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Chapitre LIII.  posté le vendredi 11 janvier 2008 20:30


  Quelques minutes s'écoulèrent durant lesquelles nous restâmes immobiles et silencieux, le souffle court. Andreï se leva alors et commença à se rhabiller.
-    Alors, je ne peux pas disposer de toi quand j'en ai envie ? demanda-t-il en haussant un sourcil.
-    C'est parce que j'en avais également envie, répondis-je en remontant mon pantalon.
  Il me lança un regard de défi et alluma une cigarette en prenant la direction de sa chambre dans une démarche plus sexuelle que sensuelle.
-    Je voulais... Parler, articulai-je.
-    Est-ce que tu ne voudrais pas oublier tes questions stupides jusqu'à demain matin ? demanda-t-il sans se retourner.
-    Pardon ?
-    Tu as très bien compris ce que je voulais dire, dit-il d'une voix qui ne laissait aucun doute sur ses projets de la nuit.
  Il ouvrit la porte de la chambre et me lança un sourire en coin. Je le suivis et nous fîmes l'amour toute la nuit, sans parler, juste pour évacuer un désir qui ne m'avait pas quitté depuis trois mois. Et c'est avec plaisir que je constatai que l'empressement de mon amant ne faiblissait pas non plus, révélant, je l'espérais une frustration qui s'estompait dans l'épanouissement de ce qu'il avait désiré durant notre séparation.
  Le lendemain matin, le soleil nous trouva, l'écrivain et moi, enlacés et profondément endormis. Lorsque j'ouvris les yeux, j'eus l'impression que nous n'avions jamais été séparés tandis que la plénitude m'envahissait. Mais je fus tiré de ma béatitude par une rapide réminiscence de la veille : il me restait de nombreuses questions à poser à l'homme qui sommeillait à mes côtés. Toutes ces interrogations se bousculaient dans mon esprit encore engourdi par le sommeil. Je n'avais qu'une vague idée des raisons de son départ et je désirais entendre ses explications, même si je doutais de sa bonne volonté à ce sujet. Il refuserait certainement d'entamer une conversation qui risquerait de l'obliger à se dévoiler, encore et toujours entravé par son habitude de n'exposer de lui qu'une image travaillée et erronée.
  Lorsqu'il battit des cils avec douceur, je ne lui laissai pas le temps de prononcer un mot, espérant que son engourdissement relatif serait propice à la franchise.
-    Pourquoi est-ce que tu parti ?
-    Je crois que c'est évident, répondit-il en passant la main dans ses cheveux pour les discipliner, en vain.
-    Ca ne l'est pas pour moi, en tout cas.
-    Pour attendre que le vent du scandale cesse de souffler, quoi d'autre ?
  Quoi d'autre, en effet ? J'avais bêtement tenté d'appliquer mes théories romantiques à sa personne, imaginant qu'il ait pu chercher à s'éloigner de moi pour se préserver de ces sentiments qui le rebutaient. Mais qui étais-je pour prétendre avoir tant d'influence sur cet homme dont l'adage était sans aucun doute "ni Dieu, ni maître" ? Je me sentis soudainement honteux d'avoir imaginé avoir un quelconque ascendant sur Andreï. Comme s'il était capable de lire dans mes pensées, il leva un sourcil .
-    Pourquoi as-tu accepté que je reste ici cette nuit alors qu'il y a trois mois tu ne voulais plus me revoir ?
-    Il faut croire que ça me manquait, répondit-il dans un regard pénétrant.
