Le lendemain après-midi, je
me réveillai dans un lit qui n'était pas le mien et
je réalisai alors que tout cela n'avait pas
été qu'un doux rêve. Je me retournai pour
constater que l'oreiller voisin du mien était
inoccupé. Je me levai et, attiré par le bruit de la
cafetière, j'entrai dans la cuisine pour y trouver
Andreï torse-nu et négligemment adossé contre
l'évier. Il semblait aussi peu éveillé que moi
et ses cheveux ebouriffés qui encradraient un visage encore
marqué par le sommeil ne détonaient pas avec cet
état de fatigue général qui émanait de
lui.
- Bonjour, murmura-t-il.
- Bonjour, ça n'a pas l'air d'aller.
- Juste une migraine, dit-il en lançant un regard éteint à la cafetière.
- La vodka ?
- Certainement.
La veille, j'avais renoncé à dénombrer le nombre de verres emplis du liquide transparent qu'il avait ingurgité. La seule certitude que je pouvais avoir à ce sujet était que la moitié de ceux-ci auraient suffit à m'occasionner un coma éthylique.
- Il va vraiment falloir que je te pose des questions.
- Es-tu vraiment obligé de faire cet article ?
- Si je ne le fais pas, Patrick va me tuer et comme tu peux l'imaginer, je...
Je m'interrompis alors qu'il haussait un sourcil interrogateur, prenant conscience du lapsus qui venait de franchir le seuil de ma bouche.
- Enfin... Pas Patrick...
Mais il me fut impossible de terminer ma phrase, ébranlé par la resurgence soudaine de mon ancien rédacteur en chef. Ma détresse suite à son décès avait été éclipsée par la soudaine réapparition d'Andreï et je n'avais pas réellement eu l'occasion de faire le deuil de mon père spirituel, nouvelle preuve de l'ascendant sur moi que pouvait avoir sur moi l'homme exténué qui me faisait face et concentrait toutes mes pensées. Je levai les yeux pour constater qu'Andreï me regardait avec compassion, ou pitié, il m'était difficile de le déterminer.
- Tu l'aimais bien, n'est-ce pas ?
- Je crois que je lui devais tellement que oui, murmurai-je, tentant vainement de contenir les larmes qui me montaient aux yeux. J'aurais voulu lui dire que...
- C'est trop, tard, il est inutile de regretter.
- Je ne suis pas comme toi ! Il m'arrive de ressentir le poids de la culpabilité et d'avoir des remords.
- Il ne peut pas t'entendre. Quelle est l'utilité de te torturer ainsi ?
- Tout n'est pas toujours une question d'utilité, tout le monde n'est pas aussi pragmatique que toi. Bien sûr que je ne peux plus rien y faire, mais ça ne m'empêche pas de me dire que j'aurais du agir autrement.
Il me tendit une tasse de café fumant tout en haussant les épaules.
- Tu n'as jamais perdu un être cher ?
Il tressaillit.
- Si.
- Et tu ne t'es jamais dit que tu regrettais de ne pas avoir pu lui dire tout ce que tu voulais avant qu'il ne disparaisse.
- Je n'ai jamais rien eu à leur dire, dit-il en claquant la porte de la cuisine derrière lui.
Je restai immobile quelques minutes, sans prêter attention à la tasse qui brulait ma paume. Accepterait-il un jour de me parler de lui, ou plutôt d'évoquer avec moi des sujets qu'il se refusait à aborder ? Je ne connaissais rien de sa situation familiale et mon intuition me portait à croire que ses dernières paroles étaient intimement liées à ce secret qu'il entretenait autour de son passé.
Je sortis donc également de la cuisine et frappai à la porte close de son bureau.
- Entre.
- Je te dérange ? demandai-je en poussant la porte.
- Comme d'habitude, répondit-il sans quitter son écran des yeux.
- Tu écris encore, constatai-je sans tenir compte de sa précédente remarque.
Il ne répondit pas et j'allai prendre place sur la chaise voisine de la sienne qui semblait ne pas avoir été déplacée depuis trois mois. Combien de personnes s'étaient-elles déjà tenues à ma place ? Je sentis le poison de la jalousie se répandre dans mes veines.
