Chapitre XLIII.  posté le vendredi 14 décembre 2007 00:47

  Cependant, la félicité ne peut durer qu'un temps. Avais-je imaginé que mon amant et moi pourrions passer toutes nos nuits à converser, faire l'amour, puis converser encore avant de faire l'amour ? Cette trop agréable idée m'avait certainement traversé l'esprit, j'avais sans aucun doute caressé ce fantasme, mais tous mes espoirs furent anéantis un matin glacé d'hiver.
  Je ne partageais la vie quotidienne de l'écrivain que depuis une dizaine de jours, neuf exactement, lorsque la crise se déclencha, plus violente que celles que j'avais précédemment eu l'occasion d'affronter, il ne pouvait en être autrement au vu de la personnalité de mon amant.
  J'étais allongé dans le lit chaud et protecteur qui accueillait notre volupté, notre plaisir et notre bonheur lorsqu'Andreï ouvrit la porte avec une rare violence. Alors que celle-ci s'écrasait contre le mur, j'eus le loisir de l'observer attentivement. Son manteau noir avait les épaules luisantes de pluie et ses cheveux chatains étaient humides, laissant échapper de légère gouttes d'eau, mais lorsque je regardai son visage, il me fut alors impossible de ne pas remarquer que la fureur déformait ses traits et qu'un éclat mauvais brillait dans ses yeux gris.
-    Est-ce que tu connais une certaine Fanny Bremer ? demanda-t-il, tentant visiblement de maîtriser le son de sa voix.
-    Oui, c'est une ancienne collègue, à Littera, pourquoi ?
-    Tu la remercieras, pour ça !
  Il jeta un magazine sur le lit et tourna les talons. J'entendis son pas rageur s'éloigner et j'en déduis qu'il était allé dans son bureau. Je saisis ce qu'il venait de lancer pour rester interloqué devant la couverture.
  La première page étalait une photographie d'Andreï et moi, prise devant le bureau de tabac en face de son immeuble. Andreï avait placé son index sous mon menton et relevait avec douceur mon visage pour me lancer un regard passionné et, je m'en souvenais, d'une sensualité ahurissante. Sous cette photo, un titre racoleur : "Il est homosexuel !"
  Je me levai en hâte pour trouver l'écrivain dans son bureau. Il faisait les cent pas, tirant nerveusement de longues bouffées de sa cigarette à moitié consumée. Je l'avais rarement vu aussi furieux, mais également anxieux. Il m'avait toujours fait l'effet d'un homme calme et froid et je le trouvais tellement changé que je ne sus quoi dire. J'étais face à la personne la plus calculatrice et dominatrice que je n'avais jamais rencontré, et elle était aujourd'hui impuissante. Impuissante face à une rumeur fondée qui ne cesserait d'enfler, de voguer de bouches en bouches, devenant à chaque seconde plus incontrôlable.
  Lorsqu'il se rendit compte que j'étais entré, il cessa de marcher et se recomposa un visage inexpressif et dur. Cependant, il était impossible de ne pas remarquer l'étincelle de colère qui brulait dans ses yeux glacés. Avec une rage visible, il me dit :
-    Comment a-t-elle su ?
-    Quand tu es venu au journal... Tout le monde t'a vu...
-    Je croyais que tu t'étais assuré que personne ne dirait rien ?
-    Pour Fanny, c'est différent...
  Je repensai aux paroles d'Eva, elle m'avait soutenu que Fanny se vengerait de l'humiliation que je lui avais fait subir.
-    Et en quoi est-ce différent ?
-    J'ai couché avec elle, et je lui ai dit que je ne voulais pas... Avoir de vraie relation, que c'était juste comme ça.
-    Et c'est à moi de payer ton manque total de discernement ! Ton incapacité à garder ton sexe dans ton pantalon ! Est-ce que tu te rends compte de ce qui est en train d'arriver ? Est-ce que tu t'en rend compte ? Tu sabotes tout ! Est-ce que tu as ne serait-ce qu'une petite idée du bordel que tu as foutu ? Je ne peux pas me permettre de voir ce genre de photos dans la presse ! Je te l'ai dit !
-    Mais je n'ai rien demandé ! Ca ne me fait pas plus de bien qu'à toi !
-    Mais tu te fous de ça !
-    Non !
-    Personne ne te jugera là-dessus, tout le monde se fout de tes préférences sexuelles ! Tu n'es... Rien.
-    De quel droit est-ce que tu dis ça ? hurlai-je, la gorge serrée par la colère. Tu as... Tu as l'égo le plus surdimensionné que j'aie jamais vu !
-    Va-t-en !
-    Je ne partirai pas !
-    Tu vas partir, tu prends toutes tes affaires et tu te tires ! Immédiatement ! Je ne veux plus te voir ici ! Tu as foutu ma carrière en l'air ! Tu as tout foutu en l'air ! Alors, aie au moins la décence de te tirer !
-    Je suis désolé !
-    Je me fous de tes excuses ! C'est trop tard ! Si mon éditeur a refusé de te laisser publier ton putain d'article, il y avait une bonne raison ! Et tu oses me faire ça, après ce que j'ai fait pour toi ! Sans moi, tu n'es rien, et tu me poignardes dans le dos ! Tu fous ma carrière en l'air pour une putain d'histoire de cul ! Parce que tu est trop faible pour résister à tes pulsions !
-    Je suis navré !
-    Arrête de gémir, fous-moi la paix ! Je ne veux plus te revoir chez moi ! Est-ce que c'est clair ? Je ne veux plus te revoir tout court ! Je veux que tu t'en ailles, je ne veux plus avoir affaire à toi ! Tu as détruit ce que j'ai mis des années à construire ! Tu as piétiné ma carrière ! Tu n'es qu'un sale...
-    Je suis...
-    Quoi ? Tu es désolé ? Tu aurais du y penser avant ! Tu es pathétique !
-    Je n'imaginais pas que...
-    Tu n'imagines rien ! Tu n'as même pas l'air de te rendre compte de l'impact de l'énorme connerie que tu as faite ! Tu viens de me couler !
-    Ils comprendront...
-    Qui comprendra ? Hein ? Qui ? Qui, Gabriel ? J'ai pris un risque énorme pour que tu sortes cet article, j'ai du négocier avec ma maison d'édition, j'ai du faire la promesse de ne pas faire de vagues, et tu débarques, tu fous tout en l'air et tu t'excuses en me disant qu'ils comprendront ? Tu te mettrais à genoux que je ne croirais pas plus en tes excuses, d'ailleurs, je suis étonné que cela ne soit pas déjà fait ! Tu as démoli tout ce que j'ai créé ! Il ne t'a fallu qu'un mois ! Je ne veux plus te voir ici ! Je ne veux plus te voir du tout ! Je veux que tu t'en ailles immédiatement et que tu emmènes tout ce qui t'appartiens ! Je ne veux plus jamais entendre parler de toi ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? Plus jamais !
-    Tu ne peux pas...
-    Si, je peux ! Je peux te demander de faire ce que je veux, tu le feras ! Alors, je t'ordonne de partir de chez moi ! Tout de suite ! Tu as tout gaché ! Tout est de ta faute ! Je vais tout perdre ! A cause de toi ! Va-t-en !
-    Je t'en prie...
-    Fais tes bagages, quand je reviendrai, je ne veux plus te voir ici, je ne veux plus te voir nul part ! rugit-il en claquant la porte d'entrée sur lui.
  Je fis mes bagages et claquai à mon tour la porte sur mon amant et mon histoire, disparus de ma vie aussi vite qu'ils y étaient entrés.

