C'est après une soirée
franchement réussie et un peu trop arrosée que je
repris la direction de mon appartement. Fort heureusement, mes amis
n'habitaient qu'à quelques rues de la mienne, et
après avoir tourné à l'angle de la rue de Jouy
pour accéder à la rue de Fourcy et traverser la rue
de Rivoli, je sentis que ma tête commençait
dangereusement à tourner. Je tapai les quatre chiffres de
mon digicode en tremblant et j'entrai à temps dans mon
appartement pour m'affaler sur le canapé et m'endormir
aussitôt, le corps encore secoué de frissons tandis
que mon estomac dansait la gigue.
Je fus réveillé le lendemain matin par des éclats de rire lancés trop près de la fenêtre de ma pièce à vivre et par le soleil qui écrasait lourdement ses rayons lumineux sur mes paupières closes. Je tentai péniblement de me lever mais je poussai un gémissement en constatant que ma tête était déraisonnablement trop lourde. "Rien n'est plus traître que le punch" avait un jour dit Eva. Ce matin-là, rien ne me parut plus vrai que cette terrible maxime. C'est avec une infinie lenteur que je me levai pour me diriger vers mon armoire à pharmacie. J'étais si écoeuré que la simple idée d'avaler un comprimé de Doliprane suffit à m'occasionner un haut le coeur. Tiraillé entre un mal de crâne carabiné et une folle envie de vomir, je passai quelques secondes à délibérer en silence dans la salle de bain pour finalement avaler le cachet salvateur. Il était hors de question que j'avale de nouveau une seule goutte d'alcool. J'essayai de faire le compte du nombre de fois où j'avais pensé arrêter de boire à tout jamais mais je pris plutôt le parti d'aller me préparer un café fort. Je jetai un coup d'oeil à la pendule et constatai que j'étais dans les temps pour aller au travail. Cela dit, je doutai d'être capable de supporter le métro, puis le cliquètement des touches d'ordinateur mêlé aux conversations tandis que les imprimantes répétaient leur bruit mécanique et régulier qui résonnait dans tout l'étage. Je saisis alors le téléphone.
- Allô.
- Oui, bonjour, c'est Gabriel.
- Bonjour, tu vas bien ?
- Pas vraiment... Je voulais justement prévenir que je ne viendrais pas aujourd'hui. Je suis malade.
- Ah mince, je suis désolée. Tu viendras quand même demain ?
- Ouais, ouais, je crois que j'ai juste un début de gastro, dis-je péniblement tandis que mon estomac entamait une valse joyeuse.
- D'accord, soigne-toi, bien alors.
- Je vais faire le nécessaire, merci.
- De rien ! Bonne journée.
- A toi aussi.
Je raccrochai et me trainai jusqu'à mon lit pour y faire une longue sieste bercée de cauchemars de laquelle je n'émergeai qu'à seize heures, essoufflé et en sueur. Mon mal de crâne s'était presque dissipé mais je me sentais toujours terriblement malmené par mon ventre.
- Saloperie, crachai-je entre mes dents.
Je me mis un potage aux asperges à réchauffer avant de m'installer devant la télévision que je m'étais acheté une semaine auparavant. La sonnerie stridente du téléphone réveilla mon mal de tête jusqu'ici tapi et c'est avec empressement que je décrochai pour ensuite éloigner le combiné de mon oreille, reconnaissant la voix enjouée de ma soeur. Je ne connaissais que trop ses brusques envolées dans les aigus pour ne pas me méfier de ses capacités à faire ressurgir tout à fait ma migraine.
- Tu veux venir à la maison, ce soir ?
- Bonjour.
- Ouais, bonjour. Tu veux venir à la maison, ce soir ?
- Ce soir, je vais chez Andreï.
- Ah.
- Désolé.
- Je m'en fous, je vais me bourrer la gueule toute seule, c'est tout ce que tu mérites.
Eva analysa immédiatement, en grande experte, le grognement que je produisis malgré moi et lâcha un soupir amusé.
- T'as eu ton compte, hier, pas vrai ?
- Ouais... Du punch, dis-je en me massant le front de la main gauche.
- Le punch, il n'y a rien de plus traître...
- Je sais bien.
- Je vais te laisser mariner, appelle-moi si tu veux passer un de ces jours.