- Je peux te poser une question ?
- Je t'ai déjà dit que je n'avais pas la tête à ça, note-les sur un papier et je te rédigerai mes réponses.
- Ce n'est pas pour mon article.
Il haussa un sourcil et le pianotement de ses doigts sur les touches s'interrompit.
- Non.
- Quand tu as dit que tu n'avais jamais rien eu à leur dire, de qui est-ce que tu parlais ?
- Je crois t'avoir dit que je ne voulais plus entendre tes questions, répondit-il d'une voix neutre.
- Je voudrais juste savoir...
- Cela ne te regarde pas, dit-il alors que ses doigts recommençaient à parcourir les touches.
- Je t'ai raconté énormément de choses à propos de moi, mais je ne sais rien de toi.
- Je ne t'ai pas forcé la main, si tu éprouves le besoin de t'étendre sur ta vie, libre à toi, mais ne me demande pas de faire preuve d'autant de faiblesse. Je ne suis pas comme toi.
- Mais normalement, dans une relation, il est normal de...
- Arrête un peu avec ta norme, je ne suis pas ton ex-compagne, d'accord ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire.
- Je suis comme je suis et si cela ne te plaît pas, je ne te retiens pas.
- Ce n'est pas ça, murmurai-je, blessé par ses derniers mots.
Ses doigts cessèrent leur manège et d'un geste vif, il referma l'écran de son ordinateur avant de se tourner vers moi et de plonger son regard glacé dans le mien.
- Qu'est-ce que tu attends au juste ?
- Je ne sais pas vraiment...
- Je ne serai pas une épaule consolatrice, je ne serai pas ton amant officiel, je ne serai jamais celui que tu aimerais que je sois. Tu le sais, alors qu'attends-tu de moi ?
- Je n'attends rien. Je n'attends plus rien. Je ne fais qu'espérer.
- Et qu'espères-tu ?
- Qu'on a peut-être un avenir, toi et moi.
Un sourire en coin crispa furtivement son visage et il soupira :
- Je ne comprends vraiment pas ce que je fais avec toi...
Ses lèvres étouffèrent mon indignation dans un baiser passionné et alors que je sentis sa main s'attarder sur mon bassin, je reculai brusquement pour crier :
- Ca ne se passe pas comme ça !
- Ah oui ? demanda-t-il dans un miaulement explicite.
Ses lèvres prirent à nouveau les miennes et je me laissai aller à un gémissement désapprobateur lorsque ses mains commencèrent à parcourir mon torse. Ce contact m'avait terriblement manqué et je m'abandonnai à ses caresses expertes. Il se leva et je l'imitai pour me retrouver instantanément propulsé contre le mur du bureau dans un bruit mat, il se plaqua contre moi et je commençai à onduler contre son corps tandis que sa bouche prenait de nouveau possession de la mienne. Il saisit mon bassin entre ses mains pour me presser plus encore contre lui et sa langue s'égara dans mon cou pour en apprécier humidement les reliefs. Je sentis ensuite la pointe de celle-ci descendre encore et encore le long de mon torse jusqu'à ce que mon amant ne soit face à ma boucle de ceinture et qu'il ne la défasse avec violence pour prendre mon sexe dans sa bouche, m'arrachant un soupir de désir. Malgré sa position de faiblesse, Andreï gardait tout son ascendant sur moi mais, pour une fois, je me sentis infimement dominer et cela renforça encore le plaisir que me procuraient les allers et retours de ses lèvres sur ma verge. Alors que, torturé par sa langue experte, je sentis monter en moi la jouissance, mon amant se recula avant de se relever pour m'embrasser avec force, je lui répondis avec toute la soumission dont j'étais capable. D'un geste, il saisit mes hanches pour me retourner contre le mur et il se pressa contre moi, écrasant mon torse sur le mur glacé. Je sentis de légères morsures de plus en plus prononcées couvrir mes épaules et je ressentis le plaisir que prenait Andreï à retarder le moment fatidique que mon corps appelait et désirait connaître à nouveau. Sa langue parcourait ma nuque et mes épaules dans des caresses sensuelles tandis que ses mains tenaient encore, fermement emprisonné, mon bassin. Au terme de minutes qui me parurent éternelles, mon amant se décida enfin et je perçus le claquement sec de sa boucle de ceinture qui s'ouvrait. Je fermai alors les yeux tandis qu'il prenait possession de mon corps avec une douceur que ne laissait pas augurer sa violence première. La douleur me traversa une nouvelle fois, fulgurante et déchirante mais nettement moins intense qu'auparavant et elle laissa rapidement place à un plaisir grandissant que perçut Andreï. Ses mouvements d'abord lents et intermittents laissèrent place à des coups de reins énergiques et réguliers qui m'arrachaient des gémissements toujours plus sonores. Le souffle rauque de mon amant dans mon oreille m'excitait tout autant que sa présence en moi et, dans un geste désordonné, je posai ma main sur la sienne qui maintenait encore fermement mes hanches.