  Il n'était pas nécessaire de faire preuve d'une grande imagination pour visualiser ce que ce "ça" signifiait. Son expression n'exprimait que la sexualité, excluant tout à fait le facteur humain, n'y associant que le jeu. Il remarqua mon trouble mais ne tenta rien pour m'en sortir, il n'était pas de ceux qui étaient prêts à remplacer le "ça" par le "tu", il n'était tout simplement pas de ceux qui acceptent d'injecter sentiments et émotions dans une relation apparemment sans contrainte.
  Soudainement, je me remémorais la femme brune qu'il accompagnait à l'enterrement de Patrick et dans un mouvement brusque, je m'éloignai de lui pour me relever à moitié. J'avais préféré oublier cette barrière à l'épanouissement de mon désir, mais la vague de plaisir passée, elle m'apparut, obsédante, terrible substitut à Daphné.
-    Mais cette femme... Celle qui était à l'enterrement...
-    Oui ?
-    Elle et toi, vous...
-    Oui, on couche ensemble.
-    Mais tout n'est pas question de sexe !
-    Si, mais passons. Où est-ce que tu veux en venir ? Je couche régulièrement avec Dolorès, et ensuite ?
  La femme trompée avait désormais un prénom et cela ne fit que renforcer le sentiment de culpabilité qui germait en moi depuis quelques minutes.
-    Elle sait que tu la trompes ?
-    En quoi est-ce que ça la regarde ?
-    Mais c'est une question de respect !
  Ma colère puritaine face à son comportement masquait en réalité la terrible déception d'avoir été remplacé si vite. Il se permettait de s'envoyer en l'air tandis que, seul, je pleurais encore son départ.
-    Tu es vexé, dit-il dans un sourire en coin.
-    Pourquoi est-ce que je serais vexé ?
-    Le problème, Gabriel, est de réussir à faire la différence entre l'apparence et le réel, entre le calcul et la spontanéité. Crois-tu que cette femme fade m'attire réellement ? m'interrogea-t-il avant d'ajouter dans un sourire évocateur : à part quelques avantages d'ordre purement physique, évidemment.
-    Alors pourquoi continuer à vous mentir à tous les deux ?
-    Je te croyais plus intelligent que ça, répondit-il d'un ton cassant. Elle aussi a eu droit à sa petite photographie dans le journal, accompagnée de mon démenti. Est-ce que tu commences à comprendre ?
-    Est-ce qu'elle sait que tu te contentes de te servir d'elle ? dis-je avec une colère presque dégoutée.
-    Je suppose que oui... Et j'imagine qu'elle espère me changer. Ne lève pas les yeux au ciel, vous n'êtes pas si différents tous les deux.
  Je laissai le temps à ces mots d'imprégner mon être, pour appréhender la vision qu'Andreï se faisait de moi. Mais avait-il tort ?
-    Tu es jaloux ? me demanda-t-il avec une pointe d'amusement dans la voix.
-    Moi ? Pas du tout, mentis-je.
-    Tu mens si mal...
-    Est-ce que l'on va se revoir ? demandai-je à brûle-pourpoint, sans autre préambule.
  Il parut surpris mais son visage reprit rapidement son agaçante impassibilité.
-    Pourquoi voudrais-tu que l'on se revoit ?
  La spontanéité de sa réponse me décontenança, me laissant incapable de prononcer autre chose qu'un "euh" gêné.
-    Tu crois que je n'ai pas oublié ? reprit-il. Les mentalités n'ont pas évoluées en quelques mois et tu restes toujours un danger pour ma carrière. Arrête de me regarder comme tu le fais, je ne t'ai jamais rien promis. Je ne t'ai pas dit que tout pourrait redevenir comme avant. J'ai fait preuve de faiblesse, mais je ne compte pas faire cette erreur une seconde fois. Dis-toi juste que c'était une nuit agréable entre deux adultes consentants.
-    Non !
-    Comment ça, "non" ?
  Je pris une grande inspiration, moi-même surpris par le refus que je venais d'opposer à celui que je n'avais jamais osé contredire.
