Chapitre XXXIX.  posté le jeudi 06 décembre 2007 23:27

  Le mois qui suivit fut marqué par l'agrandissement progressif de la place qu'Andreï acceptait de me laisser dans sa vie. J'avais accepté ces mystères qu'il laissait planer pour protéger une partie de son intimité qu'il n'entendait pas me dévoiler.
Le temps passant, il acceptait de me garder un soir par semain, puis deux, trois... Je désertai progressivement le logis exigu et à peine plus grand qu'un placard d'Eva pour le vaste appartement de mon amant. Nous pouvions passer nos nuits à discuter et je découvris en lui un confident attentif, prêt à écouter mes angoisses, mes petits bonheurs et mes peines sans pour autant se découvrir à son tour. Cependant, je ne doutais pas qu'en temps venu, il en viendrait lui aussi aux confidences.
  Plus les jours se succédaient plus l'envie de faire l'amour avec lui devenait présente, obsédante, mais sentant que mes dernières réticences subsistaient encore, Andreï se contentait de caresses, toujours plus fortes et pressantes, sans jamais dépasser la limite. Cette preuve du respect de ma volonté valait toutes les marques d'affection au monde, venant de l'homme si directif qu'était mon amant.
  L'ambiance à la rédaction était des plus tendues et le refus de Patrick de m'adresser la parole rendait la situation invivable. En effet, j'aurais largement préféré un affrontement direct et franc au mutisme indifférent qu'il m'opposait. Les regards mi-envieux, mi-furibonds de mes collègues n'étaient pas pour me détendre et je n'avais qu'une envie : voir mon mois de préavis arriver à sa fin.
  Lorsque ce fut fait, l'unique personne à me souhaiter une bonne continuation fut Fanny, mes autres collègues se gardant bien de m'adresser la parole.
  C'est donc sans regret que je quittai mon bureau minable pour un lieu de travail plus spacieux dans lequel je me sentais terriblement seul. Mais qu'importe. Malgré la distance qui s'était installée entre lui et moi, je ne pouvais repenser à Patrick sans goûter à cet horrible sentiments de déception et d'inachèvement. J'aurais voulu m'excuser auprès de lui, tout lui expliquer, le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour moi. Il m'avait pris sous son aile dès ma sortie de l'université et c'était lui plus que quiconque qui m'avait appris comment faire mon travail. Il avait cru en moi et ma façon de le remercier était plus que douteuse.
  Cependant mes regrets étaient teintés de rancune, qu'aurait-il fait à ma place ? Aurait-il refusé une telle opportunité par sentimentalisme ? Andreï avait terriblement raison, je devais m'affranchir de cette barrière et cela ne pouvait m'être que bénéfique.
Et pourtant, il m'était tout aussi impossible de faire asbtraction des sentiments que j'éprouvais pour Andreï que d'étouffer ma culpabilité envers la figure paternelle qu'avait représenté Patrick.
  Je fermai mon livre, conscient qu'il m'était à présent impossible de me concentrer sur ma lecture. Je ressentis alors le besoin de parler à Andreï. J'allai donc frapper à la porte de son bureau qu'il avait, cette fois, laissée ouverte.
-    Andreï ?
  Il leva la tête et haussa un sourcil.
-    Qu'est-ce que tu fais là ?
-    J'ai juste envie de parler.
-    Je suis en train d'écrire.
-    Je sais. Mais je veux te parler.
-    Et je suis en train d'écrire, répéta-t-il d'une voix dans laquelle perçait une pointe d'agacement.
-    Tu dis que la vie est trop courte et qu'il faut tout faire dans l'instant où on en a envie.
-    Je fais tout quand j'en ai envie, mais ça n'engage que moi.
  Je soupirai, il leva les yeux au ciel et ferma l'écran de son ordinateur portable.
-    Alors, quoi ?
-    Est-ce que tu crois que je devrais m'excuser auprès de Patrick ?
-    Pas si tu n'en as pas envie.
-    Et si je n'en suis pas sûr ?
-    Attends de voir si tu te décides, dit-il en allumant une cigarette.
-    Je croyais que ce n'était pas ta philosophie d'attendre.
-    Non, mais c'est la tienne, tu es un attentiste, voilà tout. Alors j'essaie de me mettre à ta place, même si je ne préfère pas y rester trop longtemps, évidemment. Et j'en déduis qu'il faut attendre.
-    Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu sois insupportable ?
-    J'aime ça, dit-il dans un sourire en coin.
-    Et moi, non.
-    Dommage...
  Il se leva et vint se placer derrière moi, dégageant les cheveux qui s'étaient égarés sur ma nuque pour y déposer un baiser.
-    Je ne veux pas que ça finisse toujours comme ça ! Pourquoi est-ce que dès que je te fait une remarque désagréable tu éprouves le besoin de... Ca t'excite ou quoi ?
-    Possible.
-    Ah... fis-je, décontenancé.
-    Ca t'embête ?