- Promis.
- Amuse-toi bien, ce soir, dit-elle d'un ton entendu.
- Je vais juste chercher un papier.
- Ouais, ouais...
- Allez, à bientôt.
- Salut !
Quinze minutes plus tard, je m'étais de nouveau endormi devant une série mal doublée.
Je fus réveillé par les aboiements d'un chien fou deux heures plus tard et c'est avec précaution que j'ouvris les yeux pour constater que le son rauque n'était que le fait d'un puissant berger allemand enfermé dans le petit écran, le grain de l'image me renseigna sur la provenance la série : allemande. Je n'aimais pas les séries allemandes, et je n'aimais pas ce chien. A vrai dire, à l'heure actuelle, je n'aimais pas grand chose. Sauf peut-être Andreï. Mon visage s'éclaira à l'idée de le revoir dans la soirée.
Je décrochai mon téléphone pour composer un numéro que j'avais appris par coeur. Lorsque je connaissais à peine l'écrivain, je n'avais aucun mal à frapper à sa porte à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, mais à présent que lui et moi étions plus intimes, je ne voulais pas gâcher cette émule de relation en m'immisçant trop dans sa vie privée et en m'imposant chez lui contre sa volonté. C'est pourquoi je fus agacé lorsque la sonnerie résonna dans le vide. Je ne voulais pas arriver chez lui à l'improviste mais il ne semblait pas être chez lui, ou du moins, avoir la moindre envie de répondre au téléphone.
Je recommençai le même manège toutes les demi-heures et ce n'est que vers vingt-et-une heure que je pris le parti de me rendre directement chez lui. Je ne voulais évidemment pas le froisser, mais il était impératif que j'aille chercher chez lui le papier sur lequel il avait noté ses réponses à mes questions.
C'est à vingt-et-une heure quarante que je frappai à la lourde porte de son appartement. Je dus attendre quelques minutes avant qu'il ne vienne ouvrir, si bien que j'eus peur qu'il ne soit absent. C'est un homme tendu qui tira la porte vers lui, son regard n'exprimait que l'agacement.
- Gabriel ?
- Euh... Bonjour, je devais passer pour récupérer le papier pour mon article.
- Oh, dit-il en s'apaisant un peu.
- Tu attendais quelqu'un d'autre ?
- Non. Pourquoi ?
- Tu as l'air stressé.
Il ne prit même pas la peine de me répondre et me désigna le salon d'un geste ample.
- Ton papier est sur la table.
- D'accord, dis-je tandis que je sentais confusément que ma présence représentait une gêne.
En poussant la porte du salon, je fus surpris de découvrir assise dans le fauteuil en cuir d'Andreï une jeune femme d'une vingtaine d'années. Elle était négligemment appuyée sur un accoudoir tandis que de longs cheveux blonds descendaient en cascade de long de sa poitrine. Elle posa ses yeux gris sur moi et me dévisagea avec attention. Sa peau très blanche formait un adorable contraste avec ses deux lèvres rouges et boudeuses, chaleureuses et accueillantes, perdues dans ce visage fin, aristocratique, carré mais superbe à la fois. Mon ventre qui s'était serré à la vue d'une femme dans le salon de mon amant se détendit soudainement et je laissai échapper un discret soupir de soulagement : elle ressemblait terriblement à son frère. Cependant, après une courte étude plus approfondie, je notai que son regard avait moins d'intensité que celui d'Andreï, il semblait plus flou. En revanche, son visage était nettement moins marqué et dur que celui de l'écrivain et elle gardait une certaine innocence tant sa ressemblance avec une poupée de porcelaine était poussée. Sa minceur conférait presque à la maigreur et une impression de fragilité se dégageait de tout son être, elle faisait partie de ces personnes que l'on a instinctivement envie de protéger.
Elle décroisa les jambes, se leva et s'avança vers moi dans une démarche lascive avant de me serrer la main.
- Bonsoir, prononça-t-elle d'une voix chaude et envoutante dans laquelle perçait un léger accent.
- Bon... Bonsoir, balbutiai-je, impressionné.
Andreï croisa les bras et s'adossa au chambranle de la porte du salon avant de soupirer.
- Je suis Selena, la soeur d'Andreï.
- Euh... Gabriel.