 

Alors à la base, ce chapitre devait faire partie de la prochaine mise à jour, mais je me suis dit que je n'allais pas vous faire languir plus longtemps, vu que vous aviez toutes l'air affolé à l'idée qu'il arrive quelque chose de grave. Donc voilà !

Merci encore à toutes celles qui laissent des commentaires, je ne vous le répéterai jamais assez, mais également merci aux anonymes qui lisent mon histoire ! 

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre XLIII.

  • Kanae

    lun 24 aoû 2009 16:12

    Comment ça j'ai pleurée ? Non j'ai pas pleurée moi ... *pars se cacher* non , en fait, oui. Je crois que je suis sentimentale.

  • cicipouce mailto

    dim 28 déc 2008 09:10

    mais quelle sale P*te !! non mais je le crois pas
    Eva avait raison ...

  • saitoo

    sam 03 mai 2008 19:46

    ho mon dieu je vais mourir !!!!!!!!
    pourquoi il le jette dehor !!!!!!!!!!!!!!!!
    m'énerve !!!!!!!!!!!!!!!!!
    * la meuf à fond ds l'histoire*

    ps: désolé c mon 2 com ( je croix ^^" ) j'étais tellement à fond ke j'en est oublier de mettre des com -_-" vraiment désolé

  • Cracotte

    dim 13 jan 2008 18:37

    Ah mais Aah maiiiis nooon
    La saleté > Jl'a deteste jvais la tuer !!!
    Part pas

  • caroline

    ven 21 déc 2007 16:41

    Roh mon Dieu !

    Quel boulversement si soudain alors que tout paraissait marcher :O !

    En tout cas même dans des scènes pareilles ton talent réussit à mettre des émotions !

    Gros bisous

  • Mawiie

    mer 19 déc 2007 15:05

    Coucou Claire =)

    Oui je sais passe pas souvent mais ne ten fait pas je passe quand même xD !
    Enfin voilà moi j'aime venir quand il y a beaucoup de truc a lire sinon aprés je peut cométre des meurtres xD
    Enfin quoi que là aussi j'ai des envies de meurtre ><'
    Naaan pas possible c'est trop horiiible !
    Rhalala pauvre Gabriel =/
    Vite la suite la suite la suiite xD
    Bonne continuation et a dans quelques chapitres ^^'
    Bisouuus

  • nana_chan

    dim 16 déc 2007 21:36

    on atan la suite emmmmmm (en mode zboude !!!!!!!!!!!) lol mdr allé vive toi et ta fic !!!! enfin entrenous toutes c'est plutôt un roman !!!!!!! jadore sa !!!!! lol ^_^

  • Yue

    dim 16 déc 2007 18:27

    MDR je t'imagine trop pas comme ça XD Et puis, sa ma bien fais rire cetet petite situation ^^ et le fait que tu m'en parle me fait plaisir ^^ bon aller, je vais réviser, jai un gros control et jai encore rien foutu (et la sa va etre dure)
    BisouxXx ^^

  • Srevi

    sam 15 déc 2007 18:26

    Oui, c'est vrai ! C'est sa faute !!! N'importe quoi ! On est deux dans une relation, très cher Andreï...

  • Mahea

    sam 15 déc 2007 13:33

    Je suis carrément toute retournée là... Les mots d'Andreï sont tellement blessants.. Je plains le pauvre Gabriel ( je sais ce n'est qu'une histoire mais bon =D)
    De plus, tu écris tellement bien que j'avais l'impression que ces mots m'étaient destinés...




 

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