-    Je veux plus qu'une simple nuit ! Tu n'as pas le droit de te servir de moi à des fins purement sexuelles et égoïstes, juste pour te prouver que tu as le contrôle ! Je ne suis pas une chose que tu accueilles pour la rejeter ensuite ! Tu n'es pas le seul à avoir des envies ! Je t'interdis de te servir de moi !
-    Je me servirais de toi si tu n'étais pas si consentant, mais tu acceptes tête baissée tout ce qui t'est proposé, tu attends l'événement, incapable de le créer seul. Dans ces conditions, il est évidemment facile de n'être qu'une victime de la vie.
-    Mais est-ce que tu ne pourrais pas mettre en veilleuse ton insupportable méchanceté de temps en temps ? Est-ce que tu ne peux pas comprendre que tes actes et tes paroles peuvent affecter ton entourage ?
-    Si je suis si difficile, pourquoi ne te contentes-tu pas d'une simple nuit ?
-    Mais parce que la frontière entre la haine et...
  L'amour, allais-je ajouter. Sa question m'avait déjà traversé l'esprit, en effet, pourquoi tenais-je tant à rester à ses côtés ? La réponse était simple et il l'avait évoquée lui même : j'espérais inconsciemment être en mesure de le changer. Il m'avait déjà incidemment dévoilé des facettes de sa personnalité qui m'avait touché par leur sincérité et leur humanité, contrastant tellement avec ce masque qu'il offrait en général à la vue de tous. Ainsi, ces quelques moments de spontanéité suffisaient à accroître l'amour immodéré que je ressentais pour lui, imaginant sottement qu'avec le temps il se laisserait aller à une franchise confiante. Il m'était également impossible d'ignorer que les raisons de mon obstination avaient à voir avec la domination qu'il exerçait sur moi, et je me sentais comme victime du syndrôme de Stockholm. Je ne pouvais qu'être impressioné et attiré par sa beauté, son charme, sa classe, son talent et tous ces autres détails qui faisaient de lui cet homme si particulier.
  Son regard interrogateur interrompit le fil de mes réfléxions.
-    Oui, enfin, balbutiai-je.
-    Je pensais que tu avais assez de décence pour ne pas débiter de telles banalités avec autant de conviction mais il semble que je me suis lourdement trompé. Toutes mes félicitations, tu es passé maître dans l'art des lieux communs.
-    Est-ce que tu vas arrêter de toujours te foutre de moi ? Ca flatte ton ego de faire ça ? Tes sarcasmes n'amusent que toi ! Si je suis venu te voir, ce n'est pas pour subir tes humeurs et tes humiliations perpétuelles !
-    Pour quoi, alors ?
  Mais parce que je t'aime, aurais-je voulu répondre. Cependant, je n'en fis rien, ne sachant que trop que cette déclaration aurait tôt fait de lui donner une raison de me quitter à nouveau. De me quitter ? Encore aurait-il fallu que nous ayons une relation. Je sentis mon ventre se serrer.
-    Mais je n'en sais rien ! Je... Je suis prêt à faire des efforts, je veux que toi et moi on... On soit de nouveau ensemble.
-    Impossible, dit-il avec froideur.
-    Mais c'est si...
-    Non.
  Il se leva et enfila un boxer et un pantalon. Je ne me lassai pas d'admirer ce torse terriblement bien dessiné qui s'offrait à mon regard. Après un certain temps de contemplation, je levai les yeux vers son visage sur lequel s'imprimait une expression soucieuse. Il passa la main dans ses cheveux qu'il tira en arrière avant de dire, presque à voix basse :
-    Bon, tu peux rester pour le petit déjeuner.