Lorsque je sentis la jouissance prendre possession de mes sens, je serrai les dents, tentant de prolonger encore ce moment avant la douce délivrance. Andreï ne semblait pas faiblir et ses mouvements se firent plus rapides tandis que son souffle s'accélérait également. Je ne pus retarder plus longtemps mon éjaculation et alors que je jouissais, je sentis toute mon énergie s'envoler dans un gémissement de plaisir. Quelques secondes plus tard, le souffle court d'Andreï laissait place à une respiration plus irrégulière et sonore tandis que ses membres se figeaient dans une crispation voluptueuse.
Je sentis ses mains abandonner mes hanches et il se laissa tomber dos au mur, une jambe étendue et un genou plié. Epuisé, je m'effondrai également sur le sol pour poser ma tête sur sa cuisse. Il n'eut qu'à tendre la main pour saisir le briquet et le paquet de cigarettes qui trainaient sur son bureau. Il en alluma une et passa la main dans ses cheveux en exhalant la fumée bleutée qui se perdit dans l'espace de la grande pièce vide.
- Andreï ?
- Hum ?
- Est-ce que tu te demandes vraiment ce que tu fais avec moi ?
- Oui.
Je détournai mon regard du sien pour ne pas y lire le mépris qui ne manquerait pas de le teinter. Il ajouta alors :
- Mais si je le savais, cela n'en vaudrait plus la peine.
Je souris et je fus le seul, cependant, cela m'importa peu, ce que venait de dire mon amant le dispensait de cet exercice.
- Bonjour, murmura-t-il.
- Bonjour, ça n'a pas l'air d'aller.
- Juste une migraine, dit-il en lançant un regard éteint à la cafetière.
- La vodka ?
- Certainement.
La veille, j'avais renoncé à dénombrer le nombre de verres emplis du liquide transparent qu'il avait ingurgité. La seule certitude que je pouvais avoir à ce sujet était que la moitié de ceux-ci auraient suffit à m'occasionner un coma éthylique.
- Il va vraiment falloir que je te pose des questions.
- Es-tu vraiment obligé de faire cet article ?
- Si je ne le fais pas, Patrick va me tuer et comme tu peux l'imaginer, je...
Je m'interrompis alors qu'il haussait un sourcil interrogateur, prenant conscience du lapsus qui venait de franchir le seuil de ma bouche.
- Enfin... Pas Patrick...
Mais il me fut impossible de terminer ma phrase, ébranlé par la resurgence soudaine de mon ancien rédacteur en chef. Ma détresse suite à son décès avait été éclipsée par la soudaine réapparition d'Andreï et je n'avais pas réellement eu l'occasion de faire le deuil de mon père spirituel, nouvelle preuve de l'ascendant sur moi que pouvait avoir sur moi l'homme exténué qui me faisait face et concentrait toutes mes pensées. Je levai les yeux pour constater qu'Andreï me regardait avec compassion, ou pitié, il m'était difficile de le déterminer.
- Tu l'aimais bien, n'est-ce pas ?
- Je crois que je lui devais tellement que oui, murmurai-je, tentant vainement de contenir les larmes qui me montaient aux yeux. J'aurais voulu lui dire que...
- C'est trop, tard, il est inutile de regretter.
- Je ne suis pas comme toi ! Il m'arrive de ressentir le poids de la culpabilité et d'avoir des remords.
