.
- Tu ne perds rien, dit-il alors qu'il pliait une chemise pour la ranger dans son armoire.
- Non, mais je ne te parle pas du journal en lui-même, mais des gens qui y travaillent.
- Et ? m'interrogea-t-il, semblant ne pas comprendre le cheminement de ma pensée.
- Et c'est le facteur humain... J'ai l'impression de les abandonner, alors qu'ils auraient tous pu être à ma place, je n'ai rien de plus que les autres...
- Ton corps, dit-il avec un sourire en coin.
- Mais pourquoi moi plutôt qu'un autre, pourquoi me choisir moi ?
- Je n'en sais rien, admit-il sans que je puisse déceler s'il mentait ou non.
- J'ai du mal à me dire que je vais les laisser. J'ai quand même passé quelques années avec eux...
- C'est la différence entre toi et moi, Gabriel. Tu es trop sentimental pour être opportuniste.
Touché, en plein coeur. Il n'aurait pas pu viser plus juste. Il s'agenouilla sur le lit et m'attira vers lui pour m'embrasser. Entre deux baisers enfiévrés, il murmura :
- Mais si ça peut te rassurer, je trouve ça... Touchant.
Je voulus lui dire que je n'étais pas juste "touchant" mais la chaleur de son corps contre le mien ne me permit plus d'avoir une seule pensée cohérente, j'étais tout entier sous le charme de celui qui faisait vibrer mon corps et mon coeur comme jamais personne ne l'avait fait auparavant. Et à ce moment, bien loin de toutes les considérations sentimentales, je ne savourais que le plaisir charnel d'être dans les bras de mon amant.
Lorsque sa main s'insinua dans mon pantalon et que je la sentis parcourir mon sexe, je compris que de faire l'amour avec lui serait l'une des plus belles choses qu'il me serait donné de vivre. Alors, pris d'une excitation soudaine, je saisis sa boucle de ceinture pour la défaire, dernière obstacle entre la réalisation de mes fantasmes et le désir échevelé qui ne me quittait plus. Mais, d'un geste vif, il déplaca ma main pour la poser sur sa cuisse et murmurer à mon oreille :
- On va laisser le temps au temps, d'accord ? Rien ne presse.
- Mais, je veux...
- Et moi, je ne veux pas que tu fasses quelque chose que tu n'es pas sûr de vouloir. Je ne veux pas te faire de mal.
- Mais, je veux le, m'écriai-je avant d'être coupé par un baiser qui me fit atteindre le paroxysme de l'excitation.
Dans un gémissement, je sentis sa main sortir de mon pantalon et j'entr'ouvris les yeux pour le voir se placer entre mes jambes que j'écartai pour lui céder la place. Il laissa sa main gauche reposer à côté de ma tête, imprimant une ondulation dans les draps et, de sa main droite, il déboutonna ma chemise avec une lenteur calculée avant de plonger sa tête dans mon cou pour en lêcher le moindre recoin et de descendre délicatement le long de mon torse jusqu'à atteindre la ceinture de mon pantalon. Il remonta lascivement jusqu'à mes lèvres et plaça alors sa main droite sur mon épaule et appliqua à son bassin un coup de rein qui m'arracha un gémissement. Je pouvais sentir nos deux sexes entrer en contact à travers l'étoffe de nos vêtements et je n'eus qu'une envie, arracher cette seconde peau superficielle pour mieux percevoir le bonheur de le presser contre moi. Cependant, je n'en fis rien, suivant ces ordres qu'il m'avait donné, par respect pour moi. Un sourire traversa furtivement mon visage lorsque pour la première fois, je me rendis compte qu'il avait du respect pour moi mais je n'eus pas le temps de m'attarder sur le sujet, sentant venir un nouveau mouvement de sa part qui m'arracha un nouveau cri, chaque fois plus intense, au fur et à mesure qu'Andreï frottait sa verge contre la mienne. Entre deux gémissements, je commençai à murmurer son nom, comme pour l'encourager à se mouvoir contre moi, encore et encore, à garder ce rythme effréné qui, je le sentais, aller bientôt me mener à la jouissance. Andreï ! Et en effet, la dernière syllabe de son nom se transforma en un cri sourd alors que j'enfonçai profondément mes ongles dans sa chair tandis qu'il atteignait également l'extase. Il s'effondra, la tête sur mon torse et roula sur le côté, s'allongeant sur le dos pour reprendre son souffle.
Il avait les cheveux plus ébouriffés que jamais et sa bouche entr'ouverte sur une respiration rauque qui soulevait son torse à intervalles réguliers m'émerveillèrent, du même plaisir que celui que l'on peut trouver à regarder une oeuvre d'art pendant des heures sans jamais se lasser, parce qu'elle est unique, complexe, subtile. Parce qu'elle possède tant de détails et de sous-entendus subliminaux que son étude n'est jamais terminée.
Il se leva à moitié en prenant appui sur ses coudes.
- Andreï ?
- Oui ?
- Tu vas te lever, te changer et sortir de la chambre, n'est-ce pas ?
- Oui.
- Reste avec moi. S'il te plaît.
- Pardon ?
- Reste avec moi, ici.
- Pourquoi ?
- J'en ai envie. Je me sens bien.
Il me jeta un regard agacé mais se radoucit et s'allongea de nouveau, me permettant de me décaler légèrement pour aller poser ma tête sur son torse. Nous passâmes de longues minutes, sans un mot, à savourer l'instant présent. Il déposa un rapide baiser dans mes cheveux et commença à les caresser jusqu'à ce que nous nous endormions, sans relever la couverture sur nous.



cicipouce
dim 28 déc 2008 07:56