Pour ce qui est de mon autre fiction, comme elle semble vous intéresser, je vis attendre d'avoir un peu avancé et j'en posterai le début sous peu. Je vous tiens au courant !

Bises à toutes. 

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre LIII.

  • Mawiie

    lun 14 jan 2008 06:59

    Pour faire court je vais te dire merci =)
    Parceque si je comence a métaler sur ce chapitre on en pour des heures xD !
    Bisouuus et continue comme sa ! x33

  • Cracotte

    dim 13 jan 2008 20:04

    Mais pourquoi il le rejette tout le tps ???!!!!
    :'(
    Vivement la suite

  • nana_chan

    dim 13 jan 2008 15:10

    coucou c t pour te demander parce que tout le monde dit que raphael se ressemble et comme moi je suis nouvelle je l'est pas lu et sa m'intrigue beaucoup je dois dire ! alors je me disais si tu pouvais me passé l'adresse du blog ou ton histoire qui a pour personnage principaux rafael je voudrais vraiment la lire
    tien mon adresse

    la_misslatina93^hotmail.fr envoi moi un mail ou quelque chose mdr gros bisoux courage pour la suite qon attend toute !!!

  • Elle Sid

    sam 12 jan 2008 21:59

    punaise >_<
    c'est pas possible comme j'aime ton style...
    tu cris trop bieeeeeeeeeeeeeen !
    dès le premier mot j'ai cette sensation dans le ventre, comme lorsque tu es amoureuse :
    entre l'angoisse et l'envie grandissante...
    j'adore cette snesation >_<
    bon, en tout cas,
    il est vraiment chiant Andreï XD

  • Mymic mailto

    sam 12 jan 2008 13:28

    *Bon, tu peux rester pour le petit déjeuner.* trop choupi ^^

  • Marion

    sam 12 jan 2008 12:59

    Je lis ta premiére histoire depuis trés lontemps, et j'ai commencé a lire celle la sans savoir qui tu étais !
    Puis je me suis vite rendu conte, il faut dire que rafael et andrei posséde quelques similitudes n'est-ce pas ?
    Je tiens a te dire un grand bravo , tu écris magnifiquement bien, tes histoires sont sublimes ,trés franchement sans te lécher les bottes je n'y trouve rien a redire, tes personnages sont si humains et si attachant , on s'y retrouve parfaitement , tu décris tellement bien les relations humains sans jamais tomber dans les clichés, tu tiens jusqu'au bout les caractére de tes personnages, tu ne tombes jamais dans la facilité, c'est vraiment les meilleures histoires que j'ai pu lire sur le net.
    Je pense que tu dois étre quelqu'un de trés bien et qui comprend beaucoup de choses.
    Rafael et andrei sont des personnages excrécable, égocentrique au possible , mais en même temps on les sent terriblement fragile, c'est une carapace dont ils se recouvrent et c'est ce qu'il nous fait nous attacher a eux , parce-que, qu'est-ce qu'on les aime ces ptits cons^^
    Je n'ai pas le souvenir d'avoir laisser des comms sur tes histoires, honte a moi , mais j'avoue que la paresse est un de mes grands défauts et je m'en excuse mais sache que j'admire ce que tu fais et je te remercie de nous faire partager ton talent !


  • piline

    sam 12 jan 2008 11:55

    on ne peut pas dire que sle départ d'Andrei la changer ^^ mais bon la nuit puis le epti déj ça veut bien drie qu'il tient un peu quand même à ce pauvre Gaby XD

    ahhh la suite ^^

  • Yue

    sam 12 jan 2008 02:16

    Je sens qu'on avance!!!!"je levai les yeux vers son visage sur lequel s'imprimait une expression soucieuse" A mon avis, il commence à cojité (je crois qu'il cojite deja en fait), mais qu'est ce que j'aimerai qu'enfin il réalise!!!!!!!! Andrei!!! BOUGE TON CUL!!!! Roohh Claire, je m'en lasse pas de ta fic!!! Si belle!!! J'adore!!!!! je me sens à fond investi dans le personnage de Gabriel!!!je suis anxieuse des que je lis et tellement absorbé....quelle douce drogue XD

  • Dadoune

    sam 12 jan 2008 00:46

    Rolala il me fait de la peine Gabriel
    Mais s'il lui a proposer de rester au petit déjeuné après une telle conversation c'est qu'il est un minimum attaché a lui, non?

  • nana_chan

    sam 12 jan 2008 00:18

    a je les attendu lol mé bon andrei alala celui la !!!!!!!!!!!! povre ti gabi quand esce que sava évolué leur relation? Et puis l'histoire du pere qui est sorti de prison ? se pasera t-il quelque chose et Andreo se rendra -compte qu'il aime enfin de compte Gabri et qu'il a peur de la perdre ??? que d'interogation qui jesperons trouveras leur répnse au fil des nombreux chapitre a venir XD lol gros bisous et courage pour la suite !!!!!!!!




 

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