- Il ne peut pas t'entendre. Quelle est l'utilité de te torturer ainsi ?
- Tout n'est pas toujours une question d'utilité, tout le monde n'est pas aussi pragmatique que toi. Bien sûr que je ne peux plus rien y faire, mais ça ne m'empêche pas de me dire que j'aurais du agir autrement.
Il me tendit une tasse de café fumant tout en haussant les épaules.
- Tu n'as jamais perdu un être cher ?
Il tressaillit.
- Si.
- Et tu ne t'es jamais dit que tu regrettais de ne pas avoir pu lui dire tout ce que tu voulais avant qu'il ne disparaisse.
- Je n'ai jamais rien eu à leur dire, dit-il en claquant la porte de la cuisine derrière lui.
Je restai immobile quelques minutes, sans prêter attention à la tasse qui brulait ma paume. Accepterait-il un jour de me parler de lui, ou plutôt d'évoquer avec moi des sujets qu'il se refusait à aborder ? Je ne connaissais rien de sa situation familiale et mon intuition me portait à croire que ses dernières paroles étaient intimement liées à ce secret qu'il entretenait autour de son passé.
Je sortis donc également de la cuisine et frappai à la porte close de son bureau.
- Entre.
- Je te dérange ? demandai-je en poussant la porte.
- Comme d'habitude, répondit-il sans quitter son écran des yeux.
- Tu écris encore, constatai-je sans tenir compte de sa précédente remarque.
Il ne répondit pas et j'allai prendre place sur la chaise voisine de la sienne qui semblait ne pas avoir été déplacée depuis trois mois. Combien de personnes s'étaient-elles déjà tenues à ma place ? Je sentis le poison de la jalousie se répandre dans mes veines.
- Je peux te poser une question ?
- Je t'ai déjà dit que je n'avais pas la tête à ça, note-les sur un papier et je te rédigerai mes réponses.
- Ce n'est pas pour mon article.
Il haussa un sourcil et le pianotement de ses doigts sur les touches s'interrompit.
- Non.
- Quand tu as dit que tu n'avais jamais rien eu à leur dire, de qui est-ce que tu parlais ?
- Je crois t'avoir dit que je ne voulais plus entendre tes questions, répondit-il d'une voix neutre.
- Je voudrais juste savoir...
- Cela ne te regarde pas, dit-il alors que ses doigts recommençaient à parcourir les touches.
- Je t'ai raconté énormément de choses à propos de moi, mais je ne sais rien de toi.
- Je ne t'ai pas forcé la main, si tu éprouves le besoin de t'étendre sur ta vie, libre à toi, mais ne me demande pas de faire preuve d'autant de faiblesse. Je ne suis pas comme toi.
- Mais normalement, dans une relation, il est normal de...
- Arrête un peu avec ta norme, je ne suis pas ton ex-compagne, d'accord ?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire.
- Je suis comme je suis et si cela ne te plaît pas, je ne te retiens pas.
- Ce n'est pas ça, murmurai-je, blessé par ses derniers mots.
Ses doigts cessèrent leur manège et d'un geste vif, il referma l'écran de son ordinateur avant de se tourner vers moi et de plonger son regard glacé dans le mien.
- Qu'est-ce que tu attends au juste ?
- Je ne sais pas vraiment...
- Je ne serai pas une épaule consolatrice, je ne serai pas ton amant officiel, je ne serai jamais celui que tu aimerais que je sois. Tu le sais, alors qu'attends-tu de moi ?
- Je n'attends rien. Je n'attends plus rien. Je ne fais qu'espérer.
- Et qu'espères-tu ?
- Qu'on a peut-être un avenir, toi et moi.
Un sourire en coin crispa furtivement son visage et il soupira :
- Je ne comprends vraiment pas ce que je fais avec toi...
Ses lèvres étouffèrent mon indignation dans un baiser passionné et alors que je sentis sa main s'attarder sur mon bassin, je reculai brusquement pour crier :
- Ca ne se passe pas comme ça !
- Ah oui ? demanda-t-il dans un miaulement explicite.