- Ravie de vous rencontrer. Tu ne m'avais pas dit que quelqu'un restait ce soir...
- Il ne reste pas, j'avais même oublié qu'il devait passer, dit froidement Andreï.
Elle jeta sur lui un regard boudeur et ses lèvres s'arquèrent dans une courbe sensuelle. Pour une raison qui m'était inconnue, mon amant semblait transformé par la présence de sa soeur. Alors que je le connaissais dur et indifférent, je le découvrais nerveux. Les mouvements rapides de ses yeux gris trahissaient son anxiété et je ne comprenais pas ce qui pouvait le mettre dans cet état de nerfs. La blonde poupée se retourna avant de se laisser tomber dans le fauteuil sans un bruit. J'avais rarement vu tant de séduction et de sensualité réunies en une seule femme et je n'osais tourner la tête pour apercevoir, posé sur moi, le regard méprisant d'Andreï qui ne manquerait pas de s'amuser de mon expression intimidée.
- Je veux qu'il reste manger avec nous, prononça-t-elle avec une moue charmante.
- Je t'ai dit que je ne mangeais pas ici, ce soir.
- Mais pourquoi ?
- J'ai un dîner avec mon éditeur.
- Tu vas me laisser toute seule chez toi ?
- Oui.
- Toute seule ? insista-t-elle.
Alors que rien ne le laissait présumer et après une importante joute visuelle, leurs regards gris plongés l'un dans l'autre, Andreï haussa les épaules.
- Ca n'a aucune importance.
Et sans me consulter, il ajouta :
- Il peut rester.
La jeune femme laissa échapper un sourire satisfait tandis qu'Andreï claquait derrière lui la porte du salon. Je me précipitai à sa suite.
- Mais je dois écrire mon article.
- Je reviens dans une heure ou deux, dit-il en enroulant son écharpe grise autour de son cou. Attends-moi, si tu veux.
- D'accord. A tout à l'heure.
Alors qu'il refermait la porte sur lui, il se retourna et murmura pour ne pas être entendu de sa soeur :
- Ne la laisse pas entrer dans la cuisine.
Je me précipitai à sa suite pour lui demander les raisons de sa dernière recommandation, mais ses pas résonnaient déjà dans la cage d'escalier. J'eus beau lui crier ma question, la seule réponse que j'obtins fut le claquement sec de la porte en fer de l'immeuble.
Je fus réveillé le lendemain matin par des éclats de rire lancés trop près de la fenêtre de ma pièce à vivre et par le soleil qui écrasait lourdement ses rayons lumineux sur mes paupières closes. Je tentai péniblement de me lever mais je poussai un gémissement en constatant que ma tête était déraisonnablement trop lourde. "Rien n'est plus traître que le punch" avait un jour dit Eva. Ce matin-là, rien ne me parut plus vrai que cette terrible maxime. C'est avec une infinie lenteur que je me levai pour me diriger vers mon armoire à pharmacie. J'étais si écoeuré que la simple idée d'avaler un comprimé de Doliprane suffit à m'occasionner un haut le coeur. Tiraillé entre un mal de crâne carabiné et une folle envie de vomir, je passai quelques secondes à délibérer en silence dans la salle de bain pour finalement avaler le cachet salvateur. Il était hors de question que j'avale de nouveau une seule goutte d'alcool. J'essayai de faire le compte du nombre de fois où j'avais pensé arrêter de boire à tout jamais mais je pris plutôt le parti d'aller me préparer un café fort. Je jetai un coup d'oeil à la pendule et constatai que j'étais dans les temps pour aller au travail. Cela dit, je doutai d'être capable de supporter le métro, puis le cliquètement des touches d'ordinateur mêlé aux conversations tandis que les imprimantes répétaient leur bruit mécanique et régulier qui résonnait dans tout l'étage. Je saisis alors le téléphone.
- Allô.
- Oui, bonjour, c'est Gabriel.
- Bonjour, tu vas bien ?
- Pas vraiment... Je voulais justement prévenir que je ne viendrais pas aujourd'hui. Je suis malade.
- Ah mince, je suis désolée. Tu viendras quand même demain ?
- Ouais, ouais, je crois que j'ai juste un début de gastro, dis-je péniblement tandis que mon estomac entamait une valse joyeuse.