  Oui, bien sûr, mais lorsque ses lèvres laissèrent place à sa langue, il me fut impossible de le lui dire. Sa main descendit progressivement le long de mon torse tandis que ses dents imprimaient de légers mordillements sur le lobe de mon oreille gauche. Avec délicatesse, ses doigts commencèrent à déboutonner ma chemise et, sentant l'excitation monter en moi, je l'y aidai de mon mieux avant de me retourner pour glisser ma langue dans sa bouche entr'ouverte. Ses mains errèrent le long de mes épaules, puis de mon dos. Pour la première fois, je pouvais ressentir de la tendresse dans nos rapports intimes, là où avais toujours été reines la violence et la brutalité. Doucement, il embrassa mon front, mon nez, ma bouche, mon cou, mes épaules. Fou de désir, je ne pus résister plus longtemps et tentai de plaquer sur sa bouche un baiser rageur mais il m'en empêcha et m'enlaça pour me tirer à sa suite dans la chambre sans cesser de faire jouer sa langue sur les aspérités de mon cou. Il termina alors de me déshabiller complètement pour m'allonger sur le lit, se plaçant à califourchon sur moi, vibrant d'excitation. Il commença à lêcher chaque parcelle de mon torse, sa langue parcourant les creux et bosses avec une lenteur calculée pour finalement arriver au symbole de ma virilité qui n'attendait que sa présence. Et sans vraiment m'en rendre compte, j'articulai des mots entrecoupés de soupirs :
-    Je... Veux... Plus... Que ça !
  Il releva la tête et posa sa main sur ma joue, son pouce caressant ma pommette.
-    Est-ce que tu en es sûr ?
-    Oui.
-    Gabriel, est-ce que tu en es certain ?
-    Oui, j'en suis certain, dis-je, ne parvenant toutefois pas à me défaire d'une angoisse terriblement présente.
-    D'accord, si tu...
-    Je t'arrêterai.
  Il caressa ma joue encore quelques instants et déposa un baiser sur mes lèvres avant d'ouvrir un tiroir de sa table de chevet pour en sortir un tube de crème bleuté. Après avoir lubrifié son sexe il déposa un dernier baiser sur mes lèvres avant de me faire comprendre avec délicatesse de me retourner sur le ventre. Je m'exécutai et le laissai continuer de me caresser tandis que je m'agenouillai pour laisser libre court à ses mains. D'une simple pression, il m'obligea à laisser retomber mes bras sur le lit pour me retrouver à quatre pattes, dos à lui.
  Avec une infinie douceur, il enserra ma taille de ses bras et embrassa mes épaules et mon dos avant de s'introduire en moi avec lenteur. Sa présence m'arracha un gémissement de douleur et mes mains chiffonnèrent les draps tandis que je me retenais pour empêcher un cri de sortir de ma bouche. Andreï se figea immédiatement, caressant mon dos, l'embrassant, le lêchant.
-    Ca... Ca va, articulai-je entre deux frissons de douleur.
  Il pénétra un peu plus en moi et je ne pus réfréner un cri que je tentai d'étouffer aussitôt mais qui n'avait pas échappé à mon amant qui s'immobilisa, continuant ses caresses. La douleur était insoutenable et en guise de respiration, je ne produisai qu'un souffle rauque, entrecoupé de gémissements de supplicié.
-    J'arrête, murmura Andreï d'une voix douce.
-    Non, ordonnai-je dans un cri.
  Il commença alors un imprimer un va-et-vient à son sexe ce qui n'eut pour effet que de provoquer de nouveaux frissons de souffrance. Mais progressivement, tandis qu'il se mouvait en moi, la brulure fut nuancée d'une note de plaisir, infime, faible, mais présente. Petit à petit, l'élancement douloureux laissa place à la volupté, sentiment amplement renforcé lorsque je me remémorais le visage et le corps sublimes de la personne qui me faisait l'amour. Ses mouvements se firent plus rapides et j'adoptai le rythme pour finalement prendre goût à l'intimité de son corps dans le mien, je compris alors que mes espoirs ne seraient pas déçus et que mon amant était l'homme avec lequel une relation, sexuelle ou non, prenait tout son sens, toute sa beauté. Nos deux corps bougeaient à l'unisson et nos gémissements se synchronisaient presque dans une ode à la sensualité, à la volupté et au plaisir.
  Alors que le rythme des coups de rein d'Andreï avaient gagné en rapidité depuis un certain temps, je l'entendis gémir et se figer et tandis qu'un long soupir franchissait le seuil de ses lèvres, je sentis l'extase s'emparer également de moi avec une force et une puissance tellement incroyable que je poussai un long cri rauque avant de retomber mollement sur le côté, l'entraînant avec moi dans ma chute.
  Essouflés, nous restâmes silencieux quelques minutes avant qu'il ne passe ses bras autour de ma taille, me rapprochant de lui jusqu'à ce que je sente mon dos frôle son torse. Il déposa un baiser sur ma nuque, releva les draps de soie grise sur nous et nous nous endormîmes ainsi, enlacés et épuisés.

