- C'est lui qui te
l'a proposé ? Tu ne l'as pas supplié à genoux
? Tu n'as pas quémandé un peu d'affection ? Tu ne lui
as pas fait pitié ? Tu n'as pas menacé de balancer
son homosexualité aux journaux ? Il te l'a proposé
?
- En quoi est-ce que c'est si étonnant ?
Ma soeur réfléchit quelques secondes avant que son visage ne s'éclaire.
- Tu as couché avec lui, hein ?
- Non... Enfin, pourquoi... Je...
- Oui, tu as couché avec lui. Remarque, un appartement avenue Foch, c'est quand même sympa comme cadeau de remerciement.
- Il n'a pas fait ça parce que j'ai accepté de coucher avec lui !
- Prend-le comme tu veux, moi, je vois ça comme ça.
- Et tu n'y comprends rien, dis-je, réellement vexé.
Etait-il possible qu'Andreï me propose de vivre chez lui parce que je lui avais offert mon corps ? Evidemment, dans la logique du personnage, tout était possible, mais vivre avec lui avait tout de même une signification, ce n'était pas comme s'il m'avait donné de l'argent, offert une voiture...
L'idée d'Eva avait fait son chemin, et je n'étais plus réellement sûr des réelles intentions d'Andreï, voulait-il me garder à portée de main ? Avais-je fait une erreur en acceptant de le laisser me contrôler sexuellement ?
Depuis la veille, je n'avais pas réellement eu l'occasion de réfléchir aux conséquences de mon acte. J'avais définitivement franchi la barrière de la curiosité et je sus que je ne pourrais jamais appeler cet écart "une erreur", non, parce que j'y avais pris du plaisir et, malgré la douleur toujours vive, la seule pensée de recommencer à nouveau suffisait à provoquer chez moi un sentiment d'excitation intense, malgré ma réticence toujours présente à m'imaginer faisant l'amour avec un homme.
Cependant, comme cela avait toujours été le cas, le fait que l'homme ait été Andreï changeait la donne. Je ne pouvais voir mon amant comme un homme, mais comme une créature si tentante que la notion de barrière, morale ou physique, en perdait tout son sens. Ainsi, cette atteinte à ma virilité se noyait dans le bonheur de la volupté et du plaisir pour en devenir un objet de fantasme, et non de honte, malgré ce sentiment indéfini qui ne me quittait plus.
Il m'était impossible de le déterminer, mais je pensais sentir, au plus profond de moi-même, que rien ne serait plus jamais comme avant, que j'avais franchi une frontière et pris un aller sans retour vers un avenir que je ne contrôlais déjà plus.
Le douceur des manières de mon amant lorsqu'il m'avait fait l'amour pour la première fois n'avait fait que renforcer les sentiments que j'éprouvais à son égard. Ainsi, l'homme dur et indifférent se nuançait peu à peu pour devenir plus délicat, plus humain. Dans ces conditions, il m'était impossible de ne pas penser à lui à chaque seconde. Alors même que je passais une agréable soirée avec Eva, il me tardait plus que tout d'aller retrouver la chaleur de ses draps, la douceur de son corps et l'humidité de ses lèvres.
J'étais à présent prêt à tout lui donner sans condition, alors inconscient que tout ce qu'il m'offrirait en retour ne serait que désespoir et souffrance.
- En quoi est-ce que c'est si étonnant ?
Ma soeur réfléchit quelques secondes avant que son visage ne s'éclaire.
- Tu as couché avec lui, hein ?
- Non... Enfin, pourquoi... Je...
- Oui, tu as couché avec lui. Remarque, un appartement avenue Foch, c'est quand même sympa comme cadeau de remerciement.
- Il n'a pas fait ça parce que j'ai accepté de coucher avec lui !
- Prend-le comme tu veux, moi, je vois ça comme ça.
- Et tu n'y comprends rien, dis-je, réellement vexé.
Etait-il possible qu'Andreï me propose de vivre chez lui parce que je lui avais offert mon corps ? Evidemment, dans la logique du personnage, tout était possible, mais vivre avec lui avait tout de même une signification, ce n'était pas comme s'il m'avait donné de l'argent, offert une voiture...
L'idée d'Eva avait fait son chemin, et je n'étais plus réellement sûr des réelles intentions d'Andreï, voulait-il me garder à portée de main ? Avais-je fait une erreur en acceptant de le laisser me contrôler sexuellement ?
Depuis la veille, je n'avais pas réellement eu l'occasion de réfléchir aux conséquences de mon acte. J'avais définitivement franchi la barrière de la curiosité et je sus que je ne pourrais jamais appeler cet écart "une erreur", non, parce que j'y avais pris du plaisir et, malgré la douleur toujours vive, la seule pensée de recommencer à nouveau suffisait à provoquer chez moi un sentiment d'excitation intense, malgré ma réticence toujours présente à m'imaginer faisant l'amour avec un homme.
Cependant, comme cela avait toujours été le cas, le fait que l'homme ait été Andreï changeait la donne. Je ne pouvais voir mon amant comme un homme, mais comme une créature si tentante que la notion de barrière, morale ou physique, en perdait tout son sens. Ainsi, cette atteinte à ma virilité se noyait dans le bonheur de la volupté et du plaisir pour en devenir un objet de fantasme, et non de honte, malgré ce sentiment indéfini qui ne me quittait plus.
Il m'était impossible de le déterminer, mais je pensais sentir, au plus profond de moi-même, que rien ne serait plus jamais comme avant, que j'avais franchi une frontière et pris un aller sans retour vers un avenir que je ne contrôlais déjà plus.
Le douceur des manières de mon amant lorsqu'il m'avait fait l'amour pour la première fois n'avait fait que renforcer les sentiments que j'éprouvais à son égard. Ainsi, l'homme dur et indifférent se nuançait peu à peu pour devenir plus délicat, plus humain. Dans ces conditions, il m'était impossible de ne pas penser à lui à chaque seconde. Alors même que je passais une agréable soirée avec Eva, il me tardait plus que tout d'aller retrouver la chaleur de ses draps, la douceur de son corps et l'humidité de ses lèvres.
J'étais à présent prêt à tout lui donner sans condition, alors inconscient que tout ce qu'il m'offrirait en retour ne serait que désespoir et souffrance.


OrnallSkaflak
jeu 11 déc 2008 14:01