- D'accord, soigne-toi, bien alors.
- Je vais faire le nécessaire, merci.
- De rien ! Bonne journée.
- A toi aussi.
Je raccrochai et me trainai jusqu'à mon lit pour y faire une longue sieste bercée de cauchemars de laquelle je n'émergeai qu'à seize heures, essoufflé et en sueur. Mon mal de crâne s'était presque dissipé mais je me sentais toujours terriblement malmené par mon ventre.
- Saloperie, crachai-je entre mes dents.
Je me mis un potage aux asperges à réchauffer avant de m'installer devant la télévision que je m'étais acheté une semaine auparavant. La sonnerie stridente du téléphone réveilla mon mal de tête jusqu'ici tapi et c'est avec empressement que je décrochai pour ensuite éloigner le combiné de mon oreille, reconnaissant la voix enjouée de ma soeur. Je ne connaissais que trop ses brusques envolées dans les aigus pour ne pas me méfier de ses capacités à faire ressurgir tout à fait ma migraine.
- Tu veux venir à la maison, ce soir ?
- Bonjour.
- Ouais, bonjour. Tu veux venir à la maison, ce soir ?
- Ce soir, je vais chez Andreï.
- Ah.
- Désolé.
- Je m'en fous, je vais me bourrer la gueule toute seule, c'est tout ce que tu mérites.
Eva analysa immédiatement, en grande experte, le grognement que je produisis malgré moi et lâcha un soupir amusé.
- T'as eu ton compte, hier, pas vrai ?
- Ouais... Du punch, dis-je en me massant le front de la main gauche.
- Le punch, il n'y a rien de plus traître...
- Je sais bien.
- Je vais te laisser mariner, appelle-moi si tu veux passer un de ces jours.
- Promis.
- Amuse-toi bien, ce soir, dit-elle d'un ton entendu.
- Je vais juste chercher un papier.
- Ouais, ouais...
- Allez, à bientôt.
- Salut !
Quinze minutes plus tard, je m'étais de nouveau endormi devant une série mal doublée.
Je fus réveillé par les aboiements d'un chien fou deux heures plus tard et c'est avec précaution que j'ouvris les yeux pour constater que le son rauque n'était que le fait d'un puissant berger allemand enfermé dans le petit écran, le grain de l'image me renseigna sur la provenance la série : allemande. Je n'aimais pas les séries allemandes, et je n'aimais pas ce chien. A vrai dire, à l'heure actuelle, je n'aimais pas grand chose. Sauf peut-être Andreï. Mon visage s'éclaira à l'idée de le revoir dans la soirée.
Je décrochai mon téléphone pour composer un numéro que j'avais appris par coeur. Lorsque je connaissais à peine l'écrivain, je n'avais aucun mal à frapper à sa porte à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, mais à présent que lui et moi étions plus intimes, je ne voulais pas gâcher cette émule de relation en m'immisçant trop dans sa vie privée et en m'imposant chez lui contre sa volonté. C'est pourquoi je fus agacé lorsque la sonnerie résonna dans le vide. Je ne voulais pas arriver chez lui à l'improviste mais il ne semblait pas être chez lui, ou du moins, avoir la moindre envie de répondre au téléphone.
Je recommençai le même manège toutes les demi-heures et ce n'est que vers vingt-et-une heure que je pris le parti de me rendre directement chez lui. Je ne voulais évidemment pas le froisser, mais il était impératif que j'aille chercher chez lui le papier sur lequel il avait noté ses réponses à mes questions.
C'est à vingt-et-une heure quarante que je frappai à la lourde porte de son appartement. Je dus attendre quelques minutes avant qu'il ne vienne ouvrir, si bien que j'eus peur qu'il ne soit absent. C'est un homme tendu qui tira la porte vers lui, son regard n'exprimait que l'agacement.
- Gabriel ?
- Euh... Bonjour, je devais passer pour récupérer le papier pour mon article.
- Oh, dit-il en s'apaisant un peu.
- Tu attendais quelqu'un d'autre ?
- Non. Pourquoi ?
- Tu as l'air stressé.
Il ne prit même pas la peine de me répondre et me désigna le salon d'un geste ample.
- Ton papier est sur la table.
- D'accord, dis-je tandis que je sentais confusément que ma présence représentait une gêne.