Ses lèvres prirent à nouveau les miennes et je me laissai aller à un gémissement désapprobateur lorsque ses mains commencèrent à parcourir mon torse. Ce contact m'avait terriblement manqué et je m'abandonnai à ses caresses expertes. Il se leva et je l'imitai pour me retrouver instantanément propulsé contre le mur du bureau dans un bruit mat, il se plaqua contre moi et je commençai à onduler contre son corps tandis que sa bouche prenait de nouveau possession de la mienne. Il saisit mon bassin entre ses mains pour me presser plus encore contre lui et sa langue s'égara dans mon cou pour en apprécier humidement les reliefs. Je sentis ensuite la pointe de celle-ci descendre encore et encore le long de mon torse jusqu'à ce que mon amant ne soit face à ma boucle de ceinture et qu'il ne la défasse avec violence pour prendre mon sexe dans sa bouche, m'arrachant un soupir de désir. Malgré sa position de faiblesse, Andreï gardait tout son ascendant sur moi mais, pour une fois, je me sentis infimement dominer et cela renforça encore le plaisir que me procuraient les allers et retours de ses lèvres sur ma verge. Alors que, torturé par sa langue experte, je sentis monter en moi la jouissance, mon amant se recula avant de se relever pour m'embrasser avec force, je lui répondis avec toute la soumission dont j'étais capable. D'un geste, il saisit mes hanches pour me retourner contre le mur et il se pressa contre moi, écrasant mon torse sur le mur glacé. Je sentis de légères morsures de plus en plus prononcées couvrir mes épaules et je ressentis le plaisir que prenait Andreï à retarder le moment fatidique que mon corps appelait et désirait connaître à nouveau. Sa langue parcourait ma nuque et mes épaules dans des caresses sensuelles tandis que ses mains tenaient encore, fermement emprisonné, mon bassin. Au terme de minutes qui me parurent éternelles, mon amant se décida enfin et je perçus le claquement sec de sa boucle de ceinture qui s'ouvrait. Je fermai alors les yeux tandis qu'il prenait possession de mon corps avec une douceur que ne laissait pas augurer sa violence première. La douleur me traversa une nouvelle fois, fulgurante et déchirante mais nettement moins intense qu'auparavant et elle laissa rapidement place à un plaisir grandissant que perçut Andreï. Ses mouvements d'abord lents et intermittents laissèrent place à des coups de reins énergiques et réguliers qui m'arrachaient des gémissements toujours plus sonores. Le souffle rauque de mon amant dans mon oreille m'excitait tout autant que sa présence en moi et, dans un geste désordonné, je posai ma main sur la sienne qui maintenait encore fermement mes hanches.
Lorsque je sentis la jouissance prendre possession de mes sens, je serrai les dents, tentant de prolonger encore ce moment avant la douce délivrance. Andreï ne semblait pas faiblir et ses mouvements se firent plus rapides tandis que son souffle s'accélérait également. Je ne pus retarder plus longtemps mon éjaculation et alors que je jouissais, je sentis toute mon énergie s'envoler dans un gémissement de plaisir. Quelques secondes plus tard, le souffle court d'Andreï laissait place à une respiration plus irrégulière et sonore tandis que ses membres se figeaient dans une crispation voluptueuse.
Je sentis ses mains abandonner mes hanches et il se laissa tomber dos au mur, une jambe étendue et un genou plié. Epuisé, je m'effondrai également sur le sol pour poser ma tête sur sa cuisse. Il n'eut qu'à tendre la main pour saisir le briquet et le paquet de cigarettes qui trainaient sur son bureau. Il en alluma une et passa la main dans ses cheveux en exhalant la fumée bleutée qui se perdit dans l'espace de la grande pièce vide.
- Andreï ?
- Hum ?
- Est-ce que tu te demandes vraiment ce que tu fais avec moi ?
- Oui.
Je détournai mon regard du sien pour ne pas y lire le mépris qui ne manquerait pas de le teinter. Il ajouta alors :
- Mais si je le savais, cela n'en vaudrait plus la peine.
Je souris et je fus le seul, cependant, cela m'importa peu, ce que venait de dire mon amant le dispensait de cet exercice.



Meryl
ven 15 fév 2008 17:32