Le lendemain matin, je me réveillai, toujours délicieusement emprisonné dans les bras d'Andreï qui avait resserré son étreinte durant la nuit. Je pris garde à ne pas l'éveiller en effectuant un mouvement trop brusque, mais il ne dormait déjà plus et lorsqu'il me dit d'une voix tendre "bonjour", je me retournai pour l'embrasser.
- Tu as bien dormi ? dit-il en passant une main dans ses cheveux.
- J'ai un peu mal.
- Je sais, chuchota-t-il en caressant ma joue. Je sais.
- Je dois rentrer chez moi.
- Tu ne vas certainement pas réussir à te lever. Tu as faim ?
- Un peu.
- Je vais te chercher quelque chose.
- D'accord.
Il revint quelques minutes plus tard avec une tasse de café et quelques gateaux secs.
- C'est tout ce que j'ai.
- C'est très bien, dis-je trempant mes lèvres dans le liquide brulant. Il faut vraiment que je rentre chez moi.
Tout en parlant, je tentai de me redresser mais une douleur insoutenable m'en empêcha et je laissai échapper un cri de douleur.
- Bon sang, il faut vraiment que je rentre, je n'ai plus rien à me mettre et je dois aller voir une expo cette après-midi.
- Repose-toi encore un peu, je vais écrire.
- Je dois vraiment rentrer.
- Tu devrais laisser tes affaires ici.
- J'en ai déjà quelques unes mais ça ne...
- Non, je veux dire, laisser toutes tes affaires ici, prononça mon amant dans un sourire, avant de refermer la porte sur lui.
C'est avec une infinie précaution que je me dressai sur mon séant, non sans pousser quelques gémissements de souffrance. Mais la dernière phrase d'Andreï se devait d'être explicitée et après une courte marche déchirante, j'entrai dans son bureau.
- Quoi ?
- Comment ça, quoi ?
- Qu'est-ce que tu voulais dire ?
- Ca me paraît plutôt clair, je te propose d'habiter ici.
- Avec toi ?
- Evidemment. Je ne compte pas te laisser mon appartement.
- Oui, évidemment. Mais tu es sérieux ? demandai-je, sans vraiment y croire.
- Bien sûr que je suis sérieux.
- Tu veux vraiment que j'habite ici, avec toi ?
- Si tu continues, je pourrais bien changer d'avis.
- Oui.
- Oui ?
- Oui, j'aimerais habiter ici.
- Alors tout est pour le mieux. Tu devrais appeler ton travail pour leur dire que tu ne pourras pas aller à l'exposition cette après-midi.
- Mais je vais y aller, dis-je, tentant vainement de retenir une grimace.
Il se leva de son fauteuil et s'avança vers moi pour relever une mêche de cheveux qui retombait sur mes yeux et embrasser mon front.
- Non, aujourd'hui, tu restes avec moi, murmura-t-il, esquissant un sourire en coin.
Cracotte
dim 13 jan 2008 18:28