En poussant la porte du salon, je fus surpris de découvrir assise dans le fauteuil en cuir d'Andreï une jeune femme d'une vingtaine d'années. Elle était négligemment appuyée sur un accoudoir tandis que de longs cheveux blonds descendaient en cascade de long de sa poitrine. Elle posa ses yeux gris sur moi et me dévisagea avec attention. Sa peau très blanche formait un adorable contraste avec ses deux lèvres rouges et boudeuses, chaleureuses et accueillantes, perdues dans ce visage fin, aristocratique, carré mais superbe à la fois. Mon ventre qui s'était serré à la vue d'une femme dans le salon de mon amant se détendit soudainement et je laissai échapper un discret soupir de soulagement : elle ressemblait terriblement à son frère. Cependant, après une courte étude plus approfondie, je notai que son regard avait moins d'intensité que celui d'Andreï, il semblait plus flou. En revanche, son visage était nettement moins marqué et dur que celui de l'écrivain et elle gardait une certaine innocence tant sa ressemblance avec une poupée de porcelaine était poussée. Sa minceur conférait presque à la maigreur et une impression de fragilité se dégageait de tout son être, elle faisait partie de ces personnes que l'on a instinctivement envie de protéger.
Elle décroisa les jambes, se leva et s'avança vers moi dans une démarche lascive avant de me serrer la main.
- Bonsoir, prononça-t-elle d'une voix chaude et envoutante dans laquelle perçait un léger accent.
- Bon... Bonsoir, balbutiai-je, impressionné.
Andreï croisa les bras et s'adossa au chambranle de la porte du salon avant de soupirer.
- Je suis Selena, la soeur d'Andreï.
- Euh... Gabriel.
- Ravie de vous rencontrer. Tu ne m'avais pas dit que quelqu'un restait ce soir...
- Il ne reste pas, j'avais même oublié qu'il devait passer, dit froidement Andreï.
Elle jeta sur lui un regard boudeur et ses lèvres s'arquèrent dans une courbe sensuelle. Pour une raison qui m'était inconnue, mon amant semblait transformé par la présence de sa soeur. Alors que je le connaissais dur et indifférent, je le découvrais nerveux. Les mouvements rapides de ses yeux gris trahissaient son anxiété et je ne comprenais pas ce qui pouvait le mettre dans cet état de nerfs. La blonde poupée se retourna avant de se laisser tomber dans le fauteuil sans un bruit. J'avais rarement vu tant de séduction et de sensualité réunies en une seule femme et je n'osais tourner la tête pour apercevoir, posé sur moi, le regard méprisant d'Andreï qui ne manquerait pas de s'amuser de mon expression intimidée.
- Je veux qu'il reste manger avec nous, prononça-t-elle avec une moue charmante.
- Je t'ai dit que je ne mangeais pas ici, ce soir.
- Mais pourquoi ?
- J'ai un dîner avec mon éditeur.
- Tu vas me laisser toute seule chez toi ?
- Oui.
- Toute seule ? insista-t-elle.
Alors que rien ne le laissait présumer et après une importante joute visuelle, leurs regards gris plongés l'un dans l'autre, Andreï haussa les épaules.
- Ca n'a aucune importance.
Et sans me consulter, il ajouta :
- Il peut rester.
La jeune femme laissa échapper un sourire satisfait tandis qu'Andreï claquait derrière lui la porte du salon. Je me précipitai à sa suite.
- Mais je dois écrire mon article.
- Je reviens dans une heure ou deux, dit-il en enroulant son écharpe grise autour de son cou. Attends-moi, si tu veux.
- D'accord. A tout à l'heure.
Alors qu'il refermait la porte sur lui, il se retourna et murmura pour ne pas être entendu de sa soeur :
- Ne la laisse pas entrer dans la cuisine.
Je me précipitai à sa suite pour lui demander les raisons de sa dernière recommandation, mais ses pas résonnaient déjà dans la cage d'escalier. J'eus beau lui crier ma question, la seule réponse que j'obtins fut le claquement sec de la porte en fer de l'immeuble.
j'adore ton histoire et je suis impatiente de découvrir la suite. et si la soeur d'Andreï sortait avec Gabriel hihi 


Yue
lun 03 mar 2008 22:49