 

C'est la première vraie scène de sexe que j'écris, ne soyez pas trop cruelles avec moi ^^

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre XXXIX.

  • Lazy-Chan

    mer 12 aoû 2009 22:42

    Ah bah enfin ^^

  • cicipouce mailto

    dim 28 déc 2008 08:31

    je l'ai trouvé légèrement rapide lol
    mais c't bien écris

  • Cracotte

    dim 13 jan 2008 18:02

    C'est très bien écrit
    Félicitation ta fait passer tous les sentiments
    J'espere que ça va continuer com ça

  • minheaven

    sam 15 déc 2007 01:49

    bon alors
    pour dire vrai je ne suis pas fada des scènes de sexe, je veux dire que c'est pas mes scènes préférées
    mais voilà, tu l'as tellement bien écrit que je ne pouvais pas ne pas apprécier!

  • nana_chan mailto

    ven 14 déc 2007 22:12

    oooooooo c'est tr_s très bien écrit tkt ^_^ lol non franchement c bien, il y aurat une histoire ac le papa a gabriel et andrei viendra le défendre ou un truc dans le genre ou pas mdr si ta le temps envoi moi vite fé un mail pour me répondre

  • elle sid

    mer 12 déc 2007 21:01

    ne t'inquiète pas c'était paaaaaaaaaarfait !!!!
    <3<3 tu écris tellement bien ça ne pouvait que l'être !!!!
    la partie "crême de jour" m'a bien faite rire XD
    il peut pas avoir du lubrifiant comme tout le monde ?????, XD

  • jennifer

    dim 09 déc 2007 20:02

    tro bien la suite!!! javais des sousis dordi dc sa fait ke g lu une grosse parti de la suite!!!
    c vraiment bien!! bravo!! vivement la suite!!

  • Coralie ( oOMyDIaryOo )

    sam 08 déc 2007 21:45

    cette lescture ? Bah j'en ressort complètement scotchée comme la dernière fois ! t'arrives super bien à faire ressortir les émotions, les sentiments des personnages et tout ça sans sombrer dans la pornographie et dans le vulgaire ...

    En un mot : J'adore !

    vite vite la suite !!!!

    ps: super cadeau de St Nicolas cet article !

    Bizoux !!!

  • alexiele

    sam 08 déc 2007 16:03

    Pourquoi serait-on cruels ? c'est, comme d'habitude, fantastiquement bien écrit ;)

  • Yue

    ven 07 déc 2007 23:06

    Mon Dieu Claire.... Ca n'a strictement rien a voir avec nous et c'est ça qui rend cette première scène subtilement magnifique!!! LA facon dont l'acte est fait (sans préparation) montre une certaine connotation dans l'inexperience de Gabriel. Je ne sais pas si c'est cela que tu as voulu faire passer mais c'est ainsi que je l'interprete. Ce n'était pas une scène longue, mais une scène aussi belle que ton histoire, quine gache en rienle charme de ta fiction!!! ENfin, ils font l'amour!!! Loin de là une expression perverse (même si parfois je bave devant mon écran XD) mais je suis tellement heureuse qu'ils soient enfin en communion. Et, même si l'amour est à sens unique, ce en quoi je doute fort ^^, j'ai un léger arrière goût de crainte et cette expression dans ma tête "le calme avant la tempête". Peut être du à ces nombreuses fics triste que j'aipu lire ^^ En tous cas, la tienne reste exceptionnelle, et l'une de mes préférée!!! J'aime lire toutes les fic sur lesquel je tombe, mais la tienne, même si pour l'instant ne me fais pas fondre de perversité, reste gravé dans mon coeur tellement je l'aime ^^
    Bon aller, je te laisse tranquil!!!! MErci pour ces suites qui me rendent dingue ^^




 

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